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FRANCE-BRESIL : un petit air de 1998 ?

Publié le

L’équipe de France a éliminé le Brésil de la course à la coupe du monde. Le Brésil s’est fait sortir d’une coupe du monde dont il avait pourtant remporté la dernière édition, en 2002. Et comme en 1998 c’est encore la France et seulement la France qui fut capable de battre le grand Brésil. Tout simplement mythique ! Si le mythe français s’était semble-t-il éteint en 2002, dans le désarroi national et l’impuissance physique, il est finalement encore opérant. La magie de la génération Zidane est encore en vie. Les Zidane, Vieira, Thuram, Henry sont encore et toujours là. Partis en guerre dans l’idée d’offrir à Zidane son plus beau bal de fin de carrière mais aussi et surtout animés d’une dynamique collective bien assise sur une défense qui s’est progressivement huilée, les coéquipiers de Zidane sont en train de sortir le grand jeu. Ils y ont mis le temps mais cela commence à payer.

Une phase de qualification si juste qu’elle avait poussé Thuram, Makélélé et Zidane à remouiller le maillot tricolore. Repartis dans une valse à deux temps, les voilà embarqués dans une valse à mille temps, dans laquelle ils mènent la danse. Après être sortis d’une poule piège dans laquelle les Suisses ont voulu calquer leur jeu sur celui des Français, c'est-à-dire en défendant à 11 ; et où les SudCoréens ont volé 2 points à la France, en marquant avec chance le but égalisateur, la France a tout misé sur une victoire contre le Togo. Il devait y avoir le souvenir de 2002 (Danemark) dans les têtes de Vieira, Zidane, Thuram et Henry, pour qu’ils se décident à dynamiter la défense togolaise à ce point. Le match du Togo fut le déclic, l’étincelle. Dans une tornade d’actions offensives, la France a surclassé le Togo et s’est ainsi sortie d’un traquenard, d’un mauvais sort que l’histoire aurait pourtant pu s’acharner à rééditer. La victoire contre l’Espagne vint après. LE détonateur du jeu français, c’est bel et bien le Togo.

L’Espagne, l’équipe qui a le plus étonné avec l’Allemagne et l’Argentine, est tombé sur un os, sur lequel elle s’est cassée toutes les dents. Comme si devant une équipe qui joue au ballon et pratique le beau jeu, tout en dynamique et en technicité, la France redevenait une très grande équipe. L’outsider français battait alors le favori espagnol. Puis, en quart de finale, se présentait le Brésil, le grand et mythique Brésil, champion du monde en titre. La France s’est encore sublimée avec 10 joueurs qui ont empreinté la voie ouverte par Zidane à la 30ème seconde du match, lorsqu’il accélérait violemment en dribblant deux brésiliens, allant jusqu’à provoquer l’état d’urgence dans la défense brésilienne. Tous ont suivi sa voie. Zidane lui-même a joué tout le match sur un ton très élevé, volant littéralement la vedette à Kaka, Ronaldinho, Roberto Carlos et Ronaldo. Ces Brésiliens là sont tombés sur un collectif solidaire et percutant. Ces Brésiliens là ont été étouffé par une machine dont chaque pièce était bien huilée. Et Zidane continuait sur le même rythme : contrôles orientés suivis d’accélérations fougueuses, coup du sombrero sur Ronaldo, gestion du ballon et du temps. Mieux encore, Zidane alla même jusqu’à donner sur coup franc sa toute première passe décisive pour Titi Henry. Dès lors je me suis mis à rêver. Si Zidane et Henry se mettent comme d’un seul homme à faire mentir 8 ans de statistiques c’est que nous sommes entrés dans un nouveau phénomène footballistique franco-français. Huit ans après la victoire mythique de 1998, le mythe n’est pas mort. Zidane n’est pas enterré, et ses amis espagnols l’ont appris à leurs dépends. Non, vraiment, le jubilé de Zidane n’a pas eu lieu, chères Espagnols. Non, chères Brésiliens, tant que Zidane sera là vous ne gagnerez pas. Et c’est bien un mythe ça : seule la France a empêché le Brésil d’être champion du monde depuis 8 ans. Sans la France, le Brésil était à chaque fois champion du monde. Sans la France, Ronaldo aurait eu l’occasion d’améliorer encore son record de 15 buts inscrits en coupe du monde.

Un mythe en rencontra un autre. La génération Zidane-Ronaldo s’entrechoquait de nouveau, dans un match encore historique. Un match s’inscrivant encore dans la légende de l’exploit sportif français. Mais battre le Brésil c’est aussi un exploit sportif mondial, dès lors qu’il s’agit d’éliminer le champion du monde en titre. Ces France-Brésil sont des rencontres qui, sous l’ère Zidane, laisseront à chaque fois aux Brésiliens un sentiment d’impuissance. Ronaldo et Zidane sont sur le seuil de la fin de carrière, le second a mieux franchi la porte du paradis, le premier y est tombé pour de bon. Ronaldo c’est 15 buts en coupe du monde et un record légendaire qui restera peut être figé dans les annales. Zidane c’est l’histoire en marche, c’est peut être une 2ème coupe du monde remportée en 8 ans pour lui. Ronaldo, au-delà de son record, c’est une fin de carrière en queue de poisson. Zidane, c’est une sortie par la grande porte, celle qui ouvre sur l’éternité. Zizou, tu as décidé de diriger en chef les opérations, je te fais confiance plus encore maintenant, après que tu ais donné des leçons artistiques aux artistes brésiliens.

Le mythe s’est remis en marche, tandis que l’on s’y attendait le moins. Ce qui est encore plus bouleversant ! L’élimination du Brésil m’a mis un pincement au cœur, parce que je l’adore. La victoire de la France a failli me faire pleurer, parce qu’elle me rappelait France 98. Parce que cette victoire entre dans l’histoire, dans une histoire en marche, en marche vers la coupe. Portugais et Allemands n’ont qu’à bien se tenir, car on est en train de leur foncer dessus à 200 à l’heure au volant d’une berline confortable et au moteur débridé et bien huilé. Parce que dans les 23 Français, on s’y sent bien, on défend avec solidarité, on attaque comme animé d’une ardente volonté de gagne. Tiens ! ça me rappelle 1998 ! Merci p’tit Frank Ribéry pour avoir aussi contribué à décrisper le jeu français. Tu offres à la France des possibilités offensives qui sont autant le chaînon qui manquait à la machine française de 2002 et 2006.  

 



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