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Taken (Pierre Morel -2008)

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Plus d'infos sur ce film Affiche française. EuropaCorp Distribution
Enfin une production
Luc Besson réussie. Quand même ! Performance musclée de la part de Liam Neeson. C'est le moins qu'on puisse dire. Taken, après un gros buzz sur le net, puis son débarquement sur Canal +, connaît aujourd'hui une petite notoriété dans les bornes dvd. Si on le prend pour un film d'action, il est vrai que la réussite est totale. Liam Neeson déboîte des gars à longueur de plans, sans qu'on ne crie au scandale de la surenchère.


Pitch                                                           
Que peut-on imaginer de pire pour un père que d'assister impuissant à l'enlèvement de sa fille via un téléphone portable ? C'est le cauchemar vécu par Bryan, ancien agent des services secrets américains, qui n'a que quelques heures pour arracher Kim des mains d'un redoutable gang spécialisé dans la traite des femmes. Premier problème à résoudre : il est à Los Angeles, elle vient de se faire enlever à Paris.

Liam Neeson. EuropaCorp DistributionLe pari est on ne peut plus clair : faire vaciller le spectateur de scènes d'action en scènes d'action. Parfois ce sont même des séquences entières qui sont mises à profit d'une quête au premier abord désespérée d'un père vers sa fille, enlevée et portée disparue. Un scénario qui ne casse pas trois pattes à un canard mais qui met en ébullition le spectateur et le maintient la tête dans le bain-marie de bout en bout. Quand ça commence à castagner, ça commence pour une heure durant ! Hybride entre Steven Seagal et James Bond,
Liam Neeson campe un ex-agent secret qui réclame sa fille, enlevée par des trafiquants d'esclaves sexuelles basés dans le Moyen-Orient et recrutant en Occident.

Liam Neeson. EuropaCorp DistributionSur une chorégraphie et une mise en scène des cascades signées
Philippe Guégan, les séquences d'action sont saisissantes de réalisme, bien que parfois l'on se demande comment Liam Neeson fait-il pour être aussi dur sur l'homme. La jambe cassée en deux à hauteur du genou. Le cou brisé d'une torsion des avant-bras. La balle qui tue net. Le décor qui vole en éclat. La chorégraphie d'ensemble est très bonne, tout en choisissant la méthode expéditive, crédibilité du scénario oblige. On ne frise jamais la surenchère, en se disant qu'après tout, un ex-agent secret mort de faim peut en arriver à des choses pareilles. Une performance dans la lignée de ses rôles dans Spider-Man 3 ou Batman Begins pour Liam Neeson : charismatique et musclée ! Pour un film qui, s'il doit être considéré comme de l'action pure, est tout simplement une vraie berline de luxe du genre. Et voilà que Taken va continuer son buzz dans les bornes de location de dvd comme ce ne serait pas permis. Il est calibré pour un succès sur ce point.


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Vengeance (Johnnie To -mai09)

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Plus d'infos sur ce film ARP Sélection

Hors-compétition, en 2007, le festival de Cannes n'avait pas plus que cela apprécié Triangle, un film montrant bien le savoir-faire hong-kongais en matière de polar-action-movies, car co-réalisé par des maîtres là-bas, non dénuées d'une renommée mondiale : Ringo Lam, Tsui Hark et donc Johnnie To. Johnnie To était bien seul cette année à Cannes, de par l'absence du "presque abonné" Wong-Kar-Waï ou encore de Ang Lee. Avec Vengeance, Johnnie To achève donc son ouverture sur l'occident, après ses "nationaux" Breaking News et Election 2, et le seul grand point positif à en tirer c'est le grand respect qu'il témoigne à Johnny Hallyday et à la France, ce qui est visible à la lumière de cette dichotomie fascinante chez ce Français qui est autant usé qu'il désabuse son entourage hong-kongais.


Pitch                                              
Un père vient à Hong Kong pour venger sa fille, victime de tueurs à gages. Sur son passeport est marqué "cuisinier". 20 ans plus tôt, il était un tueur professionnel.

Johnny Hallyday. ARP SélectionDeux Johnny (ie) pour un même film. L'un continue de séduire l'Occident avec ses plans serrés et ralentis de gunfights, l'autre surprend et reprend le cinéma là où celui-ci l'avait véritablement abandonné après L'Homme du train, de Patrice Leconte (depuis, des films sans vrai rôle). Ici, l'homme est usé, fatigué, laminé, mais il crie vengeance. On pense bien qu'il a l'étoffe pour venger seul, sa fille et ses petits-enfants, quand on savoure plan après plan le rocailleux et le charisme d'un Johnny qui décidément aurait pu sublimer certains rôles physiques au cinéma dès lors qu'il y aurait un scénario. Ici, c'est encore raté pour lui : Johnnie To n'a pas de scénario, on dirait plutôt qu'il a composé autour et pour Johnny Hallyday. Il est tout simplement entouré d'une certaine crème de la crème des acteurs de Hong-Kong, l' "autre pays du Cinéma". Et il semble se satisfaire de cette mise en avant parfois creuse, mais des fois sauvages et animales, de sa volonté de vengeance. Encore que les mots lui manquent, ou alors que ces derniers soient tantôt fades, tantôt mal entonnés, mal joués ou tout simplement absents. Le contraste est saisissant entre la bête de charisme, physique et animal, et l'ensemble de sa palette d'acteur, relativement limitée mais typiquement bien adaptée au rôle que lui a fait endosser le prodige hong-kongais Johnnie To.

Johnny Hallyday. ARP SélectionVengeance c'est un de ces films dont on attend avec impatience la fin, mais qui une fois venue, nous laisse légèrement sur sa faim. Légèrement car finalement, on s'y attendait un peu quand même. Sauf que d'ici le dénouement final tout en esthétique et en manque de profondeur (à l'image du film), le film parvient tel un funambule sur un fil de pêche, à tenir en haleine le spectateur, grâce à une très, très grosse machinerie : une véritable esthétique du mouvement.

ARP SélectionJohnnie To continue en effet de nourrir ses scénarios avec ce qu'il fait être des acteurs secondaires : la pluie, la brume, la rue, le déluge de parapluies, un cabanon de périphérie urbaine, une barre d'immeuble, ses gouttières et ses escaliers métalliques de service. Et puis il y a le flingue, le regard, les lunettes, la démarche, le manteau et peut-être même l'humour visuel, pour donner à ses acteurs un genre, un style, voire une étoffe...de grands. Johnny Hallyday, bien que n'en étant pas à son premier film, bénéficie de ce travail d'approfondissement des personnages, ce qui lui permet de ne jamais se faire voler la vedette : puisque contrairement aux autres acteurs même plus talentueux que lui, Johnny restera toujours Johnny : une gueule, un regard et UNE VOIX.

Johnny Hallyday. ARP SélectionCeci étant dit, Vengeance s'adresse plutôt à des adeptes des polars spectaculaires, du cinéma hybride entre drame et thriller, hissant l'héroïsme en gage de vérité absolue. Vengeance s'adresse aussi aux inconditionnels de l'esthétique placée au service du scénario : un film dans lequel les séquences de gunfights sont les nœuds de la trame. Johnny Hallyday parlera d'ailleurs d'une certaine << élégance de la mise en scène >>. On regrettera en dernier lieu que Vengeance ne fasse finalement impatienter le spectateur que pour des gunfights et rien que pour des gunfights. Le film ne devait-il pas s'appeler "Gunfight", d'ailleurs ?!


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Hypnose (David Koepp -2000)

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Grand Prix du jury du festival de Gerardmer Fantastic'Arts, Hypnose tient en haleine son spectateur, voire parfois en « lesse », jusqu'à un dévissement maladroit de son scénario, heureusement sur le tard du fil de l'histoire. Un thriller fantastique au rythme bien géré par David Koepp.


                                                                                                                    Pitch

Tom Witzky (Kevin Bacon) est un ouvrier qui mène une vie tout ce qu'il y a de plus normal...jusqu'au jour où, au cours d'une fête de quartier, il accepte de se faire hypnotiser. Plus tard dans la nuit, il est assailli par des visions. De jour en jour il voit toujours davantage de choses qu'il est incapable d'expliquer, entend des voix qu'il ne peut ignorer. Sa vie bascule. Terrifié, Tom tente par tous les moyens de se débarrasser de ces pouvoirs étranges dont il n'a jamais voulus...


Kevin Bacon. Kevin Bacon a eut sa dose en matière de rôle aux limites du paranormal : il incarne ce violeur diabolique d'enfants dans Sleepers, il use de son invisibilité pour tuer ses propres collègues de boulot dans Hollow Man, il incarne un pervers sexuel et calculateur par dessus le marché, dans La Vérité Nue, j'en passe et des meilleurs. Sauf que là, il dispose d'une once de sympathie, qui dérivera en antipathie accélérée auprès du spectateur, à mesure qu'il sombre dans un délire. C'est un peu à partir de ce moment là (où il creuse notamment) que le film dévisse de son orbite prometteuse. Ce gamin qui parle tout seul la nuit, puis son enlèvement, tout semblait hausser Hypnose au stade du rebut de luxe de Sixième Sens. Ce voisin de quartier qui loue sa baraque à Tom Witzky, devait être cru sur parole lorsqu'il disait à Tom qu'il était son tout premier locataire. Il a su pourtant déjouer la bonne vigilance du spectateur. Et puis il y eut cette séquence assez parfaite, du réveil matin de 10h30, qui sera flashé par deux fois par le spectateur, et qui enclenche une prémonition de suicide dans le quartier, chez un ami père d'un adolescent qui s'est refroidi le cerveau d'une balle. Une sorte de relique version "épouvante", du procédé scénaristique d'Un Jour sans fin (réussi dans son genre, il est vrai)


Hypnose n'a pas démérité jusque là son Grand Prix du festival de Gerardmer. Imaginez que votre maison de quartier devient un cocon familial anormal, la nuit où vous venez de vous faire hypnotiser. On vous explique alors que l'hypnose peut ouvrir le champs de perception au-delà du raisonnable, et que c'est pour ça que vous voyez ce que les autres ne voient pas ou entendez ce que les autres n'entendent pas. Eh bien force est de constater qu'on y croit un peu quand même, et que hormis le rush final, Hypnose est un ensemble qui se tient bien. Les prestations sont tout juste salutaires pour Kevin Bacon et les seconds rôles, mais sont relevées par le brouillard opaque qui renferme la plupart de leurs personnages. Un brouillard rendu très persistent par David Koepp, soit le signe des très bons réalisateurs de film fantastique.


Quand en plus David Koepp se permet le développement d'un suspense opportun et bien rythmé, il fout littéralement dans le gouffre les séries B qui se revendiquaient être le clou de la torpeur, dans les années 80 peuplées d'agents de Lucifer ou de revenants de la damnation. Hypnose serait à considérer légitimement comme une version épouvant"-able" de Sixième Sens, à ceci près que l'élément perturbateur de ce film ne reste modestement, qu'un simple élément perturbateur, et non le protagoniste lui-même. Que ceux qui ont vu Hypnose me suivent...



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Le Dernier samouraï (Edward Zwick -2002)

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Warner Bros. FranceDes séquences de combats sublimes, bien qu’en deçà du mouvement de masse démontrée par Braveheart, et une microcosme « samouraï » fascinant et haut en couleurs. Mais on regrettera cette patte américaine, imposée sur le cours non seulement du film, mais du pan de l’histoire japonaise consacrant la fin des samouraïs.

 

Tom Cruise. Warner Bros. FranceQue les choses soient dites, ce n’est pas un soldat américain qui a provoqué la disparition des samouraïs, encore moins Tom Cruise. Son personnage est totalement fictionnel, il deviendra même grotesque à mesure que l’on découvre les samouraïs. Le vrai héro du film, ce sont les samouraïs. Et c’est là que Edward Zwick, le réalisateur, parfait sa copie. Si bien qu’on en arrive presque, au milieu de ce portrait du Japon des terres et de ce peuple samouraï, à en oublier que cet officier US n’est posé que pour faire transpirer une atmosphère. L’atmosphère des années 1860/70, où les samouraïs disparaissent, au bout d’une lente agonie de plusieurs siècles de guerres intestines pour le pouvoir d’Etat. Certes les rônins persistèrent (les samouraïs solitaires) mais le mode de vie était fini, sous les salves de plomb des gouvernements japonais et de leur armée d’Etat.

 

Tom Cruise. Warner Bros. FranceOutre la réussite du portrait de ces personnages historiques hauts en couleur, les samouraïs, Edward Zwick réussit à toucher le spectateur, à travers ce combat inespéré de la lame contre les armes à feu des soldats conscrits. Tout un monde qui disparaît en même temps que ces samouraïs : l’ère moderne de la guerre naissait alors, la Première Guerre mondiale allait bientôt s’en nourrir. Contre la discipline de fer des états-majors japonais, se trouvait la rigueur de l’existence communautaire des samouraïs. Un pour tous, et ce jusqu’au dernier.

 

Tom Cruise. Warner Bros. FranceLes moments de bravoure, Edward Zwick les capte merveilleusement bien, sans en faire trop, hormis dans le rush de sa bataille finale. L’héroïsme, et l’héroïsation de Tom Cruise, en soldat inféodé et traître à la cause gouvernementale, semble comme cadenassé par ses soins. En clair, Tom Cruise ne vole la vedette à personne, jamais, hormis dans le rush final. Il prend même des coups de bâtons, car il n’est rien au milieu de ce peuple dont il est capturé vif.



On regrettera que les instants de rapprochement entre sa culture et celle terriblement plus ancienne des samouraïs, soient mièvres parfois. Mais le long-métrage est entièrement orienté vers l’éthique de ces combattants sortant tout droit du Moyen-Âge : la discipline au quotidien, que l’on tienne son arc, son katana ou que l’on accomplisse une banalité de son quotidien. Et cette éthique est martiale.

 

Tom Cruise. Warner Bros. France


Les séquences de combats sont pléthores, toutes plus envolées les uns que les autres. Elles transpirent d’un respect envers ce mode de vie issu d’un long cheminement partant du Xè siècle. Le dernier des samouraïs aurait cependant du être celui qu’on croit, et non le fantoche infiltré. C’est là où le bats blesse, la patte des producteurs américains, est visible, c’est leur héro national qui a encore gagné. Ce qui ne doit pas enlever toute la vigilance d’esprit qu’a eu par ailleurs Edward Zwick, dans le portrait des samouraïs, dans les pauses paysagères, dans les envolées martiales. Mais dans ces deux heures trente d’épopée, il est dommage que ce soldat américain interchange son statut de héro/anti-héro au gré du bon vouloir des producteurs, voire à cause de l’estime de soi de Tom Cruise himself.



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Mon Nom est Personne (T.Valerii / S.Leone -1973)

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Sergio Leone entame avec Mon Nom est personne une traversée du désert, au bout de laquelle se trouve l’oasis, la pépite, sa dernière, Il était une fois en Amérique. Le choix de parodier tout ce qui a sublimé le western depuis son âge d’or, fait par Sergio Leone et son « assistant un peu trop présent » derrière la caméra, est mauvais. On ne peut tricher avec un genre usé jusqu’à la corde. On ne peut le sublimer ni le relever de ses cendres, même quand on s’appelle Sergio Leone. Mon Nom est personne entonne à sa manière la crépuscule du genre western, avec burlesque et auto parodie. Sauf que ce n’est pas ce qu’on demande dans ce registre.

 

Pitch                                                         

Jack Beauregard, légende de l'Ouest, désire mettre un terme à sa carrière de pistolero et envisage de s'embarquer pour l'Europe. Mais un jeune admirateur, affirmant s'appeler Personne, ne l'entend pas de cette oreille. Il veut faire entrer Beauregard dans l'Histoire en l'amenant à combattre la Horde sauvage.

 

 

Un bon western, Sergio Leone nous avait appris à savoir ce que c’est. Et voilà qu’il saborde son métier, en décidant de reprendre toutes les ficelles et les bons vices du genre, pour les dénuer de toutes violences. Sur le coup, ça choque. En fait, Mon Nom est personne participe à sa manière à la mort du genre, tout en lui rendant un hommage ultime. Mais comment Sergio Leone a-t-il influencé Tonino Valerii, le réalisateur qu’il assiste, pour rendre cet hommage au western ? Et bien vous prenez Jack Beauregard, une légende de l’Ouest comme il en existe au cinéma depuis l’Âge d’or du western, vous le faites incarner par une légende du genre : Henry Fonda. Vous lui endossez le rôle du justicier intime, criant vengeance pour son frère abattu. Le genre d’histoire qui pouvait vraiment transformer avec réalisme, un cow-boy en justicier, à de rares exceptions près. Le cow-boy ayant toujours été qu’un vulgaire gardien de troupeaux pendant les grandes transhumances du bétail à travers les plateaux et les plaines du Grand Ouest américain, utilisant éventuellement son pistolet lorsque l’urgence l’exigeait en dernier recours. Mais là non, Jack Beauregard est une vraie légende, un pistolero dont la légende court qu’il est imbattable. Un beau personnage fantasmatique, aussi désincarné dans l’histoire de l’Amérique qu’Henry Fonda s’auto parodie avec courage.

 

Vous prenez aussi un parfait anonyme du nom de « Personne », incarné par Terence Hill, et vous lui faites jouer le parfait élément perturbateur qui fera se réunir, « pour l’histoire » comme il le dit lui-même, deux mythes : le justicier solitaire de l’âge d’or du western, et la horde de pistoleros sans foi ni loi autre que le gain et la violence sauvage. Dit comme cela, Mon Nom est personne réalise un bel hommage au genre. Oui, l’hommage est réussi, mais venant de Sergio Leone, ce n’est pas ce qui est recherché, que de voir l’humour, le pathos et le burlesque animer les débats entre cet anonyme qui n’a jamais existé, Terence Hill, et ce Jack Beauregard qui n’a jamais existé qu’au cinéma.

 

Comme elle est loin, la trilogie du dollar de Sergio Leone ! Terence Hill joue les Clint Eastwood, version confesseur freluquet au chevet d’un cow-boy malade de sa légende. Ni l’un ni l’autre n’ont jamais existé. Et ils se le disant tous deux, avec humilité et mièvrerie de temps à autre, au gré de leurs rencontres fortuites…qui ne sont en fait que le résultat du fanatisme de l’anonyme, envers la légende vivante. Le blond Terence Hill incarne à ce titre un élément perturbateur relativement lourdingue. Lourd dans sa démarche de légèreté. Paradoxe ! Léger comme l’air, aussi invisible qu’indécelable, il est ce cow-boy fantoche, chasseur de mouches, qui vient permettre à Sergio Leone d’établir un dernier lien, entre le mythe de la horde sauvage, coupable sous la violence voulue de Sam Peckinpah, de la mort du western noble d’esprit, à travers le chef d’œuvre de celui-ci : La Horde Sauvage. (1969).


L’anonyme « Personne », est là pour mettre en confrontation directe, le mythe qui a scellé le crépuscule du genre western, en rapport tout direct avec le chef d’œuvre noir de Peckinpah, avec ce pistolero, as du tir et héro terriblement mythique de la grande veine des grands westerns peuplés de justiciers, chasseurs de hors-la-loi et sauveurs de la veuve et l’orphelin. A ce titre le moment de la rencontre fatidique est magnifique et sauve un film qui jusque là peine dans ses discussions seconds degrés à rallonge et son burlesque, qui décidément n’a pas sa place dans le western pur et dur auquel se rattache les vrais aficionados du genre.

 

C’est finalement sur ce point, la parodie, l’humour et la mièvrerie incarnés par des personnages qui jusqu’ici étaient de sérieux violents, de solides gaillards et de redoutables langues de vipères, que Mon Nom est personne déçoit quelqu’un comme moi, qui bien que sachant que ces héros n’ont jamais existé, adorent rêver à propos du mythe des terres vierges, sans nom ni loi du Grand Ouest américain. Un hommage vraiment réussi, au western de l’Âge d’or, au western spaghetti et à sa déviance ultra violente et crépusculaire, beaucoup de cinéphiles apprécieront ce film. Quant à moi, je ne parviendrai jamais à me dire que c’était dans l’anonymat le plus total de Mon Nom est personne, que le western et ses légendes moururent…



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Let's make money (Erwin Wagenhofer -mai09)

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Ad Vitam« Laissez travailler votre argent » ou Let's make money est une dissection lucide et froide du système capitaliste néo-libéral, à travers les interventions de personnes directement impliquées dans ses rouages. De l'Inde à Singapour en passant par le paradis fiscal de Jersey ou la City de Londres, Let's make money fait voguer le spectateur depuis la misère sociale et la pollution environnementale des peuples des « marchés émergents » jusqu'au « centre » de la finance internationale : les assassins financiers et le petit 3 % de la population mondiale qui en même temps qu'on ne connaît pas son identité, détient le droit de juger du sort des 97 autres % du monde. Film qui fait froid dans le dos.

Le film ressemblerait à s'y méprendre au Cauchemar de Darwin pour son côté documentaire et témoignages d'acteurs-témoins et de victimes d'un « système » dénoncé, mais non, Let's make money est en-dessous, de par sa simple restriction à ne monter et monter les unes à la suite des autres que des séquences de simples témoignages/interviews. Ceci dit, il tire sa réussite de la grande qualité de ses intervenants. Vous trouvez ce financier établi à Singapour parce que le pays lui fait cadeau des charges, en contrepartie de quoi il est là pour faire venir des capitaux asiatiques et occidentaux afin de faire devenir Singapour une véritable place financière internationale : où l'argent coulerait à flot. Ce gars-là dérange très vite de par son attitude non-citoyenne : en clair, il estime ne pas être responsable de la misère sociale ou de la pollution qui sont liés aux entreprises dont il gère les capitaux. Il s'en dédouane au mépris des populations.

Ad VitamIl y a cet investisseur autrichien, implanté en Inde, et qui ne pense qu'à rentabiliser au maximum son activité, notamment en calculant comment résister à la nécessaire hausse des salaires de ses travailleurs, qui comme il le dit ne lui coûtent chacun que 250 euros de charge par mois, pour un salaire qu'il leur reverse à hauteur de 200 euros. Soit une économie de 50 euros par salarié, qu'il se fait sur leur dos chaque mois, multiplié par 500 salariés. Imaginez le côté déconcertant de ce personnage. « Les Occidentaux, nous résistons ici en Inde, mais pour combien de temps. Un jour l'Inde sera plus riche que nous. Je n'espère pas ! » Cet homme sera mis en parallèle d'images désastreuses de l'Inde : celle des travailleurs qui bossent dur pour gagner quatre sous : sont filmés les détritus qui surnagent à la surface des cours d'eau qui sont proches des habitats, avec ces nappes de fluides et d'huiles industrielles entre lesquelles, ces habitants puisent de l'eau pour boire et cuisiner. Un personnage bas en couleur comme ce docu-fiction en est peuplé par une demi-dizaine !

Il y a ce Britannique qui est un ancien conseiller financier du gouvernement Margaret Thatcher. Dans les années 1980 il eut pour mission de faire parvenir à Londres un maximum des capitaux mondiaux, afin de bâtir ce que le gouvernement voulait déjà bien appeler la « City ». Sauf que tout s'est fait au moyen d'une déregularisation totale des marchés et des flux de capitaux. Cet homme est donc là pour prolonger le soupçon de scénario de Let's make money. Le spectateur se voit d'abord montrer avec froideur les impacts sociales, économiques et environnementaux de l'activité de l'ombre menée par une élite mondiale, pour voir se resserrer petit à petit l'étreinte sur ces requins de l'ombre.

Ad VitamOn passe alors par le Burkina Faso, un des pays les plus pauvres du monde, alors que comme l'explique cet industriel africain cotonnier : il suffirait que les travailleurs du coton nationaux soient payés à la juste valeur du coton burkinabé (le meilleur au monde), pour qu'ils cessent de travailler pour rembourser leurs dettes. Et ces dettes se sont les leurs alors qu'elles n'ont jamais été que celles des grands financiers internationaux, qui avouent tous plus ou moins l'idée que plus un pays est pauvre, plus il est mal, plus il est au fond du trou via une révolution, une guérilla ou via une misère sociale, plus ils peuvent réaliser de profits en y investissant : acheter quand ça ne vaut rien, pour vendre quand la valeur a monté au meilleur. Alors, pendant que l'homme est montré comme la nouvelle marchandise des financiers, cet industriel burkinabé explique le rôle des pays industrialisés dans la détresse socio-économique de son pays : « Nous préférerions que cessent nos subventions reçues de l'ordre de 20 millions d'euros par an, et que la Banque Mondiale nous autorise de jouir pleinement et seuls, de notre industrie cotonnière, qui pourrait nous apporter 250 millions d'euros par an, permettant ainsi le développement de tout le monde. Mais nous sommes suspendus à des instances internationales qui en nous imposant leurs choix, nous gouvernent à leurs seuls profits. »

C'est ensuite au tour de la Banque Mondiale d'être élucidée : on ne sait pas qui y travaille et on croit qu'elle est autonome, mais lorsqu'elle décide au plan international sous l'apparence d'une indépendance, on oublie qu'elle est une banque aux mains des Etats-Unis. La finance devient l'instrument des profits de peu de gens, et des crimes envers la grande masse restante. Cet assassin financier, payé pour liquider le chef d'état qui refuse l'implantation de capitaux étrangers, ou le salir publiquement, est un autre boulot lié à la haute finance, qui est élucidé. Le gars dira : « Nous avons été obligé de mener une guerre contre Saddam Hussein, puisqu'il refusait nos offres, tout en restant hors d'atteinte de nos tueurs. »

Ad VitamLe Britannique revient alors en scène pour expliquer que les paradis fiscaux détiendraient avec Londres l'immensité des liquidités, des placements et de l'or mondiaux, et que si c'est 3 % de la population mondiale qui l'attire à elle perpétuellement, c'est en utilisant des prêtes-noms et des dédoublements de comptes dans les paradis fiscaux, et en multipliant pour une même identité, les organisations réelles ou fictives établies ci et là au Luxembourg ou dans les Îles Caïmans tout en protégeant les fonds à Londres.

Let's make money ! remonte donc la piste de votre argent, messieurs-dames : vous gagnez 1.500 euros par mois, et bien selon les banques, c'est l'entièreté de vos 1.500 euros qui sont réinvestis électroniquement dans des fonds spéculatifs qui financent eux, des créations de chaînes hôtelières en Espagne ou tombent dans les mains de ce financier de Singapour, donc en Asie, et puis à un moment ou un autre, votre salaire passe dans les mains de banques d'investissement établies dans un paradis fiscal. Faire de l'argent sur de l'argent, de préférence en investissant loin de l'Occident, c'est à dire là où les profits sont les plus juteux...tout en restant beaucoup plus risqués. Et le facteur risque de ces activités de marchandisation de l'homme, de son labeur et de son salaire, est exactement le fil rouge du film : vous comprenez ce que devient votre argent, mais en même temps que vous savez désormais, vous ne pouvez rien y faire, c'est trop tard. « A moins que les populations mondiales s'organisent pour faire cesser le néo-libéralisme », dira cet homme qui paraphera la fin du film, « après avoir marchandé les biens, les services puis l'argent, voilà que la prochaine victime sera inévitablement l'homme lui-même ! ». Pas joyeux tout ça.

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L'Homme des hautes plaines (Clint Eastwood - 1973)

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L’élève de Sergio Leone dirige avec L’Homme des Hautes plaines, son tout premier western. Des habitants d’un village reculé du Grand Ouest, lâches et vils, sont autant d’alibis pour Clint Eastwood, pour livrer un western à contre-emploi de ce qui se faisait, se détachant même de son maître Sergio Leone. Clint Eastwood donna ainsi lui-aussi, un énième coup de butoir à un genre malade d’en avoir trop fait, trop raconté, trop mythifié. Avant que les années 80 transpose le mythe du cow-boy chez des flics et en cadre urbain, avec le même idéal de justice violente à travers les polars, les années 70 allaient se gorger de westerns crépusculaires, où faute d’être non plus idéalisé ni héroïsé, le cow-boy allait devenir une bête avide, déloyale et violente. Clint Eastwood et son Homme des hautes Plaines se situent justement à mi-chemin : son personnage de solitaire est irascible et asocial en même temps que dangereux, tandis qu’autour de lui rampent une ribambelle de « vrais » hommes de l’ouest, ceux qu’ils retirent de la mythification exacerbée qui eut cours dans les westerns de l’âge d’or et après : ils sont faibles, lâches, vils, désemparés, reclus chez eux, isolés de la moindre aventure humaine, en clair ils n’ont de cow-boys que leur chapeau. Un réalisme « eastwoodien » en somme, entonné en un chant du cygne par une enveloppe fantastique crépusculaire et du burlesque moqueur.

 

                             Pitch

Clint Eastwood déchire son personnage chaque fois qu’il se comporte odieusement en envahisseur, auprès de ces villageois incapables de rendre justice en leur chapelle. Il les met tous à contribution, pour son propre service personnel. Faut dire aussi, qu’ils craignent le retour de trois truands qui à ce qu’ils disent, seront libérés de geôle prochainement. Cet « Etranger » de Clint, qui vient de flinguer trois autres truands tout en se faisant raser chez le barbier local, ne pouvait qu’être l’homme de la situation. Il avait débarrassé ces villageois de ces trois premiers bandits, les trois autres n’avaient plus qu’à venir pour qu’il les cueille seul. Sauf que la lâcheté et la faiblesse de ces villageois transpiraient très vite jusqu’à cet « Etranger » : ils étaient incapables de se défendre et ils lui faisaient un pont d’or. Il se moquera donc d’eux impunément, sachant que son flingue et son flegme suffiraient à repousser toutes leurs velléités de rébellion. Quant aux trois bandits relâchés, ils sont attendus…


 

L’Homme des hautes plaines semble comme fouetter le western pour ce qu’il a été à l’âge d’or, comme il fouettera à mort ce marshal qui ne peut plus rendre son devoir de justice. Le diptyque « hors-la-loi/justicier » tient là encore le haut du pavé, mais il ne sert plus que de vulgaire amorce à un scénario des plus non-conformiste. Il y a des instants de comédie, affligeante et moqueuse envers ces villageois, esclaves et dépendants. Leur impuissance suinte à chaque menace de l’ « Etranger ». Les trois truands qu’il avait refroidis étaient à la fois des gens infréquentables, à la fois les « roitelets du village ». Les plus cruels devenant aussitôt les protecteurs du village, son hôtel, son saloon, son shérif même (un parfait incompétent et cireur de bottes par la même).


C’est sous ces deux épées de Damoclès, les trois prochains truands qui allaient débarquer et cet « Etranger » irascible, que ces villageois demeureraient suspendus. Clint Eastwood passant alors la deuxième vitesse, en tant qu’acteur-réalisateur, pour asséner au genre du western deux nuances à contre-emploi, et d’autant plus décrédibilisant : l’humour et le fantastique. Là où La Horde Sauvage tuait le western sous les coups de sabots au galop d’une meute tout droit sortie de l’apocalypse, L’Homme des hautes plaines va peut-être plus loin encore : le justicier n’a jamais existé, le truand n’a jamais été un porte-flingue capable de tirer plus vite que son ombre.


Le cow-boy, en clair, n’a jamais été autre chose qu’un vacher, un gardien-berger associées aux grandes transhumances, jamais ô grand jamais un tireur brutal, un malhonnête qui génèrerait du coup des justiciers. Tout l’idéal et tout le mythe du cow-boy et du far-west sont jetés dans l’évier du barbier, d’entrée de film. Des hors-la-loi de cette trempe, il n’en a jamais vraiment vu de près, d’où ses tremblements incessants, ses questions idiotes et ses ratages à la coupe. Et puis ce maître d’hôtel dira bien, très vite, que les huit personnes qu’il héberge ne sont que des locataires qui travaillent dans le village. De simples travailleurs ! Imaginez !  Et ce nain, même ce nain subissant le grief quotidien d’être moqué, a trouvé sa place quand même, dans ce far-west raconté dans les livres comme si cruel et darwinien, habituellement. Non ! Clint Eastwood, avait bel et bien décidé de poser un décor réaliste, au milieu duquel il allait fondre les mythes fondateurs du western un à un, notamment celui de la loyauté, pour ensuite les déchirer un à un méthodiquement.


L’ « Etranger » allait redevenir un étranger, une personne qui en-soi, n’existait pas et n’existera jamais qu’au seul degré de fantasme, pour ces villageois esseulés. Une terrible histoire de flingue, mais à l’envers et contre toutes les idées reçues sur le cow-boy, le bandit de grand chemin, le shérif, le saloon et même sur le flingue ! Un grand western de son époque, celle de la mort du genre ! Clint Eastwood allait par contre comprendre, suite au flop de son film, que le western s’adresse à des spectateurs qui veulent encore y croire, il pondra alors trois autres westerns, notamment un Josey Wales hors-la-loi ou un Pale Rider, qui renoueront avec les mythes associés au far-west et aux cow-boys. Mais tout en gardant le froid réalisme qui enfin, donnera à l’élève de Sergio Leone, ses lettres de noblesse dans les années 90, avec Impitoyable.


Clint Eastwood garde toujours le dernier et le bon mot pour la fin ! D’ailleurs la fin de la version française de L’Homme des hautes plaines est tout-à-fait différente de la version originale. Et pour une fois, il vaudrait mieux pour vous que ce ne soit pas la version originale que vous regardiez. Quand l’original oriente tout sur le fantastique crépusculaire, la version française prend le soin non regrettable, de justifier les propos du film, en donnant une identité à….cet « Etranger » ! A découvrir…



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X-Men Origins : Wolverine (Gavin Hood -mai09)

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Hugh Jackman. Twentieth Century Fox FranceRésolument action, ce X-Men origins : Wolverine peine dans son scénario embryonnaire et ses interprétations parfois sommaires, mais quelle force dégagée dans les scènes coups de poing !


Pitch                                   
Après avoir intégré le programme militaire " Weapon X " qui transforme les mutants en armes vivantes, Wolverine et son frère Victor perdent la trace l'un de l'autre. Jusqu'au jour où celui-ci assassine la femme de Logan. Celui-ci crie vengeance mais n'est pas au bout de ses surprises. En face de lui se dresse une machinerie, expérimentant sur un seul mutant, l'ensemble des pouvoirs capturés sur d'autres mutants.


Hugh Jackman et Liev Schreiber. Twentieth Century Fox FranceL'intérêt de Wolverine réside dans son action survitaminée. Après les premiers déchaînements de bastons, l'attente de combats encore plus acharnés et de confrontations de plus en plus élitistes, se fait jour chez le spectateur. Attendre la confrontation intestine par exemple, ou encore celle tout aussi bestiale, entre le chasseur de mutants (que je ne nommerai pas) et les ex-compagnons d'élite de Wolverine. Et cette attente est rassasiée amplement, à travers une véritable décharge de puissance visuelle et d'effets spéciaux tous plus impressionnants les uns que les autres. Et heureusement, car mise à part cette décharge d'actions sensationnelles, rien ne vaut le scénario, ni les interprétations des 3 premiers opus. Hugh Jackman est là physiquement, point barre.

Hugh Jackman. Twentieth Century Fox FranceCelui-ci se place aux origines, se servant de la présentation de Wolverine et du pourquoi est-il aussi méchant, pour introduire la condition de mutants. A ce titre, tout commence donc au milieu du XIXe siècle, avec notamment des croisades martiales dans lesquelles Wolverine et son frère...de lames, croisent le fer avec les Sécessionnistes américains, les soldats de l'Axe de tranchée en tranchée pendant la Grande Guerre, puis les soldats d'Hitler pendant la Seconde guerre mondiale, puis la guerre du Vietnam. C'est pendant cette guerre qu'ils sont repérés pour leurs superpouvoirs, par un colonel d'infanterie de marine's.

Liev Schreiber. Twentieth Century Fox FranceAutant le dire tout de suite, la grande qualité de X-Men Origins se résume à son visuel. Que ce soit le montage accélérateur, ou l'appui incessant des effets numériques, cet opus à n'oublie pas, et c'est peu dire, de montrer en quoi ces lascars sont des mutants. Mais au plan scénario, il manque comme un soupçon d'intelligence. Il y a des accélérations de scénarios, il y a de ces scènes qui vous semblent abruties au niveau des répliques, nazes ou naïves. Il y a heureusement cette omniprésence du phénomène "mutant" de bout en bout. Dans leurs confrontations comme dans leurs rivalités et dans les peurs qu'ils suscitent.

Hugh Jackman. Twentieth Century Fox FrancePour faire simple, X-Men Origins est un peu la reprise du mythique The Killer pour donner une incarnation à un mutant pistolero, tout aussi asiatique que l'est Show-Yun-Fat d'ailleurs. Donnant des gunfights très bien copiés, mais en plus improbables encore, s'agissant de l'espèce humaine. C'est aussi la reprise du solitaire et fugitif, pourchassé par des hordes qu'il doit rendre justice. C'est un peu l'émulation et la jalousie entre frères. C'est aussi la faiblesse embryonnaire d'une love-story canadZienne. C'est aussi un "tourné en ridicule" des personnages "bas en couleurs" nazis, ces "médecins de la mort" que semble incarner cet étrange énergumène qui prétend devoir capturer tous les mutants pour leur prendre leurs substances, et donner toutes ces dernières à un seul et même mutant : son propre fils. Waouh !!  Pas très intéressant, sauf lorsque cette fameuse bête mutante, est enfin réveillée, pour le clou du spectacle.

Twentieth Century Fox FranceUne fin de film à l'image de tout le reste : une baston chorégraphiée et numérisée avec talent et force, pour un dénouement naïf et facile. C'est un peu ça X-Men Origins : Wolverine : vous prenez votre cerveau, vous l'enlevez de votre boîte crânienne, vous le déposez chez vous et vous allez au cinéma. En d'autres termes, X-Men Origins c'est beau, ça pète, mais ce n'est qu'un courant d'air qui, certes annonce une suite certaine, dans son happy end (qui concernera sans aucun doute la présentation du Professeur Xavier, et de son école pour jeunes mutants mal-aimés des humains).


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Tombstone (George Pan Cosmatos -1994)

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Tombstone est une ville légendaire du grand Ouest, dans laquelle revient aux affaires le non moins légendaire Wyatt Earp, en marshall des Etats-Unis. Vous l’aurez compris, Tombstone revisite sous la maîtrise d’une berline de luxe, le genre mythique du western, en des années 90 d’absence du genre. A ce titre, Tombstone représente avec Impitoyable et Mort ou Vif, une rareté du genre, totalement réussie.

Pitch                                            

L'évocation de la vie de Wyatt Earp, ancien marshal de Dodge City venu à Tombstone mener une vie paisible. Mais ses espoirs vont être contrecarrés par la présence de dangereux bandits.

 

Texas Jack, Wyatt Earp, Doc Holliday vous disent forcément quelque chose Ce sont des personnages aussi fictifs que mythique du western, un genre qui n’a jamais su rester modeste sur le cow-boy : la littérature d’abord puis le cinéma ont transformé ces simples vachers et gardiens de troupeaux en transhumance, en héros justicier, en pistolero, en vengeur violent, ou en sauveur de la veuve et l’orphelin. Genre mythique que le western, et qui voit ce Tombstone en jouer, sans se donner le moindre objectif d’hommage ni de parodie. Juste du vrai, passer pour vrai l’ensemble d’un mythe, celui du légendaire marshall des Etats-Unis, l’avide de justice Wyatt Earp, et compléter le rôle endossé par Kurt Russell, par le non moins héro Doc Holliday, campé par le non moins connu Val Kilmer. Si vous associez en face de ces deux hommes et des deux autres frères Earp, de vilaines tronches de truands du Grand Ouest, notamment celui dont la légende court qu’il est le pistolero le plus rapide de l’Ouest ( Johnny Ringo, interprété par Michael Biehn), vous obtenez un western à l’ancienne, livrant le sort de femmes, d’enfants, d’habitants de toute une ville à quitte ou double : ou les justiciers l’emportent ou les malfrats l’emportent pour de bon. Aucun après tout en nuance possible : le mal ad vitam eternam ou le bien pour l’éternité.



Tombstone maintient une opposition typique de bandes du début jusqu’à la fin, livrant la solidarité et l’esprit de sacrifice à la violence insane et aux mœurs apocalyptiques. Un combat qui revêt l’atmosphère d’un apocalypse, pour une ville du Grand Ouest suspendu dès lors au fil de ces menaces incessantes, ces coups de mains, ces coups de feu, ces assassinats. La Justice face à la vengeance aussi, puisque le premier cow-boy dégommé, sèmera la tempête dans tous les foyers. C’est à la fois cette atmosphère lourde qui baigne la ville, et ces actes de solidarité et violence qui prennent le spectateur en otage d’une intrigue qui n’en finit pas de surprendre. Car, étrangement, ce manichéisme primaire bien contre mal, est très bien nuancé, très bien complété par la palette de rôles secondaires. Les compagnes notamment qui turlupinent légèrement les Idéaux de ces messieurs et apportent une humanité totale à des habitants qui vivent dans l’angoisse du lendemain. Elles apportent un souffle poétique, un idéal de pardon notamment, mais aussi toute une gamme de compréhension des attitudes d’hommes, qu’elles soient dans le péché et la violence, ou dans la loyauté, dès lors que ni l’une ni l’autre n’a le droit de juger du sort si elle ne croit qu’en elle, sans prendre en contre l’opposition. Un peu complexe à expliquer de but en blanc, mais pour résumer, il y a dans Tombstone un manichéisme historique, épique et héroïque, typiquement machiavéliste, mais qui est formidablement nuancé, ton pour ton, par la présence remarquée de divers seconds rôles.

Tombstone est finalement resté à mes yeux, les dernier grand western capable d’évader le spectateur dans ses vertiges de paysages et dans ses héros pour mieux l’enfermer dans une histoire d’hommes, dont le sort impose forcément de prendre sur soi : se tempérer ou se perdre pour ses idées. Un western d’autant plus grand que les interprétations sont sans faille, aidées qu’elles sont, de la présence d’acteurs qui avaient déjà convaincus dans d’autres registres. Les costumes ne font pas tout dans un western, (bon travail du costumier Joseph Porro) ainsi que la reconstitution de la ville de Tombstone : il faut une bonne histoire, bien racontée. Tombstone est une bonne histoire et bien racontée, et ce, bien au-delà de la voix-off de narrateur de Robert Mitchum.

On notera que la sortie concomitante, en 1994, de Wyatt Earp avec Kevin Costner est une étrangeté qui est lié à la réussite inédite, deux ans plus tôt du genre au cinéma, à travers l’Impitoyable de Clint Eastwood. Et lorsqu’il s’agit de mettre toutes les chances de son côté pour surfer sur cette vague de réussite, mieux vaut emprunter un des mythes les plus puissants du western et du Grand Ouest, celui du marshal Earp, qui canalisa tous les fantasmes autour du cow-boy, véhiculé par la littérature et le cinéma : le justicier loyal et pistolero intransigeant par la même occasion, de quoi promettre beaucoup aux spectateurs. Mais quand Wyatt Earp échoua, Tombstone réussit à assumer le sursaut du western en ces années 90.



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