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FILMOGRAPHIE DE PHILIPPE NOIRET

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Edy (2005), de Stéphan Guérin-Tillié

Ripoux 3 (2003), de Claude Zidi

Le Chien, le général et les oiseaux (2003), de Francis Nielsen

Père et fils (2003), de Michel Boujenah

Les Côtelettes (2003), de Bertrand Blier

Un honnête commerçant (2001), de Philippe Blasband

Le Pique-nique de Lulu Kreutz (2000), de Didier Martiny

La Vie silencieuse de Marianna Ucria (1997), de Roberto Faenza

Les Palmes de M. Schutz (1997), de Claude Pinoteau 

Soleil (1997), de Roger Hanin 

Coeur de dragon (1996), de Rob Cohen 

Fantome avec chauffeur (1996), de Gérard Oury 

Les Grands ducs (1996), de Patrice Leconte 

Les Milles (le train de la liberté) (1995), de Sebastien Grall 

Le Roi de Paris (1995), de Dominique Maillet 

La Fille de d'Artagnan (1994), de Bertrand Tavernier

Grosse fatigue (1994), de Michel Blanc 

Le Facteur (1994), de Michael Radford 

Tango (1993), de Patrice Leconte 

Max et Jérémie (1992), de Claire Devers 

J'embrasse pas (1991), de André Techiné

Le Dimanche de preference (1991), de Francesco Barilli

Contre l'oubli (1991), de Patrice Chéreau 

Rossini ! Rossini ! (1991), de Mario Monicelli 

Uranus (1990), de Claude Berri 

Ripoux contre ripoux (1990), de Claude Zidi 

Faux et usage de faux (1990), de Laurent Heynemann 

Cinema Paradiso (1989), de Giuseppe Tornatore 

Oublier Palerme (1989), de Francesco Rosi 

Le Retour des mousquetaires (1989), de Richard Lester 

Chouans ! (1988), de Philippe de Broca 

Toscanini (1988), de Franco Zeffirelli 

La Vie et rien d'autre (1988), de Bertrand Tavernier 

Masques (1987), de Claude Chabrol 

Les Lunettes d'or (1987), de Giuliano Montaldo 

L'Homme qui plantait des arbres (1987), de Frederic Back 

Noyade interdite (1987), de Pierre Granier-Deferre 

Twist again à Moscou (1986), de Jean-Marie Poiré 

Pourvu que ce soit une fille (1986), de Mario Monicelli 

La Famille (1986), de Ettore Scola 

La Femme secrète (1986), de Sebastien Grall 

Le Quatrième pouvoir (1985), de Serge Leroy 

Les Rois du gag (1985), de Claude Zidi 

L'Eté prochain (1985), de Nadine Trintignant 

Autour de minuit (1985), de Bertrand Tavernier 

Souvenirs, souvenirs (1984), de Ariel Zeitoun 

Les Ripoux (1984), de Claude Zidi

Fort Saganne (1984), de Alain Corneau 

Le Grand carnaval (1983), de Alexandre Arcady 

L'Africain (1983), de Philippe de Broca 

L'Ami de Vincent (1983), de Pierre Granier-Deferre 

L'Etoile du Nord (1982), de Pierre Granier-Deferre 

Coup de torchon (1981), de Bertrand Tavernier 

Trois freres (1981), de Francesco Rosi 

Il faut tuer Birgit Haas (1981), de Laurent Heynemann 

Pile ou face (1980), de Robert Enrico

Une Semaine de vacances (1980), de Bertrand Tavernier

On a volé la cuisse de Jupiter (1980), de Philippe de Broca 

Rue du Pied de Grue (1979), de Jean-Jacques Grand-Jouan

Une Femme à sa fenêtre (1978), de Pierre Granier-Deferre

Tendre poulet (1978), de Philippe de Broca 

Le Témoin (1978), de Jean-Pierre Mocky

Deux bonnes pates (1978), de Sergio Citti 

La Grande cuisine (1978), de Ted Kotcheff 

Un Taxi mauve (1977), de Yves Boisset 

La Barricade du point du jour (1977), de René Richon

Monsieur Albert (1976), de Jacques Renard 

Le Juge et l'Assassin (1976), de Bertrand Tavernier 



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LA BALANCE (Bob Swaïm - 1982-)

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Avant-goût      filmé et structuré à l’américaine, par l’américain francisé Bob Swaïm, ce polar n’en garde pas moins une ambiance bien de chez nous qui bonifie le film : une vraie ambiance dramatique sans l’aide de rajouts artificiels de sensations telle la musique.

Pitch      ça commence comme un film américain, avec un meurtre qu’il semble falloir élucider suivi d’un générique dynamique et tout en couleur. Mais en réalité l’homme assassiné était un indic des Brigades Territoriales parisiennes. Le caïd Massina est présumé comme ayant commandité ce meurtre, et l’inspecteur Palouzi doit trouver un nouvel indic pour espérer coincer un jour ce Massina. Il jette son dévolu sur un brave type amoureux fou d’une prostituée, qui avait fréquenté Massina par le passé, mais que la prison pour 3 ans avait refroidi de toutes velléités gangstéristes.

Avis     le film dérive d’une simple série policière vers un polar glauque où un ex-truand (Philippe Léotard) et sa compagne prostituée (Nathalie Baye) deviennent les acteurs témoins d’un règlement de compte à distance entre les Brigades Territoriales (Richard Berry et Christophe Malavoy) et le caïd Massina et son cinglé de bras droit (Maurice Ronet et Tchéky Karyo). L’abomination qu’ils subissent, leur désarroi, la déliquescence de leur couple, le piège dans lequel il sont placés de force confèrent à La Balance l’aspect d’une lucide mais non moins noire photographie instantanée des méthodes de la police anti-criminalité parisienne des années 80 et rend discrètement hommage à cette dernière génération de grands truands qui essayaient de faire affaire à peu près dans tout quitte à y employer les gros moyens. Le couple Baye-Léotard joue le rôle d’entremetteurs forcés, une destinée bouchée au bout de laquelle la seule sortie heureuse possible serait la capture de Massina et de son bras droit. Ils sont les indics qui complètent ce tableau effroyable d’une facette de l’économie souterraine : le banditisme et les flics spécialisés qu’il impose, fonctionnant tous selon des méthodes communes. Le couple prend alors des allures d’effroyable fusible, de laissés pour compte, de moins que rien sociaux qu’un refus de coopérer avec les flics se conjuguerait en vie passée à l’ombre des barreaux (et même la plus petite raison trouvée par les flics les enverraient au trou pour longtemps puisqu’ils sont déjà dans l’illégalité). Et de l’autre côté ils doivent courir le risque de se rapprocher du caïd Massina pour dire ses moindres faits et gestes aux flics. Scénario des plus oppressants avec un duo Nathalie Baye – Philippe Léotard magnifique dans les terribles épreuves auxquelles ils nous semblent irréfutablement condamnés.

Vu que leurs deux rôles allient profondeur dramatique et justesse d’interprétation, le film La Balance mérite vraiment les césars 1983 de la meilleure actrice et du meilleur acteur, sans justifier forcément le césar de meilleur film. Parce que si Bob Swaïm a osé être puissant de noirceur, et se montrer habile photographe des méthodes policières aujourd’hui en perdition (la stratégie des indics), il lui donne une enveloppe trop américaine à mon goût : les facilités données au scénario pour sortir du drame oppresseur dans lequel vit le couple ; un drame pas assez pesé ; le manque d’insistance de la caméra sur le jeu des émotions/réactions des acteurs alors que ceux-ci étaient prêts pour relever pareil défi. Un bon film malgré tout, même très bon quand on le voit pour la première fois !    

Jeu d’acteurs 

Philippe Léotard : :):):):(

Nathalie Baye : :):):):(

Richard Berry : :):(:(:(

Note 2nd visionnage : :):):):(



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GARDEN STATE (Zach Braff -2005-)

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Avant-goût     c’est un parfait cocktail de comédie sentimentale et de chronique sociale, le tout destiné aux 18-25 ans de ce monde, qui enfouissent leur « être » dans le « paraître » pour garder le sentiment d’exister dans ce monde illusoire. D’ailleurs l’auteur-réalisateur-interprète principal Zach Braff ne cache pas les intentions de son film : « J’ai voulu faire Garden State parce que je pense que les films qui parlent franchement à ma génération sont trop rares ». Une belle ambition qui a permis au film de se démarquer de ses pairs du même genre cinématographique. L’œuvre personnelle de Zach Braff se fendille pourtant petit à petit, perdant l’émail et l’éclat d’une idée de base qui valait de l’or.

Pitch      Un « adulescent » filant vers la trentaine profite de l’enterrement de sa mère pour refaire le tour de son existence, du pourquoi du comment. Il rencontre une jeune femme pétillante qui ment pour plaire aux autres et mieux s’accepter soi même. Leur mal de vivre est un point commun qui va les rapprocher, contre vents et marées, à commencer par la bande de potes de Large, préférant s’illuminer l’existence dans la drogue, que dans l’amour auquel ils ne croient plus. Mais que leur rapprochement est dur, tant ils se mentent à eux-mêmes, déjà, et tant ils n’osent pas se livrer, comme cachant un complexe. Large est effectivement dépendant des anxiolytiques et se rend compte que ces derniers l’ont emmuré depuis son enfance et le grave accident de sa mère. Il vit aussi avec le sentiment de culpabilité d’avoir causé l’accident de sa mère et reste paralysé par sa très froide relation avec son paternel.

Buena Vista InternationalAvis     bon, super, ça c’est du bon scénario de base. L’amour incarné en la personne de Sam (Natalie Portman) lui servira-t-il de thérapie salvatrice ?  Est-il prêt à faire un formidable effort sur lui-même pour voir cette vérité en face des yeux ?  Ces deux intrigues exigent un cheminement personnel, qui fait de ce long métrage de Zach Braff un film personnel intéressant. Mais le film se fendille dans le traitement de ces deux intrigues. Large joue toujours dans le même registre du jeune narcissique, désoeuvré moralement et esseulé affectivement. Son combat contre sa dépendance aux anxiolytiques n’est pas assez élaboré et fouillé. Comme s’il n’était pas difficile de tirer un trait définitif sur une dépendance mentale et corporelle aux psychotropes. Traitement trop superficiel de la question à mon goût. Du coup son rapprochement avec Sam manque de force des sentiments et d’émotion, car on se dit que Large est bien plus banal et typique que le scénario et le début de film le laissaient penser.

L’autre intrigue se fendille elle aussi de l’intérieur à mesure que le film progresse. L’évolution sentimentale du duo Large-Sam (Natalie Portman) est mal retranscrite pour suffisamment émouvoir. Car tout se joue superficiellement dans le dernier quart d’heure du film, grâce à une pseudo « arche de Noé » habitée par un couple aimant ayant donné la vie à un enfant, au beau milieu d’une campagne atypique et isolée.  C’est très beau c’est vrai, ça peut donner de l’élan amoureux et la certitude de vouloir conclure mais la beauté de cette scène souffre de certaines longueurs antérieures du film que l’on peut qualifier d’inutilités scénaristiques. En clair, cette belle scène est mal amenée ou amener trop artificiellement par le scénario.

Beaucoup de lenteurs fleurs bleues dans ce film là où il y aurait mieux valu qu’il y ait une meilleure plongée dans l’effort personnel de Large contre sa dépendance aux anxiolytiques, et dans son effort personnel pour décider de s’ouvrir, et d’oser se livrer à une femme malgré sa crainte de perdre définitivement une partie de lui. Au lieu de ce combat personnel on a plutôt droit à des banalités qui font vraies, qui font nature certes, mais qui n’apportent rien au moulin du personnage brisé de l’intérieur qu’est Large.

Autres inutilités, mais celles-ci n’étant pas un manque mais le résultat d’un mauvais traitement : le problème des questions existentielles que se pose Large et qu’il ose poser à Sam malgré le risque de la faire fuir pour de bon. Ce substrat de questions existentielles propres à la génération 20-30 ans socialement précarisée reste trop léger, pas assez appuyé, pour finir par se faire progressivement grignoter par un jeu de la séduction poussif et superficiel. A la rigueur heureusement parce que ça alourdissait un peu trop la démarche du personnage de Large. Le jeu des sentiments affleure alors inopinément au sommet d’une montagne de mal-être que l’on voulait tous gravir pour contempler le paysage mortifère d’une jeunesse souffrante, et tout ce malaise palpable chez les acteurs se transforme en quelque chose de moins consensuel : l’amour avec un grand A, les sentiments qui balaient tout d’un coup, l’eau de rose et les fleurs bleues qui viennent briser de leurs racines un pot de terre seulement pré-cuite. A ce titre le dernier quart d’heure fait tomber le film dans les travers des clichés malheureux et maintes fois exploités en mieux du romantisme transcendantal.

Dénouement touchant certes, grâce à la sublime prestation d’ensemble de Natalie Portman, mais qui manque de complètement toucher le spectateur à cause d’un manque de crédibilité dans l’évolution de leur rapprochement mutuel et d’un développement trop creux et trop superficiel du combat personnel de Large contre sa vie d’avant passée sous anxiolytiques. C’est donc là que j’ai été déçu, et c’est malheureusement un point important de l’œuvre de Zach Braff. La pierre angulaire de son film, le rapprochement de deux êtres que beaucoup de choses opposent et empêchent de se livrer l’un l’autre, éclate en deux morceaux. Cette pierre angulaire ambitieuse donne alors deux morceaux superficiels : qui se ressemblent s’assemblent, et l’amour résout tous les problèmes. Et c’est justement là que j’aurai plutôt voulu voir, au bout d’une heure trente de chronique sociale sincère, deux morceaux tout aussi sincères : le désoeuvrement moral peut rapprocher deux êtres pour l’éternité, et l’amour peut gommer d’un coup le poids d’un passé suffocant. Mais pour cela il aurait fallu que le film n’en vienne pas si tardivement sur le bisou et qu’il exploite à juste cause la force de l’amour de permettre une table rase du passé. Garden State aurait ainsi donné la plus grande comédie sentimentale de la génération 20-30 ans, la plus sincère, la plus singulière et la plus aboutie si il avait commencé par le malaise solitaire pour finir par la difficulté de construire à deux ce qu’on ne peut construire seul, en passant, en milieu de film, par ce fameux bisou. Sans bien des inutilités et des banalités qui occupent des minutes entières c’était tout à fait jouable. Car elle aurait tous les ingrédients pour donner un rêve qui resterait éveillé longtemps chez bien des 20-30 ans.

Conclusion      là où l’amour pouvait renverser bien des montagnes, tels le mal être des 20-30 ans, Zach Braff s’est écrit un rôle principal manquant d’être un rôle de composition. Car bien que beaucoup de jeunes gens parlent de ce film comme un teen-movie de gros calibre, comme un film parlant enfin d’eux avec respect, l’auteur-réalisateur-interprète principal Zach Braff oublie de livrer sa propre vie socio-affective avec de vraies clés personnelles, avec de sincères points d’accroche et d’identification à ce héros « authentique » qu’il espère camper pendant tout le film. Difficile de faire le bon tri, le tri juste, quand il nous faut parler de son être dans un monde cinématographique dédié au paraître. Mais je ne cache pas que l’idée était bonne voire salvatrice pour l’auteur lui-même, et que sa mauvaise maîtrise du sujet n’était pas propre à un défaut de jeunesse, contrairement à ce que certains critiques osent dire. Car Zach Braff a de l’idée scripturaire et du talent de metteur en scène. Il faut considérer sa difficulté autrement…Dans un monde où les 18-30 ans privilégient la communication par l’image sur la communication par les mots, Zach Braff a privilégié en toute logique le cinéma à la littérature. Il ne peut pas ne pas souffrir du péché de tout auteur de ne pas rester lucide devant sa propre existence personnelle. A l’instar de tous les auteurs de ce monde il a souffert d’être encore la « tête dans le guidon » à l’heure de son script, à l’heure de sa mise en scène. Et ce sont des choses que même un bon montage au poil, une très belle bande son et des acteurs crédibles, comme avec ce film, ne peuvent dissimuler sur la durée d’un film. Zach Braff est un cinéaste à suivre désormais, car apparemment il ose…Je lui accorde mon modeste respect en lui accordant 3 étoiles. Comprenez que je ne peux aller au-delà, pour toutes les raisons que j'ai évoqué plus haut. Belle tentative de sa part !

  Jeu d'acteurs  

Zach Braff   :):):(:(

Natalie Portman   :):):):(

Ian Holm   :):):(:(



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7 ANS DE SEDUCTION (Nigel Cole -2005-)

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Pitch       deux jeunes gens se croisent un jour et se recroiseront pendant 7 ans au gré du hasard mais au gré surtout de leur bonne volonté. Ils n’arrivent pas à dégager le choix du coeur de leur bout de chemin à deux et de leur long chemin en solitaire.Société Nouvelle de Distribution (S.N.D.)

Avis     cette comédie romantique vaudrait bien la moyenne car elle a les défauts de ses qualités. Mais on verra tout à l’heure qu’elle a péché là où elle aurait pu se démarquer des autres comédies sentimentales. Tout d’abord un duo romantique Amanda Peet / Ashton Kutcher qui ne manque pas de charme mais qui manque de piquant. Un scénario ambitieux qui s’étale sur 7 ans d’échanges séducteurs mais qui reste prévisible. La jeunesse pleine d’entrain et de naturel du duo mais des rôles pas assez approfondis et élaborés. De l’humour de bonne circonstance qui laisse place progressivement à du sérieux. Et la force de 7 ans de séduction tenait davantage dans la dialectique rapprochement/distanciation du duo, propre à une première heure de film pétrie de naturel et d’humour. Progressivement cette dialectique qui faisait son charme et tenait le spectateur en haleine disparaît, laissant place à du sérieux, de l’eau de rose. Amanda Peet et Ashton Kutcher. Touchstone PicturesCet humour était bon parce que se prêtant à la circonstance, et il y avait aussi leurs parcours personnels professionnels rappelant typiquement les problèmes existentiels des 18-30 ans d’aujourd’hui. Avec leurs désirs amoureux pris en otage par leur environnement social frustrant tel le chômage, la précarité de l’emploi ou la solitude. Cette hésitation devant l’amour à laquelle concourt cet environnement social frustrant est mal retranscrit dans le film, et pas assez élaboré (trop superficiel, pas assez appuyé). 7 ans de séduction manque d’apporter de l’eau au moulin d’un scénario qui s’enferme dans un angle trop « cliché » et trop déjà vu, un angle duquel ce film ne parvient jamais à se décrocher. Dommage qu’il manque du piquant, de l’original…..car l’entrée en matière était bonne.



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LE LABYRINTHE DE PAN (Guillermo Del Toro - nov 2006-)

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Wild Bunch DistributionAvant-goût     Guillermo Del Toro signe d’une main de maître le plus grand conte cinématographique de notre époque. Utilisant les codes de notre temps, Le Labyrinthe de Pan est en toute logique effroyable et violent dans les émotions qu’il suscite et dans l’ambiance fascisée dans lequel il prend en otage le spectateur. Quand les contes, à la base pour enfants, deviennent pour adulte, ils peuvent devenir un formidable angle d’analyse des échecs de l’Homme. Une jeune fille, admirable dans ce film, est le héros caché d’un film singulier, hors normes, parce que se servant du fantastique pour dénoncer un mal de notre temps (le franquisme), à une période donnée (Espagne 1944). Je pensais à de superbes décors, de superbes effets spéciaux, de superbes costumes et maquillages, il y a tout ça. Ce qui en fait un film parfait pour les salles obscures. Mais il y a tellement plus que cela. Le film va tellement au-delà. Tous ceux qui dénoncent la violence du film comme gratuite, voire gore, se sont trompés de monture. Le Labyrinthe de Pan utilise consciemment la violence physique et visuelle pour fustiger le franquisme et prendre en otage le spectateur. Le spectateur ne pouvant se libérer qu’en s’attachant à une jeune enfant qui oublie une réalité sortie de l’imaginaire le plus gore pour fuir vers un imaginaire délivrant la vérité. On ne peut apprécier la violence de ce film si on ne se donne pas les moyens de comprendre cette dialectique.

Pitch     Ofélia voit sa mère enceinte être gravement malade. Ayant découvert un labyrinthe près de la maison, elle pense y avoir trouvé un remède pour sauver sa mère. Pourtant la personne qui lui a permis d’obtenir ce remède est un faune nommé Pan, d’apparence monstrueuse. Elle doit percer trois secrets pour Pan, au bout duquel il lui promet de devenir princesse.

 Doug Jones. Wild Bunch Distribution **Doug Jones. Wild Bunch Distribution

Elle place ses espoirs de jeune fille dans cette réalité, pendant que Vidal, le capitaine franquiste qui vient d’épouser sa mère, fait passer ses priorités de guerre avant le soin apporté à sa famille. Ofélia baigne dans une violence qu’elle ne comprend pas et se soucie plus de percer les trois secrets qui lui apporteraient du bonheur que de fuir concrètement une réalité dans laquelle elle est née sans pouvoir y trouver son identité. Son innocence l’empêchera-t-elle de trouver qui sont les vrais monstres qui peuplent sa réalité ?

Avis       Guillermo Del Toro s’était rodé avec Hellboy et Blade 2 au plan des effets spéciaux tout en restant un auteur de cinéma. Sur ses huit films réalisés, un seul n’a pas un scénario fait de ses propres mains (Blade 2, qui est aussi étonnamment le moins élaboré de tous ses films). L’imaginaire de Guillermo Del Toro est vaste. Il s’en est cette fois servi pour revisiter la période franquiste à la lumière du fantastique. Sa force en matière d’effets spéciaux et son imagination en matière de costumes et maquillage se place au service d’un film qui commence comme une fresque historique. Il arbore en effet un scénario complexe et dramatiquement sérieux de cette force bien de chez lui : l’imaginaire. Là où c’est plus fort…c’est qu’il se sert du fantastique pour dénoncer le franquisme. Son manichéisme franquisme/christianisme est un fil rouge qui est décousu par un scénario complexe, pour ensuite donner pleine puissance à cette confrontation.

Il part d’une famille reconstituée dans laquelle s’est incrusté un capitaine franquiste puis tourne autour de ces personnages pour découper au couteau leur mentalité, leur attente, leur malaise. On sent une jeune fille esseulée, perdue dans un quotidien qui ne veut plus d’elle (Ofélia). Elle n’a pas sa place dans ce monde. Le franquisme est décrit comme un cauchemar qu’elle ne peut combattre ni comprendre. Et qu’elle ne veut pas combattre, sa conscience de jeune fille née sous le franquisme annihilant tout en elle. C’est l’histoire d’une jeune fille qui est née sous le franquisme et qui du coup en reste innocente. Elle a intériorisé ce monde inconsciemment. Pendant que les autres protagonistes du film vivent cette réalité tantôt en la combattant en secret, tantôt en faisant son jeu. Tous sont pénétrés de ce franquisme.

Le spectateur est progressivement pris en otage par la violence discursive et visuelle, il ne peut qu’être immergé dans cette glaciale ambiance de franquisme. Pris en otage tout comme la jeune fille, c'est-à-dire sans le vouloir, sans rechercher un monde meilleur, tant la réalité des choses semble figée pour de bon et monolithique. Le capitaine franquiste semble tout contrôler dans cette histoire, de sa famille jusqu’à la guerre qu’il mène contre les milices républicaines de la région.

Sergi Lopez et Ivana Baquero. Wild Bunch Distribution Sergi Lopez campant le capitaine Vidal, dans un rôle d'une grande violence morale.

Il contrôle tout sauf une chose : la jeune fille de la femme qu’il a marié à lui. Marié à lui par la force des choses puisque sous ce franquisme il représente l’élite sociale d’Espagne, celui à qui on peut confier une famille pour qu’elle ne meurt pas broyée. Une épouse qui sous la franquisme ne pouvait plus assumer, son premier mari étant mort et ayant une jeune fille à charge. Si le capitaine contrôle tout, la jeune fille lui échappe. Il s’en contrefiche puisqu’elle n’est pas de lui, et que ce ne sera « qu’une femme ». Ce qui pour un fasciste franquiste ne représente rien à ses yeux puisqu’il ne voit la paternité que comme la possibilité d’assurer sa descendance et de pérenniser son nom. La jeune fille lui échappera sans qu’elle le désire consciemment, obnubilée qu’elle est par un labyrinthe qu’elle a découvert, et dans lequel un autre monde que le fascisme lui semble possible. Le spectateur est alors une nouvelle fois pris en otage, car on se demande si c’est une meilleure chose de côtoyer les monstres qui le peuplent  pour occuper son esprit, là où d’autres monstres, fascistes ceux-là mais à l’apparence humaine, l’avaient abandonné pour de bon. Un véritable conte moderne basé sur une période d’oppression et de drame naît alors, prenant progressivement en otage l’innocence d’une jeune fille, prenant en otage par là même la seule once d’humanité qui régnait dans ce film. Le spectateur se tait, attend du nouveau dans un monde de brute, et finit par être happé pour de bon par un univers puissant et puissamment orchestré par Del Toro, parce qu’il oppose dans un choc dont on ne sort pas indemne la puissante innocence d’une enfant face à la bêtise calculée de l’Homme.

Le Labyrinthe de Pan est un film hors normes. Il apporte une grande bouffée d’oxygène à l’univers des films fantastiques en utilisant l’imaginaire pour démystifier une réalité. Il donne de l’eau au moulin des films historiques en montrant qu’il est possible de mettre des mots sur les grands traumas de notre histoire. Un film fantastique majeur pour un élargissement du champs des possibles en matière de films historiques. Guillermo…..tu as fait du très grand travail d’auteur-scénariste-réalisateur-monteur. 

Correctif important sur le dieu Pan et l'emploi maladroit de "Faune" :  Pan n'est pas considéré comme un faune. Veuillez m'excuser d'avoir employé ce terme de faune. Pan est selon la mythologie un Satyre. Un faune n'est qu'un équivalent usité par la civilisation romaine sous l'Antiquité. Etant un Satyres, Pan était mi-homme, mi-chèvre (cornes et sabots), comme il a très bien été retranscrit dans ce film. Dans la mythologie, Pan est un Dieu mineur. Fils d'Hermès il est considéré comme le Dieu des chevriers et des bergers et le compagnon des nymphes des bois. Il élisait domicile dans tous les lieux sauvages, halliers, forêts, montagnes et grottes. Les sons entendus la nuit dans les lieux sauvages étaient censés venir de lui et l'on voit sans peine d'où l'expression "peur PANique" trouve son origine. Voilà, excusez moi d'avoir employé le terme de Faune pour ce dieu Pan...



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ACE VENTURA EN AFRIQUE (Steve Oedekerk -1996-)

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Avant-goût et pitch     la parfaite tête à claque de Ace Ventura, celui qui se croit plus fort que tout le monde, revient après Ace Ventura détective chiens et chats. Cette fois-ci il ne s’agit pas de retrouver un dauphin mais de sauver une chauve-souris si chère à une tribu africaine. Le voilà rendu en Afrique, au beau milieu d’autochtones, lui et son arrogance légendaire.

Avis      cet Ace Ventura en Afrique m’a mieux plu que le premier (Ace Ventura détective chiens et chats). Pour concurrencer la très hilarante séquence des bagues du premier, celui-ci nous offre six scènes plus qu’honnêtes. On a la scène de l’accouchement du rhinocéros, rhinocéros qui « accouche » de Ace Ventura (45ème minute) ; la scène de l’accouchement ultra-rapide de la femme enceinte grâce à un Ace Ventura qui ne trouve rien de mieux à faire que d’appuyer sur son ventre pour faire sortir le bébé telle une fusée (54ème minute) ; la scène du combat avec le petit autochtone nain qui lui met la raclée (55ème minute) ; la scène des ombres chinoises pendant une rétroprojection (22ème minute) ; la séquence d’espionnage où Ace Ventura entend se fondre parfaitement dans la nature, notamment en mangeant une antilope aux côtés des lions (40ème minute) ; la séquence où Ace Ventura se fait cribler de flèches endormantes, auxquelles il résiste en vrai dur à cuire jusqu’à la 10ème flèche (48ème minute). On ne peut que rire de ces délires. Jim Carrey abuse moins de sa gestuelle originale pour se mettre au service de séquences et scènes qu’il rend comique. La scène la plus élaborée en matière d’humour est celle où il se fait cribler de flèches endormantes. Car on rêve tous voir enfin mourir cette parfaite tête à claque de Ace Ventura. Mais comme ce ne sont que des flèches endormantes Jim Carrey va habilement jouer là-dessus pour camper son personnage d’Ace Ventura à la perfection. Se prenant pour plus fort que tout le monde, plein d’arrogance, il résiste aux premières flèches endormantes et continue à s’enfuir. Au bout de la 5ème flèche les effets commencent à se faire sentir. C’est là où Jim Carrey fait marcher à plein régime sa gestuelle talentueuse. Il voudra continuer à s’enfuir et résister à l’effet des flèches, on voit alors ses bras se désarticuler en contradiction totale avec son corps et on les voit bouger dans tous les sens, comme si Ace Ventura ne contrôlait presque plus rien sauf sa tête. Mais le beau diable continuera à courir. Dans l’ensemble ce film dispose de deux séquences comiques aussi honnêtes que celle des bagues du premier opus, et de quatre scènes hilarantes. Contrat pleinement rempli pour un film qui se veut comique, surpassant le premier opus. Reste quand même la laideur, l’ennui et l’inutilité des 15 premières minutes et de la dernière demi-heure. On voit alors les faiblesses du scénario du premier opus rejaillir. Donc un petit film de comique de situation honnête et gentillet. Film à voir une fois.



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OSS 117 le Caire nid d'espions (Michel Hazanavicius -avril 2006-)

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Avant-goût     un divertissement de qualité. Ce n’est pas tout à fait un espion français revisité mais plutôt une relecture du personnage à la loupe « grossière » des tics et manies d’un James Bond. C’est plus actuel et plus vendeur me diriez-vous. Ce cocktail d’humour, d’action-suspense (d’un faible degré je vous l’accorde mais honnête), de clichés tournés en ridicule a matière à plaire à pas mal de monde parce qu’il bénéficie d’une mise en scène agréable et de décors kitschs. Une comédie multi-générationnelle. Sortie dvd événement !

 

Pitch     1955, la France est un empire. Et il se trouve que Le Caire étant un nid d’espions où complotent Anglais, Allemands, musulmans intégristes, soviétiques et la famille du roi déchu Farouk, le président français René Coty décide d’y envoyer son meilleur élément : le singulier Hubert Bonisseur de la Bath, alias OSS 117. Il a des façons bien à lui de régler pareille affaire 

Jean Dujardin. Gaumont Columbia Tristar Films

 

Avis       là où j’ai été très déçu de La Doublure, j’ai été agréablement surpris par OSS 117. Un film qu’à vrai dire je n’attendais pas à ce degré d’autonomie en matière d’humour. Je pensais vaguement à un Hot Shots à la française, avec des personnages tirés par les cheveux. Mais non. Pas du tout. Une bonne comédie à la française, donnant la primeur aux dialogues sur les gags, même si les rares gags sont bons. Même si on n’est pas d’humeur, on finit par se prendre au jeu. Car Jean Dujardin crève le costard avec ses mimiques et sa posture d’ensemble. Son personnage machiste, égocentrique est vraiment d’une puanteur quand le film démarre. Il part toute de suite sur un ton décalé et une extravagance comportementale dont on se dit qu’on va se lasser. Mais en fait il porte le film jusqu’au bout, étant de tous les périples, de toutes les boutades. Son personnage ne reste pas si figé que certains le disent. Mine de rien il évolue et surprend, comme s’il renouvelait son registre au gré de ses aventures et selon les personnes qu’il rencontre. On a avec OSS 117 la parodie parfaite des James Bond. Il est macho, alors il se fout des femmes, quitte à déplacer de son lit une jolie femme endormie pour mieux dormir…seul. Il est imbattable tout en étant simplet, quitte à se jouer de nazis, d’imam, de groupuscule intégriste musulman… Il a de l’humour parfois subtil même s’il use ce registre à la corde…sans jamais la casser. A noter une chorégraphie des bastons typiquement « jamesbondienne de la grande époque » (Sean Connery), c’est agréable.

Jean Dujardin. Gaumont Columbia Tristar Films

 

Et un bon usage et renouvellement des situations comiques. L’Egyptien qui guette sans arrêt les allers et venues de OSS et appelle toujours ses supérieurs pour dénoncer ses moindres faits et gestes, est somme toute banal au tout départ. Mais on le retrouve plusieurs fois, toujours pour le même sale boulot (téléphoner) jusqu’à l’apothéose comique : lorsqu’il appelle son supérieur depuis l’entrée de la salle de bal où OSS vient se rendre pour espionnage. Ce qui est drôle c’est qu’il fait tâche à côté de tous les costards cravates du salon (il est en djellaba :)), qu’il ait trouvé un téléphone fixe dans une telle salle de bal, et qu’il se permette de dire tout haut au téléphone quelque chose qui concerne OSS 117 alors que celui-ci vient à peine de rentrer dans la salle. Comprenez que l’ambiance du film est décalée au possible, et qui si ça paraît grossier dans les premiers temps du film (genre les 10 premières minutes) on se laisse doucement mais sûrement glisser vers un grand n’importe quoi où suspense drôle parce que tiré par les cheveux frôle avec un humour potache dans un décor kitsch « jamesbondien sixties ». Avec OSS 117 je deviens convaincu d’une chose, l’humour décalé à la française me fait plus rire que l’américain. Parce que la discursivité prime sur le gag et elle concourt à mieux amener ce dernier, qui du coup est plus efficace. L’intrigue en devient plus structurée, plus profonde sans dépasser les limites interdites de la complexité. Mais revoir ce film serait dénué de tout effet de surprise, quand justement le film en joue et base son intrigue là-dessus. Film à voir. Naturellement pour tout public.

 

 

Jeu d’acteur 

 

Jean Dujardin : :):):):)

Bérénice Béjo :):):(:( 

Jean Dujardin et Bérénice Bejo. Gaumont Columbia Tristar Films 

 

 

 

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INSIDE MAN (Spike Lee -2006-)

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Avant-goût     un thriller sans tensions, une opération policière menée par des incompétents, des preneurs d’otages qui jouent les durs, voilà ce que vous trouverez dans Inside Man. Le postulat de base du braquage mené par Clive Owen prenait toute la bande-annonce, mais ce n’est pas l’ambiance d’un film de braquage que vous y trouverez, mais un film de bras cassés sans exception aucune à la règle, à commencer par Spike Lee lui-même.

Pitch     un inspecteur new-yorkais se voit confier la charge de sauver les 50 personnes prises en otage dans une banque. United International Pictures (UIP)

Avis    on m’a menti sur la marchandise. Sont filmés des flics incompétents et naïfs, au premier rang desquels Denzel Washington. Sont filmés des braqueurs qui font risiblement les durs, à commencer par Clive Owen. Sont filmés des négociations beaucoup trop irréalistes vis-à-vis d’un tel contexte, à commencer par celles menées par une Jodie Foster qui joue la dure et l’intouchable. Spike Lee comptait révolutionner les films de braquage en globalisant cette ambiance huis-clos dans une sphère de règlements de compte à distance. Pourquoi pas…mais il maîtrise rien du tout dans cette affaire là. Ses manies de rendre la musique omniprésente, ses caméras rotatives 360°, l’humour primaire, le manque de profondeur des rôles, la mauvaise maîtrise de ce qui amène la situation finale….rien n’a été fait comme il le faut pour concurrencer le bon vieux Killing Zoé. Quand je le compare à Killing Zoé, je me prends au jeu de la bande annonce du film. Puisqu’elle a voulu me tromper sur la marchandise, en m’annonçant un braquage original, je vais jouer son petit jeu dans cette critique. Inside Man avait pourtant l’avantage d’un casting prometteur, à la différence de Killing Zoé, et d’un budget facile à décrocher auprès des producteurs, vu l’intrigue.

 Petite pause souvenir sur KILLING ZOE !!!

Julie Delpy et Jean-Hugues Anglade. Metropolitan FilmExport

Jean-Hugues Anglade. Metropolitan FilmExport

La seule innovation de Spike Lee est le déguisement des otages de la même tenue que les braqueurs, c’est dire. Spike Lee n’a rien inventé. Le spectateur boit même la tasse à force de voir des incohérences telles. Rentrons dans les détails… En matière de technique de braquage ce n’est pas crédible du tout. Depuis leur arrivée les braqueurs restent calmes en toutes circonstances, comme pour montrer qu’ils contrôlent tout et qu’ils sont les héros indétrônables de l’histoire. C’est complètement aberrant de les voir emmener calmement tout le monde en bas, en ne laissant personne surveiller le hall d’entrée. Ils récupèrent alors lentement les téléphones portables des otages, prennent le temps de tabasser un employé de la banque puis exigent que tous les otages se déshabillent. Le comble est que ce genre d’opération de déshabillage demande du temps, avec logiquement bien du monde refusant de le faire. Mais, non, ils restent calmes. Comme si les flics n’auraient jamais essayé d’entrer en douce pendant ce temps là. Grosse aberration du film : les braqueurs ne sont que quatre, pour 50 otages et contre une centaine de flics !  Spike Lee stylise beaucoup trop ces braqueurs. C’est à double tranchant car à côté d’eux Denzel Washington fait tâche. Incompétent qu’il est il dit dès son arrivée sur les lieux « je ne vais pas appeler tout de suite leur chef, c’est trop tôt, on va voir comment ils réagissent ». Il pourrait au moins appeler pour faire un état des lieux (s’il y a des blessés, une femme enceinte parmi les otages, des jeunes en bas âges ou autres) mais non. Il campera son rôle d’imbécile heureux, de faux-dur à cuire pendant tout le film, quitte même à oser rentrer dans la banque pour rencontrer le chef des braqueurs sans ressortir avec la moindre balle dans le corps.

Denzel Washington. United International Pictures (UIP)

Le polar qui pouvait voir le jour ne viendra jamais. Au lieu de cela Jodie Foster débarque avec son hautaine confiance en soi. Tout bascule vers une histoire d’enveloppe secrète, appartenant au directeur de la banque braquée, et qu’il veut récupérer parce qu’elle témoigne de son passé de collabo pro-nazi. Complètement tiré par les cheveux dans pareil contexte, non ?  Un mélange des genres nauséabond en tout cas. Les dernières quinze minutes entendent remettre tout dans l’ordre, avec un nabot de policier se découvrant bon détective. Waouh !  Le film est sauvé alors ?  Non, cette fin à la Usual Suspect n’est qu’une copie, et il faut dire que sans elle le film mériterait un zéro pointé.

Jeu d’acteurs 

Clive Owen  :):):(:(

Clive Owen. United International Pictures (UIP)

Denzel Washington   :):):(:(

Denzel Washington. United International Pictures (UIP)

Jodie Foster  :):):(:(

Jodie Foster. United International Pictures (UIP)



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LES LOIS DE L'ATTRACTION (Roger Avary -2003-)

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Avant-goût    je pensais voir un film élaboré sur les rapports hommes/femmes de la jeunesse étudiante américaine des années 80. Il y a de cela, faut l’avouer, mais c’est plutôt un fourre-tout métaphorique dressant un constat caricatural sur une jeunesse désenchantée. Ce film qui se veut social n’a pas pris un échantillon assez large pour figurer comme chef d’œuvre du teen-movie !  Mais il est loin des imbécillités des teen-movies et a du souffrir des à priori des gens, lors de sa sortie en salle. Les gens s’attendant sans doute à un American Pie bis.

Pitch     dans un campus universitaire américain en déliquescence totale, trois étudiants perdent leurs repères. Il pensent qu’en multipliant les soirées ils finiront par trouver l’âme soeur, mais happés par leurs désirs inassouvis et enfouis ils doivent faire au plus pressé. Et pour cela seul la drogue et les aventures d’un soir peuvent aider. Des trois, Lauren est la moins pressée, sa virginité la rend hésitante. Mais elle est tellement dans un monde de brutes qu’elle pourrait finir par craquer. Elle vit dans le fantasme amoureux de se dire qu’un de ses ex l’aime encore puisqu’elle l’aime encore. Sean pense l’aimer mais il ne sait pas comment le lui exprimer. D’ici là il espère trouver la solution par la branlette, le pétard, la coke et le sexe jetable. Quant à Paul, tout le monde sait qu’il est homosexuel. Attiré par Sean, il ne sait comment faire le saut entre leur amitié éphémère de fumeurs de joints et l’amour.

Avis      le film commence dans un dynamisme de grande qualité. Roger Avary fait des merveilles derrière la caméra et au montage avec ses plans séquence « reverse » et ses ralentis. Sur un fond musical « eighties » remixé le film s’offre une belle bande-son. On nous présente à tour de rôle trois étudiants du même campus universitaire et présents à la même soirée, mais isolés l’un de l’autre : un Sean passablement imbibé d’alcool, un Paul en train de faire des avances à un gars, et une Lauren qui subit l’effroi de se faire violer. Je classe cela comme une séquence culte parce qu’elle est hors normes au plan montage et sera le fil rouge d’un film remontant à rebours le temps. Un temps plein de désillusions où ces 3 jeunes plongent dans la drogue pour tenter de ressentir leurs affects. Des affects qu’ils n’ont plus, désorientés qu’ils sont par l’avenir incertain qu’ils portent comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête et enfouissant leurs pulsions et leurs désirs dans l’emprise de la drogue douce comme dure. Le tableau dressé par Avary est obscur, limite nihiliste mais souffre de maladresses, à la différence de l’œuvre littéraire de Ellis. Ces 3 destins vont se croiser par le jeu du hasard et de l’attraction. Je n’ai rien contre ces acteurs, à la base de séries, mais ils n’ont pas tous la même profondeur et subtilité que dans le bouquin originale de Ellis. James Van Der Beek (Sean) casse son image de Dawson, c’est surprenant et ça fait plaisir. Tous les autres demeurent dans la superficialité. Jessica Biel (7 à la maison) a un rôle de garce diablesse qui posera un veto irrémédiable aux lois de l’attraction propres au couple probable Sean-Lauren. Elle le fera innocemment et plutôt par pulsion animale. Ian Sommerhalder (Paul) campe un homosexuel trop caricatural (Smallville). Shannyn Sossamon est touchante dans sa recherche du vrai amour. Les autres sont médiocres : Kip Pardue (Driven) ; Clare Kramer (saison 5 Buffy contre les vampires / American Girls) ; Thomas Ian Nicholas (American Pie) et Kate Bosworth (Blue crush). En fait tout tourne autour du mal de vivre de Sean (James Van Der Beek) avec un film brossant un portrait trop général , trop caricatural et trop clichés de la jeunesse étudiante.

James Van Der Beek (Sean) à gauche, Ian Sommerhalder (Paul) à droite.

Ce n’est pas le film culte que beaucoup disent car dans la réalité il en fait tantôt trop sur le problème du tryptique sexe, drogue, rock’n roll, tantôt pas assez. L’affaire du jeune qui doit 3000 dollars à un dealer de coke peut arriver à d’autres gens qu’à des étudiants sans argent. Cela ne fustige en rien la jeunesse droguée. Et on a l’impression que ces 3 jeunes ne font que quitter une soirée pour en retrouver une autre. Une vie d’étudiant manque au tableau pour vraiment le rendre culte. Parce que le spectateur manque d’élément de comparaison et de repères. La vraie force du film est ailleurs. Sans compter le montage et la mise en scène, c’est cette impression foudroyante que certains post-adolescents américains n’y arrivent plus dans la vie. Ils doivent se réfugier dans une bulle d’attente fantasmatique qu’ils ne pensent pouvoir percer autrement que par la fête, la prise de psychotropes et le sexe jetable. Même en partant de ce postulat scénaristique de base, il manque quelque chose d’important pour classer ce film comme culte. Il ne représente la jeunesse d’aujourd’hui qu’à la loupe déformante de la vie d’un campus américain précis, à une époque donnée. Peut-il vraiment sensibiliser l’ensemble des 16-25 ans de ce monde ?  C’est là où je veux en venir.

Metropolitan FilmExport

Si elle veut continuer d'obtenir de bonnes notes pendant tout le semestre, Lauren va devoir faire une petite gâterie à son prof. La réussite passe avant sa croyance en l'amour vrai et intemporel. 



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SHEITAN (Kim Chapiron -fév 2006-)

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Avant-goût          une ambiance poisseuse pour un Vincent Cassel surprenant mais sur la durée ce film s’essouffle considérablement, voire se décrédibilise par moment.

Pitch           de jeunes banlieusards sont invités par une de leur amie à la campagne, où elle a de drôles d’acolytes à leur présenter. Ces jeunes à la réplique facile et au quotidien difficile trouveront-ils entente avec des campagnards décalés au possible en plus d’être isolés et reclus de la société ?Mars Distribution

Une scène  une scène fascinante d’obscurantisme et de décalé : celle de la « grotte chaude » où les banlieusards commencent à découvrir à qui ils ont affaire au travers de jeux dans l’eau tournant à l’invraisemblable.

Avis    pour du suspense-épouvante c’est du grand standing grâce à un fond scénaristique tournant en dérision certains de nos clichés. C’est du barré à plein tube ancré sur une certaine réalité, sur une certaine logique. Mais au fond c’est du cliché « banlieue » contre cliché « France profonde », ce qui serait inadmissible pour un film normal. Mais on est dans du décalé alors pourquoi pas. Surtout que ça alimenterait logiquement la crédibilité de tout bon film d’épouvante-suspense qui se respecte et respecte les fantasmes des spectateurs. Mais Sheitan se devait de davantage surprendre au lieu de rester trop figé. Vincent Cassel s’offre ainsi une petite folie, en tant que producteur et rôle principal du film (rôle aux antipodes de son registre) et il porte à bout de bras ce film. C’est bien simple, sans lui au casting, ce film serait un navet. Si le film s’eesouffle, c’est surtout à cause de lui. Son rôle est étouffé petit à petit. Même si ce film est plus travaillé et moins risible qu’un banal film de suspense-épouvante, il reste sans surprise dès lors que l’on voit d’entrée de jeu le genre du campagnard joué par Vincent Cassel. Dès lors il ne parviendra plus à nous surprendre, quelque soit ses intentions morbides, ses fantasmes glauques. Le rôle principal s’essouffle progressivement et du coup laisse l’ensemble du film orphelin. Autre problème : les jeunes acteurs qui font les banlieusards font le minimum syndical et sont très limités. Autre problème : ce long métrage se montre trop lent dans son déroulement, faisant davantage place au « barré décalé » qu’au vrai suspense ou au gore, tout simplement parce que Vincent Cassel imprimait au film cette ambiance et qu’il disparaît petit à petit. Au final on se dit qu’il y a beaucoup de scènes inutiles. Une étoile pour l’interprétation de Vincent Cassel.



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