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DRACULA, prince des ténèbres (Terence Fisher -1966)

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Avant-goût  ça commence comme un huis clos, ça finit en film d’aventure rocambolesque. Dracula, prince des ténèbres, se résume surtout à la prestance de Christopher Lee, charismatique.

Avis              

Pour un film de 1966, "Dracula, prince des ténèbres" reste assez remarquable. On ressent parfois dans la version "Francis Ford Coppolienne" des inspirations puisées directement là ! Cela reste au plan de l’intrigue,  mais ce Dracula semble avoir été l’essence de l’œuvre de Coppola. Les deux sont en fait les adaptations du roman de l’Irlandais Bram Stoker. Christopher Lee se fait attendre, au milieu d’un fatras de scénettes très théâtralisée, trop. A l’heure d’aujourd’hui, la mise en scène paraîtrait trop classieuse, trop statique même. Les interprétations paraîtraient trop téléphonées, trop récitées, trop littéraires surtout. Ce film est lent, et souvent sans intérêt, du sans nul doute aux interprétations, toutes celles d’acteurs de second rang.

Un peu d’histoire

L’arrivée de Christopher Lee est une vraie bouffée d’oxygène, … en même temps qu’une gorgée de sang. Tout ce qu’on attend, en définitive, d’un film basé sur la petite histoire du comte Dracula, dans la grande histoire de la Roumanie des Carpates. Fantasmagorie reprise par toute l’Europe de l’est puis d’ouest, dès lors que les Ottomans représentaient une menace de plus en plus sérieuse pour les royautés d’Europe centrale, balkaniques et de ‘‘mitteleuropa’’. On se serait en effet servi du mythe tissé autour du comte Dracul, seigneur de Transylvanie (est de la Roumanie actuelle), pour "barbariser" l’image laissée par les Ottomans en Europe de l'est, au XVIIIème siècle. L’image dépravante de leurs excursions, pillages, faisant de la Roumanie une terre sans enfants,  de rapt de femmes, viols, d'enlèvement d'enfants... , de pillages . Le XVIIIème siècle ottoman c’était cela, aux yeux des Roumains.  L'ennemi menaçant, parfois terrifiant, qui laissait sur son passage des corps sans noms, et des coupables au contour mal défini.  On pouvait dès

 


Christopher Lee, l’âme du film, le centre de tous les effets spéciaux

Christopher Lee reste à ce jour son meilleur interprète. La cape extravagante reste bien portée, le dentier trafiquée durcit encore plus son visage froid. L’effet spécial qui rougit ses yeux reste rudimentaire aujourd’hui, mais efficace. Un très gros travail de trafic des images a été réalisé autour de son personnage. Non pas au plan de son apparence, qui hormis les yeux rougis ne se résume qu’à une affaire de costumier et de ‘‘gueule de cinéma’’. Tout le travail de travail de l’image se voit aisément et frappe lors de la séquence du déversage de sang dans sa tombe. Grâce à quoi il rejaillit de ses cendres. Système de "fumée réparatrice", en quelque sorte. Qui reconstitue en quasi temps réel son organisme. Assez hallucinant pour cette année 1966. Après, Dracula, prince des ténèbres souffre des défauts des films de son époque : une lenteur rendue caduque aujourd’hui, dans la narration, et un goût désormais mauvais d’obliger les interprètes à être justes plutôt que réalistes. C’est théâtralisé, il faut l’avouer. C’est parfois facile à anticiper. Mais tout est finalement très bien réglé en vue de mettre en valeur les séquences de meurtres, de suspense, d’épouvante. Ces séquences surfent davantage sur l’attente prolongée, de type film d’horreur, que sur le dynamisme. Et on aurait pas fait mieux tant les effets spéciaux n’étaient pas ce qu’ils sont en 1991, au moment de la version de Francis Ford Coppola. Ces séquences restent tout de même le cheval de bataille du réalisateur Terence Fisher, on le sent très vite. Ce prêtre fougueux se plaçant corps et âme au service de Dieu et contre Satan. Cet homme rendu veuf toute sa bonne volonté, et qui crie ‘‘vengeance’’ ! Autant de conséquences aux affres perpétrées par Dracula. Autant d’éléments perturbateurs percutant de plein fouet une œuvre jusqu ‘alors trop monotone au plan du fond, trop monocorde au plan acting. Dracula devient alors l’ennemi à abattre. Et quel ennemi !



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Blind Test zic de film, spécial 500 000 visiteurs ! ! ! !

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Blind test niveau force 1 !! A vos claviers, et surtout...à vos oreilles !!

Au dernier décompte, le champion actuel des blind tests, se nomme ZidlmaniaDECOSTER, son challenger est MG, alias Mister Grenouille !
Top du blind test GAINSBOURG :
1er : ZidlmaniaDECOSTER, 9 points
2euse : MG, 3 points

Parmi les 8 tracks à deviner actuellement, deux sont chargées en bonus.
Le bonus du ''meilleur lecteur du blog'', pour l'une, le bonus du ''vachement difficile'' pour l'autre. Bonus de 3 points chacune !! (soit 1+3 d'un coup d'un seul)...


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Blind Test Zic de film, spécial 500 000 visiteurs ! !

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Blind test de niveau force 21 ! Années 80, années 70, années ''viêtnam'', du lourd. Avis aux cinéphiles. Hormis pour la track 4 !


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la Mort aux trousses (Alfred Hitchcock-1959)

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Avant-goût      Alfred Hitchcock montrait là avant l’heure combien l’idée d’une transposition de l’espionnage au cinéma pouvait être énormément innovante. Car pour du film presque total, c’est franchement réussi, surfant entre thriller à huis-clos, suspense de polar et comédie sentimentale.

Pitch  le publiciste Roger Tornhill (Cary Grant) est enlevé par deux hommes, saoulé puis placé au volant d’une voiture dirigée malicieusement vers un gouffre. Dans un coup de sang il parvient à reprendre ses esprits et à fuir. Poursuivi, le plan contre lui échoue quand il est cueilli par la police. Mais sa garde à vue ne sera rien, comparée à ce qu’il lui reste à subir. Ses malheurs le placeront au-devant d’une vérité qu’il cherchera à percer.

Avis  Hitchcock aime glisser du suspense dans du suspense. Comme s’il craignait que l’intrigue de La Mort aux trousses ne soit pas suffisamment prenante, il imbrique des séquences de sueurs froides pures mettant en jeu la vie d’un seul et même homme. L’ensemble étant déjà prenant. On pense notamment à la ‘‘cultissime’’ séquence de l’attaque de l’avion rasant et plongeant encore et encore sur un Cary Grant qui n’a rien pour s’y opposer… L’intrigue est totale, Hitchcock part encore du quotidien banal d’une personne,…qu’il présente ainsi comme un parfait innocent. Cherchant à faire réagir le spectateur, il met cet innocent aux prises avec une ‘‘grande histoire’’. Qui échappe longtemps à cet innocent comme au spectateur. Le meilleur moyen de surprendre encore et encore le spectateur, en l’embarquant dans une affaire digne de John Le Carré. Car c’est de cela dont il s’agit, Alfred Hitchcock serait l’égal ‘‘cinéma’’ du romancier Le Carré, et non le pseudo pionnier de la saga ciné ‘‘James Bond’’. Il met en image comme personne, des complexités existentielles dont les issues semblent longtemps bouchées, et dont les protagonistes sont tous des gens sans failles, sans indices, sans signes. Le Carré et Hitchcock noyant leur lecteur/spectateur dans un vacarme de suspense. Bien entendu Hitchcock avait fait ce film avant même que John Le Carré n’entame sa reconversion d’agent secret du MI6 pour le brillant romancier d’espionnage, et c’est un peu là où je veux vous éclairer : Alfred Hitchcock est le maître du suspense et restera le pionnier du « suspense de haute sphère » tous supports confondus. En tordant dans tous les sens l’image de son héros, Hitchcock aime à triturer le cerveau du spectateur. En ne donnant aucun nom à la justice, il aime à enfermer le spectateur. En ne donnant aucune identité aux ennemis/agresseurs de son héros, Hitchcock aime à maintenir le spectateur dans cet enfermement intérieur. La Mort aux trousses allie tout cela, non sans révolutionner glacialement les codes de l’ennemi, un temps la femme ici, un temps les gros moyens techniques là (avion). Quant au sens du mot ‘‘justice’’, il devient bien primitif et en même temps intense : n’ayant plus de représentants, la justice se fait soi-même... ! Belle extrapolation aussi du sens des mots ‘‘vie’’, ‘‘oubli’’ et ‘‘mort’’. Avec un homme placé au pied du mur, qui s’efforcera tantôt d’éviter la mort, tantôt de s’accrocher à la vie, tantôt de ruser pour qu’on ne l’oublie pas....afin que la mort qui frappe continuellement à ses carreaux soit une ‘‘belle mort’’. C’est alors que Cary Grant doit rendre la monnaie de sa pièce à un metteur en scène vicieux. Ce qu’il parvient lorsqu’il s’agit d’éviter la mort à tout prix, ce qu’il réussit lorsqu’il s’accroche à la vie, notamment son attachement sentimental à la gracieuse Eva Marie Saint, mais qu’il manque un peu dès lors qu’on lui demande de ruser pour qu’on ne l’oublie pas. Une justice sans nom, un ennemi sans visage, le diptyque mort/oubli, quête d’une identité plus noble, autant de qualités d’intrigue pour mieux placer le spectateur au cœur des choses. Et faire qu’en même temps que le héros se fait justice lui-même, le spectateur y participe et boue dans son pourtant confortable fauteuil. C’est un peu ça le talent d’Hitchcock !

Jeu d’acteurs

Cary Grant  :):):):(

Eva Marie Saint :):):):)



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the GAME (David Fincher -1997)

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Avant-goût  David Fincher fait selon moi, moins bien que pour ‘‘Se7en’’. Mais ce n’est pas faute d’avoir essayé, dans un thriller qui de nouveau, il faut l’avouer, prend petit à petit aux tripes et à la tête. Tant l’enchaînement des malaises de Michael Douglas est vif et sans pauses.

Pitch  Nicholas Van Orton (Michael Douglas), homme d'affaires avisé, reçoit le jour de son anniversaire un étrange cadeau. Il s'agit d'un jeu. Nicholas découvre peu à peu que les enjeux en sont très élevés, bien qu'il n’en connaisse ni les règles, ni même le but. Il prend peu à peu conscience qu'il est manipulé jusque dans sa propre maison par des conspirateurs inconnus qui semblent vouloir faire voler sa vie en eclats. Jusqu’à ce qu’il prenne conscience que sa vie serait elle-même en danger de mort…


Avis   on surfe sur des vagues de psychose, sur lesquelles Michael Douglas est  bien seul, et ne peut se fier qu’à lui seul. C’est surtout cela qui inhibe le spectateur jusqu’à un certain paroxysme final, qui baigne son personnage dans une folie, légitime au regard de ce qu’il subit. L’effroi est de voir qu’il est bien seul à subir des misères, et que tout comme lui le spectateur demeure sans repère aucun. Il y a une thématique sur laquelle je ne peux en dire long, tant le scénario est basé là-dessus. Ce qui m’oblige à faire très court pour cette critique. Un bon thriller ne s’explique pas !  La thématique ‘‘bigbrotherienne’’, on va dire, ce qui est une expression qui n’existe pas, mais qui est assez bien extrapolée par David Fincher, dans ses dérives comme dans sa perversité ! Michael Douglas joue juste comme il faut, dans l’ensemble, il ne force pas les traits de son rôle d’homme dur au mal, bien dans sa peau, et sûr de lui. Il a la tête pour cela, et l’expérience. C’est tout le paradoxe qui s’installe petit à petit, entre un homme dur, et une ombre de lui-même pleine d’obscurités, de névroses, de psychoses… ; et on le serait à moins dans pareille situation. Un très bon thriller ! Un bon film ! Présence de Sean Penn convaincante, bien que trop rare. C’est bien simple, si Sean Penn avait incarné le rôle titre, il est tout à fait possible que ‘‘The Game’’ vole vers le 4 étoiles, de par chez moi et mon blog tout du moins.

David Fincher joue avec le spectateur autant qu’il manipule ses propres acteurs…

Fincher a voulu faire plus fort que ‘‘Se7en’’…or, c’est bien délicat… Il est passé par d’autres chemins, ouvrant un chemin beaucoup plus terre à terre, voire moins ‘‘apocalyptique’’, et plus dans l’air du temps médiatique. C’est une société de l’image et du paraître, intrinsèque au stade actuel de notre civilisation, dont Fincher se sert pour tordre le cou à tout un tas de valeurs jugées bien comme il faut par toutes et tous : la confiance en son propre frère, le rapprochement intime avec une femme…De ces valeurs, Fincher en fait une addition et les pervertit froidement en une somme de toutes les peurs contemporaines, dont celle de sa ‘‘profession’’, de son ‘‘avenir professionnel’’, de la ‘‘beauté empoisonnée’’. David Fincher est actuellement le plus grand cinéaste de thriller au monde : car il joue avec le spectateur autant qu’il joue lui-même avec ses propres acteurs/rôles. Instaurant de nouvelles règles d’or dans le genre du polart/thriller : l’interactivité entre le spectateur et le film, froide au possible, et terriblement glauque ! Michael Douglas a du tout de même être très difficile à manier par David Fincher, sur le plateau, puisque étant la matière humaine d’une œuvre qui à l’avance allait déchirer son personnage jusqu’à l’impossible. Très bon thriller !

Jeu d’acteurs

Michael Douglas  :):):):(

Sean Penn   :):):):(

Deborah Unger (un regard qui en dit…court…) :):):):(



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