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james bond

Tuer n'est pas jouer (John Glen -1987)

Publié le

 

 

FICHE TECHNIQUE JAMESBONDIENNE

Etats-Unis, Grande-Bretagne / 2h10 min

Sortie mondiale : 16 septembre 1987

Réalisation : John Glen

Scénario : Richard Maibaum et Michael Wilson D'après l'oeuvre de Ian Fleming

Casting : Timothy Dalton (James Bond) , Maryam D'Abo (Kara Milovy) , Jeroen Krabbe (General Georgi Koskov) , John Rhys-Davies (General Leonid Pushkin) , Art Malik (Kamran Shah) , Joe Don Baker (Brad Whitaker) , Desmond Llewelyn (Q) , Robert Brown (M) , Andreas Wisniewski (Necros) , Walter Gotell (General Gogol)

Producteurs : Michael Wilson et Albert R. Broccoli Producteur associé Barbara Broccoli Producteur associé Tom Pevsner

Photographie : Alec Mills

Musique : Bill Conti , John Barry

 

La froideur théâtrale de Timothy Dalton est une chose qui a ses bons et ses mauvais côtés pour incarner James Bond. Sur ce point, statu quo. Par contre, en terme de cinéma d'action-suspense, Tuer n'est pas jouer traîne la patte. Aucunes étincelles, ce qui aurait dû être un renouveau comparé à l'ère Moore. Mais au final on se rend compte que rien ne tranche la sobriété de Dalton. Le film en devient d'autant plus monotone qu'il est logiquement orienté action-suspense. Une bizarrerie que ce Bond. Ni mauvais ni bon, mais sans aucuns éclats.

Pitch                                           

Après que Bond ait aidé un officier soviétique à traverser le Rideau de Fer pour passer à l'ouest, il découvre avec stupeur que celui-ci a été retrouvé et kidnappé. La piste le mène sur les traces d'une belle violoncelliste, Kara, qui va l'entraîner dans une suite de situations dangereuses, avec comme paroxysme une base militaire en Afghanistan où il doit stopper un trafic d'armes.

John Glen entamait là, son chemin de croix avec la franchise Bond. Et même signa sa fin comme réalisateur, à un navet près (The Point Men, avec Christophe Lambert). Après ce Tuer n'est pas jouer, Glen honorera le dernier Bond de son contrat, et puis plus rien. Lui et Dalton formeront ainsi une paire malheureuse. Dalton étant remplacé à l'issue de sa deuxième participation par Pierce Brosnan, pour un Goldeneye résolumment rénovateur. Davantage monteur que réalisateur à la base, John Glen a dû atténuer une absence criante de rythme, bien que cela ne soit pas suffisant. Si Tuer n'est pas jouer plaira énormément au public féminin, les aficionados de la saga ne s'y retrouveront jamais.

Le chef d'oeuvre des Bond selon les femmes, est en quelque sorte une bête malade en ce qui concerne les forces principales des Bond. Timothy Dalton est un vrai acteur de théâtre, et un bon. Reconnu par ses pairs en Grande-Bretagne, sur les planches, il a érodé sa réputation en acceptant enfin d'incarner Bond. Il avait refusé pour On ne vit que deux fois, en suppléance de Sean Connery, le voici accepter au moment où il n'aurait pas fallu. Un John Glen arrivé au bout, des producteurs à cours d'idées, et malheureusement pour Timothy Dalton une monotonie, un calme et des monologues intellectuels qui se fondront beaucoup trop dans ce cadre essoufflé. Dalton ne tranchera jamais avec les insuffisances montrées par John Glen. Elles sont simples : pas de séquences d'action travaillée avec innovation (Bond avait toujours été à la pointe pourtant), une sobriété qui va jusqu'à proposer des séquences de cascades tout-à-fait conventionnelles, une touche charme et des épices à suspense complètement raplapla. Après, il devient difficile pour Dalton d'imposer son jeu et son acting séduisant, froid (et rassurant auprès des femmes), dès lors qu'on oublie de le fondre dans un décor totalement contraire. Là où il aurait dû être sublimé par des séquences qui bougent, Dalton se noie dans le décor.

On notera par ailleurs, le très faible charisme des ennemis à abattre, mais bien heureusement, une crédibilité dans le déroulé du scénario, qui se veut sérieux. L'enquête menée par Bond utilise enfin des éléments sérieux voire sophistiqués (utilisation des contacts étrangers, aucunes facilités de scénario ni de concours de circonstances facilitant les rencontres inopinées). Un Bond sans flons flons donc, mais sans étincelles non plus.

 

   Jeu d'acteurs   

Timothy Dalton:) :) :( :(

Maryam D'Abo:) :( :( :(

Jeroen Krabbe:) :( :( :(

 

Note Action     :) :( :( :(

Aucunes surenchères, et cela faut du bien après l'ère Moore, relativement extravagante. Mais aucuns éclats nulle part, au gré de séquences d'action lourdes, rouillées, ou tout simplement mal inspirées. On ne doute pas que la séquence finale avec l'avion a inspiré depuis, mais aucune cascade ne sort des conventions en matière de spectacle, et aucune bastonnade ne relève d'une vraie, belle et longue chorégraphie. On notera à ce titre, le gâchis du face-à-face entre Bond et l'agent soviétique dans l'avion puis sur le filet suspendu au-dessus du vide.

 

Note Charme       :) :( :( :(

Comment vous dire...si Maryam D'Abo n'est pas moche, elle ne répond pas non plus aux codes des Bond. La franchise a voulu un rôle féminin fort, elle l'a eu. Mais pour ce qui est du charme, du glamour, tout s'évapore. Pourquoi pas, mais encore une fois cela participe à enfoncer pour de bon Tuer n'est pas jouer et son Dalton, dans une monotonie sans saveurs.

 

Note James Bond     :) :) :( :(

Cette note tient compte de la connectivité de ce Tuer n'est pas jouer avec le reste de la saga et sa fidélité envers l’univers créé par Ian Fleming. On continue de se rapprocher encore et toujours, à petit feu, du Bond de Fleming, mais Timothy Dalton tranche beaucoup trop avec l'univers grandiose décrit chez Fleming. Tuer n'est pas jouer s'inscrit dans la saga avec réussite, bien qu'il montre des signes d'essoufflement dans la mise en valeur des forces des Bond : le rythme, le suspense, l'action.

 

 

 

 

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Jamais plus jamais (Irvin Kershner -30.nov.1983)

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FICHE TECHNIQUE JAMESBONDIENNE

Grande-Bretagne, Allemagne, Etats-Unis / 2h15 min

Sortie mondiale : 30 novembre 1983

Réalisation : Irvin Kershner

Scénario : Lorenzo Semple Jr. D'après l'oeuvre de Ian Fleming .

Casting : Sean Connery (James Bond), Klaus Maria Brandauer (Maximilian Largo), Barbara Carrera (Fatima Blush), Kim Basinger (Domino Petachi), Max von Sydow (Ernst Stavro Blofeld), Bernie Casey (Felix Leiter), Edward Fox (M), Alec McCowen (Q), Pamela Salem (Mlle Moneypenny), Valerie Leon (La femme aux Bahamas).

Producteurs : Jack Schwartzman , Coproducteur Kevin McClory, Producteur exécutif Kevin McClory, Producteur associé Michael Dryhurst.

Photographie : Douglas Slocombe

Musique : Michel Legrand

 

Un peu d'orgeuil pour Sean Connery, qui veut signifier un bon coup combien tout James Bond c'est lui à la base, dans un 007 officieux, non reconnu par le producteur Broccoly et la famille qui exploite la franchise. Et ça se sent beaucoup concernant l'absence de promotion, de gadgets en folie ou de « grandiose en veux-tu en voilà ». Ce qui fait que Jamais plus Jamais est relativement réussi dans son genre.

                                                         Pitch

James Bond a vieilli. Il est considéré par ses supérieurs comme étant bon pour la retraite. Mais lorsque la paix du monde est menacée par une organisation criminelle, bien obligé de faire appel à 007 !

L'espiègle Sean Connery décide là, en 1983, d'aligner la maison de production Broccoli. La franchise sortait Octopussy la même année que cet officieux 007. Roger Moore n'avait qu'à bien se tenir, allait se dire la production de la franchise 007. Mais il faut croire que le match des égos est nul. En 1983, Octopussy est artistiquement réussi, tandis que Jamais plus Jamais ne souffre que d'un seul défaut : sa distribution en salles. Forcément, les bâtons dans les roues, ça existe. Le savoir-faire aussi ? Pas forcément. Jamais plus jamais est sobre en tout point, quand Octopussy restreint l'extravagance affichée avec flon-flon dans Moonraker plus tôt. Mais la franchise ne céda pas pour autant face au « scélérat » Connery. L'extravagance d'Octopussy on la retrouve tout simplement dans ses palais ou son Inde verdoyante. Et les gadgets de Bond persistent. Jamais plus jamais dit stop à tout cela, quant à lui, et il le serait à moins quand on sait que la production Broccoli lui a forcément savonné les planches : restriction budgétaire, pas d'objets promos qui pourraient rapporter, mais à la place une sobriété dans les cascades, l'action, le suspense.

Il est clair que Jamais plus jamais n'est pas un mauvais James Bond sous prétexte qu'il n'appartient pas à la franchise. Au contraire, il apporte une bouffée d'air qui sera réutilisée ensuite par la franchise. Plus de sobriété sous l'ère Brosnan/Craig, moins de flons-flons à travers le remplacement du so british Roger Moore par l'obscur acteur de théâtre Timothy Dalton, des ennemis moins extravagants dans leurs idées, etc. Sean Connery fait en outre bonne impression en remettant son costume adoré, celui qui l'a rendu célèbre et qui avait, il faut le rappeler hnnêtement, lancer la saga de Fleming sur grand écran avec difficultés...mais réussites à la clé. Vieillissant certes, mais Moore n'en menait pas si large que ça, par comparaison.

Quant aux séquences typiques des James Bond officiels, elles sont là et bien là, avec semble-t-il, un effort immense réalisé pour rendre crédible quoi que ce soit, tout en assumant l'humour un peu léger qui habille le tout. Ceci dit, il y a dans Jamais plus Jamais des facilités de scénario qui malheureusement, relaient cet officieux 007 dans la catégorie de ceux de l'avant-Daniel Craig : celle des facilités de scénario. Sous Pierce Brosnan, Roger Moore et Connery, il faut bien admettre que tout repose sur quelques personnages hauts en couleur, qui, très bizarrement et très maladroitement, semblent toujours se trouver ou se retrouver incognito, alors que leurs pérégrinations sont à la démesure de leurs ambitions !! Ce qui fait qu'on ne peut pas du tout aller jusqu'à dire que Sean Connery dans Jamais plus jamais, c'est un effort pour aller vers du vrai. On reste dans du spectacle grand public. Daniel Craig par contre, dispose actuellement, dans Casino Royale ou Quantum of Solace, d'un aspect hypertrophié de l'humain qui était dans le James de Fleming. Ce qui a permis à la saga de passer le siècle et de coller aux codes actuels. Sean Connery, malgré ses clins d'oeil dans le film, à son coup de poker et son audace, passe malheureusement pour à la fois un James Bond dépassé et un acteur qui en fait trop par amour-propre. Dommage.

 

Jeu d'acteurs

Sean Connery:) :) :) :(

Le costume lui va si bien

Klaus Maria Brandauer : :) :) :) :(

Un vrai talent déjà reconnu à l'époque

Kim Basinger : :) :( :( :(

Un peu trop « poupée »

Barbara Carrera :) :( :( :(

En rôle fort sinon rien face caméra

 

 

Note Action  :) :) :) :(

Aucunes surenchères, et on s'en portera d'autant mieux, mais une mise à profit judicieuse d'une poursuite en moto et R5 GT, ou encore des séquences sous-marines audacieuses avec les requins. Sobre mais efficace.

 

Note Charme :) :) :) :)

Kim Basinger avait tout pour réussir, disait-on à l'époque. Hormis son acting désuet, la belle captive la caméra. Ne pas oublier Barbara Carrera non plus, une belle tigresse jusqu'au bout des ongles, avec force de caractère, ni oublier ces femmes utilisées pour leur physique, en bikini en bord de piscine par exemple, qui apporte à Jamais plus Jamais un laisser-aller sexy qui tranche avec les James Bond officiels contemporains de cet officieux 007. Quant à Sean Connery, laissons parler les femmes ce serait mieux, mais il faut bien avour qu'il se la pète avec son costume. Un costume fait définitivement pour lui dans les mémoires ? On se demande toujours...quand on se penche sur sa succession au rôle-titre.

 

Note James Bond  :) :) :) :(

Cette note tient compte de la connectivité de ce Jamais plus jamais avec le reste de la saga et sa fidélité envers l’univers créé par Ian Fleming. La connectivité avec l'univers décrit par Ian Fleming reste dans cette violence dégagée par l'oeuvre originelle, tout en se démarquant de la façon de faire de la franchise. Point de musique officielles certes, mais un coup de poker pour l'espiègle Sean Connery, qui déboulonne le flegme hypertrophié de Roger Moore, et lui dégonfle quelque peu son cigare montré dans le contemporain ennemi direct de Jamais plus Jamais : Octopussy (réussi en matière d'extravagance pour sa part). Cette sobriété, cette absence de promotion et cette authenticité de Sean Connery dans ce rôle, font de Jamais plus Jamais, un beau pied de nez à la maison de production de la franchise. De quoi obliger à quelques efforts pour le prochain Moore, Dangereusement Vôtre en 1985.


 

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Casino Royale, l'ultime et fatale surenchère de la saga James Bond ?

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En discutant avec quatre amis sur Casino Royale, il était très clair que James Bond divise. L’un est catégorique : il n’accroche pas, il n’aime pas. Un autre parle d'un bon divertissement. Un autre parle d’un Daniel Craig trop « petit » pour endosser durablement ce rôle, voire pour pérenniser cette saga vieille de près de 50 ans.

 

J’'ai fait l’'arbitre, non sans resserrer les débats sur Casino Royale. J’'y vois en effet un bon James Bond, mais susceptible d'’être l’'exception qui ne confirmera pas la règle. Je pense qu’'il est un des tous meilleurs, autant que je pense que les prochains épisodes seront bien inférieurs. Casino Royale c'’est un peu l’'histoire d’'un apprenti agent secret, qui donc bénéficie d'’un rôle en or massif pour bien relancer une saga. Et orienter celle-ci vers plus de réalisme. Daniel Craig saigne comme jamais James Bond a saigné dans tous les épisodes cumulés. Et j’ai trouvé cela humble de la part des producteurs. Un grand effort de script. Ça m’a beaucoup plu cette histoire du dur qui veut obtenir le matricule 00 (permis de tuer). Cela donne un agent secret plus terre à terre, moins extravagant, et donc plus parlant. Après, et le connaisseur de la saga avec qui j’ai discuté est d’accord, je pense que les prochains épisodes seront aussi médiocres que les deux derniers Pierce Brosnan. Avec une omniprésence du marketing déguisé, et surtout avec un agent secret qui sera moins humble, puisque désormais formé et apte. Car je ne fais pas de Daniel Craig un grand acteur, et je si je fais de son regard froid et de son gabarit animal un atout pour ce rôle, il lui manquera obligatoirement le flegme de Sean Connery, l’ironie joueuse de Roger Moore, voire la prestance du costard de Pierce Brosnan. Ce ne sont que des détails. Mais ce sont malheureusement les principaux traits de caractère du personnage légendaire créé par Ian Fleming. Et si Martin Campbell a montré qu’il peut révolutionner et relancer les vieilleries de la saga (Goldeneye en 1995, Casino Royale récemment), il n’est pas sûr qu’il s’engage pour un prochain épisode. Car à chaque fois que la saga se relance, on refait appel au marketing déguisé, à l’extravagant « commercial », et à la promotion vendeuse….tout cela au détriment du budget consacré à l’écriture du scénario, à la mise en scène, au montage et au casting. Et c'est tout ce qu'évite Martin Campbell. Quand on fait appel à lui, on lui laisse presque carte blanche Si je suis d’accord avec l’un de mes amis sur l’incapacité de Craig à faire de vieux os, si je suis d’accord avec un autre sur la qualité de ce Casino Royale, je suis aussi d’accord avec eux pour dire que les suites qui seront données ne seront malheureusement pas de la même trempe au plan humilité et côté terre-à-terre…Affaire à suivre !

 Daniel Craig, néo-James Bond, vacillera-t-il ?? L'histoire de la Rome antique a montré que de simples "précédents" partaient de terribles enchaînements irréversibles. Et si l'humilité de Casino Royale condamnait la saga pour la seule raison que les suites ne seraient plus aussi...humbles ?

 

 

 

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Goldeneye (Martin Campbell -1995-)

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***FICHE TECHNIQUE JAMESBONDIENNE***

Eats-Unis/Royaume Uni / 130 min

 

Sortie mondiale : décembre 1995

 

Réalisation : Martin Campbell

 

Scénario : Michael France, Bruce Feirstein et Jeffrey Caine

 

Casting : Pierce Brosnan (James Bond 007), Sean Bean (Alec Trevelyan 006), Izabella Scorupco (Natalya Simionova), Famke Janssen (Xenia Onatupp), Joe Don Baker (Jack Wade), Judi Dench (M), Robbie Coltrane (Valentin Zukovsky), Tchéky Karyo (le ministre de la Défense russe), Gottfried John (colonel Ourumov), Alan Cumming (Boris Grishenko), Samantha Bond (Miss Moneypenny)

 

Producteurs : Barbara Broccoli, Michael G.Wilson

 

Effets spéciaux : chris corbould

 

Cascades : simon crane et rémy julienne

 

Photographie : Phil Meheux

 

Musique : Eric Serra

 

Musique générique : Tina Turner « Goldeneye »

 

 

 

 

 

 

 

Avant-goût          avec une séquence d’introduction où 007 saute à l’élastique du haut d’un barrage hydraulique puis effectue un vol plané lui permettant de regagner un avion en chute libre et de reprendre les commandes de l’appareil….Goldeneye renoue avec brio avec les James Bond de l’ère Roger Moore. Martin Campbell avait une épée de Damoclès au-dessus de la tête : à savoir qu’il devait relancer la saga après les échecs de Timothy Dalton et le grand vide laissé entre ce Goldeneye et le précédent James Bond (Permis de tuer en 1989, soit 6 ans de vide anormal puisque les films se succédaient tous les deux ans). Martin Campbell a bénéficié d’un scénario sans cascades invraisemblables. Il y aussi cette caméra épurée et allant à l’essentiel de Campbell. Deux bons points ! L’autre bon point ? Pierce Brosnan ! Imaginez que ni Martin Campbell ni Pierce Brosnan n’ait assuré…..eh bien je ne sais pas si la saga aurait continué… Les producteurs avaient gonflé l’enveloppe budgétaire de 20 millions $ de plus que lors du dernier opus (Permis de tuer) afin de donner toutes les chances au film de pouvoir relancer la saga.

 

Pitch          l a station radar sibérienne de Severnaya ne donne plus aucun signe de vie. Le MI-6 en conclut à une attaque radio-magnétique de grande ampleur que seul un satellite dirigé par des experts peu scrupuleux peut provoquer. James Bond doit mener l’enquête. Il s’agirait d’une carte magnétique du nom de « Goldeneye » qui serait à la source du contrôle de ce satellite terroriste. James Bond part en Russie tandis que le général Ourumov affirme au ministre russe de la Défense que cette attaque était commanditée par des rebelles sibériens. 007 devra défier ce colonel de l’Armée Rouge et son supérieur : un certain Alec Trevelyan, alias 006.

 

 Alec Trevelyan, agent du MI-6 qui conspire contre sa chère Angleterre. L'un des salauds les plus charismatiques de toute la saga, qui envisage de détourner le satellite "Goldeneye" pour pulvériser Londres par une attaque radio-magnétique de grande ampleur. Son duel contre 007 promet beaucoup...et tiendra toutes ses promesses !!

 

 

Avis            ce film fait perdurer le côté « terre à terre » de l’ère Dalton tout en alliant des effets visuels, des cascades digne de l’ère Roger Moore et un humour digne de l’ère Sean Connery. La recette de cette relance réussie de la saga tient là selon moi. Toutes les cascades et les effets spéciaux de ce James Bond sont crédibles : l’éjection depuis le cockpit d’un avion plastiqué d’explosifs, la course-poursuite en char blindé dans les rues de St-Pétersbourg (séquence énorme !), le saut à l’élastique, l’émergence d’une gigantesque antenne radar depuis les flots d’un grand lac… Le générique de Tina Turner casse la baraque…et ce Goldeneye a suivi le sillon tracé par cette mélodie, s’en montrant digne !

 

Il y a aussi ce dépaysement total qui fit la force de l’ère Roger Moore : Pierce Brosnan ira de la Côte d’Azur à Cuba en passant par la Russie. L’ambiance de la Russie post-guerre froide est monumentale : elle est obscure, lourde et poisseuse avec toutes ses reliques de l’ère soviétique (l’armée rouge, les agents doubles, les ex-agents du KGB qui retournent leur veste, etc…). Il y a aussi ce charisme du « méchant » puisqu’il s’agit d’un collègue de boulot de James Bond : il s’agit du redoutable agent 006 du MI-6 !  Et il n’est pas seul puisqu’il a deux bras droit de taille : Xenia Onatupp, une géorgienne qui couche pour tuer sadiquement, et le colonel Ourumov, un grand conspirateur qui n’a peur de personne d’autres que de 006.

 

Les deux bras droit de Trevelyan 006 : Xenia Onatupp (à gauche), le colonel Ourumov (à droite)

 

 

La bande-son du français Eric Serra est très adéquate même si elle rappelle parfois trop celle de Léon. Mais ce n’est pas facile pour Eric Serra de bosser la même année sur deux projets en même temps : Léon et Goldeneye ont été conçus à moins d’un an d’intervalle. Il y a aussi et surtout peu de gadgets promotionnels, en tout cas pas autant que dans les trois james bond suivants de Brosnan. Ça permet de ne pas irriter le spectateur autant que lors des trois derniers opus en date, qui sont truffés de marques. A tout casser je recense dans Goldeneye la montre dont la marque est dit vite fait bien fait par 007 et le bolide décapotable bleu d’une puissante berline de marque bavaroise. Mais la voiture n’est pas encore rendu au stade de l’arme de destruction, du genre lance-missile ou autres, et ça c’est un très bon point. C’est une belle voiture digne d’un agent secret…point final. Cet embryon de promotion fait que je classe ce Goldeneye parmi les meilleurs James Bond de l’histoire, et le meilleur avec Casino Royale de ces vingt dernières années ! Mon avis ne tient pas seulement à ce respect du spectateur au plan de la promotion mais tient aussi de tous les bons points que j’ai énuméré plus haut.

 

Bon, il faut bien énumérer quelques défauts, sans quoi mon rôle de critique ciné ne servirait à rien. Comme défaut je pense aux quelques facilités de scénario qui concourent à ce que James Bond mène son enquête au bout, par exemple la chance qui lui sert deux fois à se sortir de grands périls ou encore la vitesse avec laquelle il élucide l’affaire. Quelques gimicks d’Eric Serra sont mal appropriés, notamment lorsque 007 plastique les bombonnes de gaz en tout début de film. Ça encore c’est léger. Je cherche d’autres défauts….mais je n’en trouve pas. ah si ! Le doublage des personnages russes me semblent mauvais : ils ont un accent haché qui m’irrite un peu. Mais bon…je cherche la petite bête parce que qu’est ce qui m’empêche de le voir en VO ! Un très bon James Bond qui ne triture pas le cerveau tout en en mettant plein la vue ! Onze ans après, le néo-zélandais Martin Campbell relancera la saga une seconde fois avec Casino Royale…là encore malgré un délicat passage de témoin entre deux acteurs principaux différents.

 

    Jeu d'acteurs     

Pierce Brosnan : :):):):(

Sean Bean : :):):):(

Famke Janssen : :):):(:(

Izabella Scorupco : :):):(:(

Gottfried John : :):):(:(

 

Tchéky Karyo : :):):(:(

 

 

 

 

 

Note action                   :):):):)

 

ð cascades très crédibles tout en étant surprenante, notamment la poursuite en char dans les rues de St-Pétersbourg.

 

 

 

Note charme                :):):):(

 

ð la Xenia Onatupp (Famke Janssen) est un peu trop garce à mon goût pour être une beauté fatale. Mais son rôle renoue avec les grandes méchantes coriaces de l’ère Roger Moore. Quant à Natalya Simionova (Izabella Scorupco) elle est très charmante mais un peu trop effacée dans son rôle (un rôle de james bond girl pas assez fort à mon goût)

 

 

Note James Bond          :):):):)

 

ð cette note tient compte de la connectivité de ce Goldeneye avec le reste de la saga et sa fidélité envers l’univers créé par Ian Fleming. Pour ce qui est de la connectivité c’est du tout bon : Pierce Brosnan reprend le flambeau du rôle titre avec ce brin d’humour et une prestance digne de l’espion créé par Fleming. L’intrigue post-guerre froide n’est pas sans rappeler un des thèmes principaux chers aux romans de Fleming : l’opposition ouest-est. Le scénario de Goldeneye n’est pas une créature de Fleming puisqu’il ne l’a jamais écrit. Mais Michael France, Bruce Feirstein et Jeffrey Caine ont su créer un épisode fidèle à Fleming, à commencer par le nom donné au satellite terroriste, « Goldeneye », qui n’est autre que le nom de la villa jamaïcaine où Fleming aimait se retirer pour écrire ses romans.

 

 

 

 

 

 

Pierce Brosnan devient en 1995 le cinquième James Bond de l'histoire, avec des qualités qu'il a partagé longtemps selon les aficionados avec le grand Sean Connery (humour cynique, prestance et charisme) jusqu'à ce qu'un fort packaging marketing ne viennent saborder toutes les qualités qu'il avait démontré dès ce premier opus dans les trois films suivants.

 

 

 

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Rien que pour vos yeux (John Glen -1981-)

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FICHE TECHNIQUE JAMESBONDIENNE

Durée : 123 min

Réalisation : John Glen

Casting : Roger Moore (James Bond); Carole Bouquet (Mélina Havelock) ; Lynn-Holly Johnson (Bibi Dahl) ; Julian Glover (Aristotle Kristatos); Cassandra Harris (la comtesse Lisl) ; Chaim Topol (Columbo) ; Desmond Llewelyn (Miss Moneypenny) ; Lois Maxwell ; Charles Dance (Claus) ; Jill Bennett.

 

Production : Albert R. Broccoli, de Eon productions-United Artists

 

Budget : 28 millions $

 

Sortie mondiale : 1981

 

Scénario : Richard Maibaum et Michael G. Wilson

Effets spéciaux : John Evans

Cascades : Bob Simmons et Rémy Julienne

Musique : Bill Conti

Montage : John Grover

Photographie : Alan Hume

 

 

Avant-goût  réalisateur pourtant de 6 James Bond, John Glen ne fait pas des prouesses dans sa mise en scène, de type série B, ni dans son choix de bande-son. John Glen garde tout de même un goût prononcé pour les séquences d’action-cascade, qu’il supervise avec un certain talent au regard de son époque. Et c’est un peu ce qui sauve le tableau général de ce Rien que pour vos yeux, qui tombe certes dans du divertissement d’action-suspense sans intrigue puissante, mais qui divertit…Bon, c’est un peu une nécessité voire un poncif, venant de la saga James Bond…

 

Pitch  un bateau espion du Royaume-Uni, sombre dans les eaux albanaises après avoir heurté une mine, engloutissant avec lui l'ATAC, système top secret de lancement de missiles. Les services secrets britanniques déclenchent une opération sous-marine discrète pour récupérer l'appareil. L'opération est conduite par un couple d'archéologues marins, Timothy et Iona Havelock. Mais le tueur cubain Hector Gonzalès interrompt brutalement les recherches en assassinant le couple sous les yeux de sa fille Mélina. James Bond entre alors en scène et s'en va enquêter, secondé de la séduisante et vengeresse Mélina, sur les liens de Gonzalès avec le système ATAC...

 

Avis  qui ne craquerait pas devant les deux saphirs de Carole Bouquet ? Eh bien ce n’est pas tout. Carole Bouquet est la première JamesBond girl à être le pendant de James, avec une profondeur de rôle jamais atteinte jusqu’alors, en tout cas avant Maud Adams. En France on connaît assez Carole Bouquet pour se demander ce qu’elle pouvait faire dans un James Bond. Car il faut se le dire, ce n’est pas un de ses rôles phares. Un regard, un visage d’ange mûr, une noirceur de cheveux ténébreuse…Carole Bouquet correspondait aux attentes des producteurs, à ceci près qu’elle n’a accepté le rôle que s’il la revêtait d’un statut de femme forte. Alors si c’est un peu tiré par les cheveux parfois, elle tire à l’arbalète, visant dans le mille, elle règle ses comptes personnellement, en vrai agent secret, elle seconde James jusqu’à la fin en résistant à ses avances. Quelques avances ou si peu en fait, car le baiser se fait attendre, et les allusions sont quasi inexistantes. Carle Bouquet a du donc obliger la production à ne pas la soumettre à un dénudement ni à un rôle de femme objet. Tant mieux pour elle, et tant mieux pour l’avenir de la saga, qui verra débarquer après elle des Maud Adams en syndicate du crime organisé, une Michelle Yeoh en agent secret chinois ou encore Eva Green en beauté fatale de tout premier ordre. Passons outre Carole Bouquet et constatons quand même que la première heure est poussive. On tombe parfois dans du surfait, dans de la série B, que les musiques n’aident pas du tout, au contraire. John Glen se permet une petite fantaisie que Belmondo, Lautner et Verneuil ont déjà réussi mieux que lui : une course-poursuite infernale sur terrain escarpé et sinueux. La fantaisie est là tout de même, puisque le montage permet quelques effets de conduite, et que la voiture de James n’est autre qu’une bonne vieille 2CV. Ça paraît tout de même bien kitsch voire ringard aujourd’hui. L’ensemble du film, malheureusement, garde cette niaiserie ambiante, tant musicale qu’au niveau des interprétations et de la mise en scène. Le montage ni fait alors pas grand-chose. Ce qui est mauvais se voit. Alors l’intrigue se tord et se tord à mesure que les amis se dévoilent ennemis. John Glen sert ainsi un déluge de séquences d’action où James Bond est constamment surpris par l’ennemi, où qu’il aille. Pourquoi pas, surtout que c’est assez bien fait.

 John Glen réussit parfaitement certaines séquences comme le traînage du couple Moore/Bouquet par un yacht dans une mer bourrée de requin, et que le moindre accrochage du couple contre les coraux fait gicler du sang qui les attire. Très bien vu. Il y a aussi cette sublime tension autour de l’ascension d’une paroi de 80 mètres par Moore. Un garde aperçoit le coup fourré du haut de la paroi rocheuse et décide de régler son compte à James en descendant en pseudo-rappel. Les prises de vues et le vide sont stupéfiants. C’est un peu quelque chose qui a été copié par Cliffhanger, si vous voyez un peu.. Par contre les plongées sous-marines du couple Bouquet/Moore, outre le plaisir bleuté de réalisme, pille un peu trop le concept « dent de la mer » de Steven Spielberg. Avec même la musique angoissante de circonstance. Mais comme ce n’est pas un requin qui surgit mais un homme portant un scaphandre blindé, on retombe dans le bon-goût de la saga de vouloir mettre James aux prises avec les innovations techniques. Ce qui est une force du film, l’invisibilité de l’ennemi, est aussi malheureusement une autre de ses faiblesses. Puisque le spectateur ne doit rien savoir sur le vrai ennemi de 007, eh bien chacun des ennemis qui relève le précédent manque systématiquement de charisme. Cela devient un défilé d’ennemis qu’on ne croyait pas l’être, ce qui fait que James Bond n’a pas un ennemi charismatique à combattre, en tout cas de la trempe de Christopher Walken dans Dangereusement Vôtre, du Chiffre dans Casino Royale ou encore du Dr No. Une déception majeure, car on retombe dans de l’action de divertissement, avec une mise en scène et une bande-son de série B, sans intrigue prenante et sans aucun humour. C’est froid, c’est formel, ça manque d’étincelles, c’est au final bien creux pour un James Bond, bien qu’innovant en termes d’action pure…

 

 

  Jeu d’acteurs 

 

 

Roger Moore :):):(:(

Carole Bouquet   :):):(:(

 

 

 

 

 

 

Note « boss » :):(:(:(

ð Ennemis pluriels, donc à chaque fois très peu charismatiques. Créant en tout cas peu d’attentes chez le spectateur. Parmi les ennemis les plus sérieux, Julian Glover, aperçu dans Star Wars en général de Dark Vador, et plus tard tenant le rôle de l’archéologue pro-nazi de Indiana Jones et la Dernière Croisade. Les autres sont au stade du « flanc »..

 

 

 

 

Note « action » :):):):(

ð Deux séquences majeures, qui durent faire grand bruit dans les salles obscures en 1981, un petit dépoussiérage du concept de course-poursuite automobile, et une baston à 30 mètres au ofnd de l’eau. C’est pas mal du tout. De toutes façons, c’est l’épine dorsale de ce James Bond, de l’action, de l’action et encore de l’action.

 

 

 

 

Note « charme » :):(:(:(

ð Le regard de Carole Bouquet crève l’écran, et elle devait sûrement être très tôt au courant du tournage au vu de ses deux saphirs imbattables. Les autres actrices du film sont vraiment à oublier au plan de l’acting pure, sans parler du scénario qui les dévalorise énormément.

 

 

 

 

Note « james bond »  1,5 / 4

 

 

 

 

 

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L'homme au pistolet d'or (Guy Hamilton -1974-) : comparatif livre/film...

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***FICHE TECHNIQUE JAMESBONDIENNE***

 

Réalisation : Guy Hamilton

 

Casting : Roger Moore (James Bond); Christopher Lee (Scaramanga); Britt Ekland (Mary); Maud Adams (Andrea);  AdamsHerve Villechaize( Nick Nack); Lois Maxwell (Miss) Moneypenny); Bernard Lee (M) ; Michael Goodliffe (chef d'équipe); Desmond Llewelyn (Q); Clifton James (Shérif Pepper); Soon-Tek Oh (Lieurenant Hip).

 

Scénario : Richard Maibaum et Tom Mankiewicz, d’après l’œuvre de Ian Fleming

 

Producteurs : Albert R. Broccoli et Harry Saltzman

 

Budget : 7 millions $

 

Effets spéciaux : John Stears

 

Cascades : Raymond Poulton

 

Musique : John Barry

 

Générique de film (musique) : « the man with the golden gun », du groupe Lulu.

 

Photographie : Ted Moore et Oswald Morris

 

Montage : John Shirley et Raymond Poulton

 

 

Avant-goût     c’est une petite déception. Petite, car le roman dont il est tiré est lui-même décevant de par ses facilités. Voici donc une critique de L’homme au pistolet d’or, avec bien entendu un comparatif entre l’œuvre originale de Fleming, et ce film de Guy Hamilton…

 

Pitch    à Bangkok, James Bond affronte le tueur a gages le plus efficace et le plus cruel, Scaramanga, l'homme au pistolet d'or.

 

 

Avis    l’enquête originale que faisait mener Ian Fleming à James Bond était trop « facile », limite ringarde. Guy Hamilton à la réalisation, Richard Maibum et Tom Mankiewicz au scénario se sont efforcés d’atténuer ce manque d’intérêt que pouvait avoir le lecteur. Dans cette affaire il s’agissait de faire un spectateur plus heureux qu’il n’avait fait de lecteurs heureux !  Dans le roman d’abord, James Bond arrive en Jamaïque pour trouver et assassiner Scaramanga, alias le « tueur au pistolet et aux balles d’or ». Fort heureusement, bien que ne sachant pas du tout vers quel point de l’île converger, James tombe par hasard sur ce Scaramanga…dans un vulgaire bar de Kingston, faisant aussi office de bordel. Encore plus facile pour lui, voilà qu’il était embauché par Scaramanga pour compléter son service du personnel. Ça y est, James avait l’homme au pistolet d’or dans son viseur. C’est facile, c’est trop vite, c’est limite un peu grossier à mon goût !  Ce qu’ont fait les scénaristes du film c’est tout simplement de faire partir l’enquête de James Bond depuis une balle en or 25 carras pour ensuite remonter la piste du tueur l’ayant utilisé. Les scénaristes ont bien appuyé le caractère destructeur de ce tueur puisque la balle est incisée sur sa tête, montrant là qu’elle est faite pour faire des dégâts, déversant dans l’organisme de la poudre susceptible de tuer après coup, quand la proie n’est pas morte sur le coup. Cette balle mène James de Beyrouth (Liban) à Bangkok puis jusqu’à l’île secrète de ce Scaramanga. Vous l’aurez compris, la Jamaïque est remplacée par l’Asie pour ce qui est du théâtre de l’intrigue. Sans doute un choix plus vendeur pour des producteurs à l’époque soucieux d’exporter leur saga dans les contrées du « soleil levant ».

 

 le serveur et homme de main de Scaramanga, celui qui se résume à attirer les proies dans l'antre de son tueur de chef...

 Si l’intrigue est plus cohérente que dans le roman de Fleming, on ne fait pas non plus un bijou avec une matière première faussement précieuse. Le roman linéaire, sans surprises de Fleming débouche sur un film non moins peu surprenant. Surtout au regard de la filmographie « jamesbondienne » !  Ce film est trop poussif, il y a encore quelques facilités prises par le script (au plan de l’enquête de James, de ses indices, etc…). Si Fleming avait échoué à rendre palpitant son roman, les scénaristes et producteurs n’ont pas eu autant d’inspiration que ce que Fleming aurait permis si on lui avait demandé d’assister au tournage voire de réécrire un scénario plus percutant. Hélas, Fleming était déjà mort à l’époque… C’est un des James Bond les plus ratés que j’ai eu l’occasion de voir, manquant cruellement d’extravagances pouvant frapper l’imaginaire du spectateur, et dans le même temps souffrant d’un scénario conçu comme un polar sans en avoir l’essence conceptuelle ni le talent artistique. Le suspense est très mal entretenu, la cible de James Bond apparaît que trop peu pour permettre au spectateur d’imaginer un duel coriace de fin de film, l’enquête de James Bond est trop facilitée. A la place, on fait place à l’arrivée du kung-fu dans la saga, avec un James confronté à des combattants en kimono (encore que ça puise plutôt dans les films commerciaux de kung-fu de Jacky Chan…). Ce qui est très bien vu, c’est que l’homme au pistolet d’or gardera sa position de prédateur vis-à-vis de James Bond, mais ce n’est pas assez irrespirable comme situation pour notre héros. Et ce petit jeu n’est efficace que dans un roman, non dans un film. Combien de fois James Bond aurait pu être descendu par Scaramanga ??  Plusieurs fois, hélas. Hélas pour la crédibilité du film.

 Christopher Lee, alias l'homme au pistolet d'or

Au plan action, ce sont les séquences les plus molles de la saga « post-sean connery » ; la rarissime séquence de lavage de cerveau de James Bond du début du roman n’est pas suffisamment exploitée par les producteurs et scénaristes du film.  La visibilité et l’identification du personnage de Scaramanga était peu claire dans le roman, et c’est pire dans le film car seules les 10 dernières minutes accréditent la thèse comme quoi il serait lui aussi un puissant démoniaque de ce monde, notamment lorsqu’il fait l’étalage de la puissance de son tout nouveau canon à énergie solaire. Tout ce que l’on sait rapidement dans l’intrigue c’est qu’il est tueur à gage professionnel, et qu’il empoche 1 million $ pour chacun de ses contrats. Ouais, bof, c’est un peu gros, c’est une lourde somme je trouve, faut pas pousser mémé dans les orties !  Pour finir je dirai que si le pari du retour à la veine du polar est raté, il y a aussi un petit retour au western, avec un duel final au pistolet, et avec une opposition de principe entre deux solitaires, deux fines gâchettes. Mais quelle horreur de voir Guy Hamilton filmer ce duel final dans une espèce de terrain de jeu pour fête foraine, avec miroirs omniprésents, mannequins apparaissant soudainement pour tirer à blanc et lumières faisant des effets d’optique trompeur. Ridicule je trouve. Cette fin vient remplacer celle du roman de Fleming, qui reste de loin le meilleur élément de l’œuvre littéraire. La fin du roman c’est tout de même autrement plus palpitant, avec cette locomotive emmenant James vers la mort ; avec Scaramanga et quatre autres mafieux qui cachent à James qu’ils font une ballade en train pour le tuer. Quel dommage que les producteurs en aient fait trop à leur tête !!

 

 

 

Note Charme     :):):):(

ð    charisme irrésistible de Maud Adams (1ère photo ),  visage enjôleur de Britt Eckland (2ème photo)…

 

 

Note Action    :):(:(:(

ð      c’est soit trop mou (les séquences de kung-fu), soit surfait (la voiture enjambant une rivière via une envolée depuis un pont)

 

Note Boss    :):):(:(

ð         rien à dire sur l’interprétation et le charisme de Christopher Lee, même s’il est très regrettable que son personnage soit aussi effacé de la première heure. Car c’est autant moins de percussion dans l’intrigue.

 

Note James Bond   :):):(:(

 

 

 

 

 

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MEURS UN AUTRE JOUR (Lee Tamahori -2002-)

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***FICHE TECHNIQUE JAMESBONDIENNE***

134 min

Réalisation : Lee Tamahori

Production : Barbara Broccoli et Michael G.Wilson

Budget : 142 millions $

Casting : Pierce Brosnan (Bond 007), Halle Berry (agent de la NSA Jinx), Toby Stephens (Gustav Graves), Rosamund Pike (Miranda Frost), Rick Yune (Zao), Will Yun Lee (colonel nord-coréen Moon), Michael Madsen (agent de la NSA Falco), Judi Dench (M), Samantha Bond (miss Moneypenny), John Cleese (Q),

Scénario : Robert Wade et Neal Purvis et Dana Stevens

Effets spéciaux : Chris Corbould

Cascades : Vic Armstrong

Musique : David Arnold

Musique générique : Natacha Atlas

Photographie : David Tattersall

Avant-goût      cet opus est un paradoxe à lui tout seul : il a ce côté extravagant persistant depuis l’arrivée de Pierce Brosnan mais aussi une certaine vulnérabilité dans le personnage de Bond, une fragilité…une humanité…c’est nouveau sous l’ère Pierce Brosnan (il y avait de cela chez Timothy Dalton à la fin des années 80), ça fait plaisir et ça annonce un retour partiel aux sources « flemingiennes ». Ce retour sera pleinement réalisé avec Casino Royale, le dernier James Bond en date. Mais dans l’ensemble cet épisode souffre d’être allé trop loin au plan des gadgets : une armure bionique…un rayon laser issu du cosmos…une voiture invisible…trop c’est trop !  Ce qui fait que cet épisode n’est pas à la hauteur de Casino Royale…même si sa première demi-heure est d’un gros calibre…

Pitch      une opération secrète, menée en Corée du Nord par James Bond et deux de ses hommes, est compromise par un traître non identifié. S'ensuit une course-poursuite en aéroglisseurs au cours de laquelle le colonel nord-coréen Moon trouve la mort et son lieutenant, Zao, est grièvement blessé. James Bond est quant à lui capturé, torturé et jeté dans une prison militaire. Après quelques mois de détention, ce dernier est libéré à l'occasion d'un échange de prisonniers organisé par Falco, le directeur de la National Security Agency. Démis de ses fonctions, l'ancien agent secret est décidé à retrouver Zao et à démasquer le traître qui a entraîné sa chute. Ce qui l’amènera à faire la rencontre de la belle et mystérieuse Jinx, agent du NSA et de Gustav Graves, un mégalomaniaque propriétaire d'un somptueux palais de glace islandais et d'une arme d'une puissance insoupçonnée.

 avec ce bras droit de Gustav Graves, la Corée du Nord s'offre une image assez glaciale dans le 7ème Art occidental, pour une fois qu'elle est à l'écran....

Avis        la première demi-heure du film est d’une très grande qualité avec une cascade pré-générique très crédible tout en étant étonnante, un générique de Madonna de bonne facture bien qu’un peu trop électro-dance à mon goût, puis la séquence où James Bond est torturé puis retenu prisonnier en pleine Corée du Nord stalinienne. Cette mise en bouche place la barre haute, avec un univers rappelant avant l’heure Casino Royale. A ceci près que cette qualité n’est pas maintenue tout comme elle l’est tout au long du très bon Casino Royale. On trouve quand même un soupçon du cocktail qui fait la réussite de Casino Royale : vulnérabilité de 007, ennemis charismatiques, quelques cascades extravagantes tout en étant crédibles (je dis bien « quelques » car dans Casino Royale elles sont toutes crédibles), des « James bond girl » d’une grande beauté…

Mais ce qui me chiffonne beaucoup dans ce Meurs un autre jour c’est l’introduction trop lente et trop tardive du « boss » du film, là où il aurait mieux valu l’introduire d’entrée de jeu pour mieux le rendre impressionnant aux yeux du spectateur.

 le "boss" du film, le mégalomane déjanté Gustav Graves, qui apparaît sous ces traits d'occidentaux beaucoup trop tard dans le film, et qui selon moi était bien plus crédible avant sa tranformation par ADN lorsqu'il était le lieutenant de l'armée nord-coréenne, et fils du colonel Moon !

Autre problème : dans certaines scènes d’action tout paraît trop gros, par exemple la séquence de la baston sous un déluge de lasers « découpeurs » dont pas un seul ne parvient à toucher 007 alors qu’il devait logiquement être très déconcentré puisqu’il était en train de se battre à mains nues contre un garde. D’autres séquences d’action sont vraiment trop sophistiquées comme celle du combat entre 007 et Zao dans l’hôpital cubain : Bond arrive à viser un interrupteur de magnétisme avec une bouteille bien lancée…trop bien lancée…et voilà que tous les instruments de médecine volent dans les airs pour se plaquer contre une paroi métallique…un peu gros. Mais à côté du Monde ne suffit pas il y a moins cette profusion de gadgets, encore que la décapotable de Zao fait tâche avec ses missiles, grenades, mines…des armes de quoi tuer un régiment.

Il y a des réussites : la course-poursuite en aéroglisseurs, le décor extravagant du palais de glace, le palais de glace en pleine fonte dans lequel 007 s’engouffre avec son bolide pour délivrer Halle Berry, l’ironie de Bond comme quand il est reçu au palais de glace par la froide Miranda Frost, agent du MI-6 et qu’il lui lance : « un palais de glace…vous devez vous sentir chez vous » (elle avait refusé plus tôt les avances de 007). Il y a aussi cette course-poursuite sur glace en grosses cylindrées, le combat d’escrime puis à l’épée, la collaboration entre le MI-6 et la NSA, la plastique de Halle Berry, la froideur de Miranda Frost. Ce qui fait que selon moi ce « james bond » vaut la moyenne. Quel dommage en effet que cette vulnérabilité et ce côté plus humain de 007 de la première demi-heure se dissipent à mesure que le film avance et laisse place au « cinquième homme » : le gadget  !

Note charme       :):):):(

ð      quand on voit Halle Berry sortir de la mer en bikini rappelant celui de Ursula Andress dans Dr No ça émoustille sévèrement les yeux… Miranda Frost a un teint très pâle et une froideur qui lui confèrent de sacrés charmes à elle aussi.

Note action     :):):(:(

ð                            gros problème de crédibilité parfois, avec certaines scènes soit trop sophistiquées soit trop gadgétisées ! Même si certaines scènes, bien étudiées, amortissent ces problèmes.

Note James Bond      :):):(:(

ð                            la première demi-heure est d’une grande qualité, mais le « tout gadget » estompe cette qualité. Les charmes de Halle Berry et Rosamund Pike sont un bon point du film, mais le « boss » du film est dévoilé bien trop tard, même si on se doute que c’est le lieutenant coréen du début du film, après transformation par ADN. L’humour ironique de 007 et la séquence du laboratoire à gadgets de Q s’imbriquent parfaitement dans la saga…mais l’invisibilité de la voiture de 007, l’armure bionique du « boss » et le côté arme de guerre ambulante de la voiture de Zao poussent le bouchon un peu trop loin au plan des gadgets.

 

 

 James se fait capturer vif en pleine Corée du Nord stalinienne, et ce, dès le début de film....ça commence très bien....!!



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LE MONDE NE SUFFIT PAS (Michael Apted -1999-)

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***FICHE TECHNIQUE JAMESBONDIENNE***

 

 128 min

 

Réalisation : Michael Apted

 

Production : Barbara Broccoli et Michael G.Wilson

 

Budget : 120 millions $

 

Casting : Pierce Brosnan (Bond), Sophie Marceau (Elektra King), Robert Carlyle (Renard), Denise Richards (Dr Christmas Jones), Judi Dench (M), John Cleese (R), Robbie Coltrane (Valentin Zukovsky)

 

Scénario : Robert Wade, Neal Purvis, Bruce Feirstein et Ddana Stevens

 

Effets spéciaux : Chris Corbould

 

Musique : David Arnold et Monty Norman

 

Musique générique :

 

Cascades : Simon Crade

 

Photographie : Adrian Biddle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avant-goût       un « james bond » très moyen, souffrant de vides intersidéraux entre des scènes d’action explosives parfois grossières. Le Monde ne suffit pas est aussi une plage publicitaire de deux heures où l’on voit une montre, une décapotable allemande, un hors bord révolutionnaire et une bouée gonflable devenir le « cinquième homme » de l’histoire !

 

Pitch        le magnat du pétrole sir Robert King est assassiné dans l'enceinte même du bâtiment des services de contre-espionnage britanniques, le MI-6. James Bond réussit à éliminer l'auteur de l'attentat, une tueuse professionnelle travaillant pour le terroriste international « Renard ». Dans l’optique de remonter jusqu’à ce terroriste, 007 se rend en Azerbaïdjan, pour protéger une cible potentielle de ce dernier : Elektra King. C’est en effet en Azerbaïdjan que Elektra King vient de commencer à exploiter un nouveau gisement pétrolifère. Mais pour 007 tout va s’accélérer plus vite que prévu et il trouvera heureusement le soutien de Valentin Zukovsky, un ancien du KGB avec qui il avait collaboré pour coincer le terroriste Cosaque « Janus » (l’agent 006), qui avait tenté de détourner le satellite « Goldeneye » contre Londres. 007 pourra aussi compter sur une scientifique chimiste pour remonter la piste de l’uranium susceptible d’alimenter une bombe nucléaire placée par le terroriste « Renard » dans un sous-marin.

 

 Robert Carlyle campe un "Renard" qui souffre de devoir un jour mourir à cause d'une balle présente dans son cerveau, et qui atteint petit à petit le coeur du système nerveux. A chaque mal il y a un bien, cette balle est logé dans la partie du cerveau lié aux sensations : pour l'instant "Renard" ne ressent pas la douleur, ce qui en fait un dangereux personnage vous ne trouvez pas ?

 

 

 

Avis           il semble que les scénaristes aient été trop nombreux à travailler sur le script de ce Monde ne suffit pas. La force de leur nombre (4 scénaristes) a permis d’imaginer plus de scènes d’action que dans d’autres « james bond », mais c’est au détriment de la crédibilité de quelques unes de ces dites scènes. Certaines sont grosses comme une maison voire risibles en prenant le parti d’en mettre plein les yeux davantage que d’être crédibles. Et ce surnombre de scénaristes a du posé des problèmes d’entente : entre les scènes d’action c’est parfois plat au plan des répliques, des réactions. C’est parfois creux, plat même si la séquence pré-générique donne le ton d’un retour en force de l’humour dérision et ironique de 007. Cet humour est le point fort du film.

 

Dans l’ensemble ce Monde ne suffit pas souffre d’un gros problème de rythme, faisant surfer le spectateur entre léthargie et réveil explosif. Sur ce même plan de la narration, cet opus souffre de voir le « boss », Renard, ne faire son apparition qu’au bout d’une heure, quant à la Elektra King, elle souffre de n’avoir que trop peu de répliques pendant la première heure du film. Ce qui fait qu’on ne sent rien du tout venir, voire pire encore, on se dit que James Bond n’est pas sur la bonne piste concernant son enquête. Cet opus de James Bond navigue entre les quelques répliques ironiques de James Bond, des déductions d’enquête un peu faciles et des cascades extravagantes. Tout ça s’imbrique et évolue au rythme du « cinquième homme » de l’ère Pierce Brosnan, autrement dit le « facteur X » : les gadgets bondiens !!  Entre la montre grappin, la décapotable qui parcourt le monde de l’Angleterre à l’Azerbaïdjan, le mini hors bord lance-missile qui fait des vagues sur la tranquille Tamise et la boule gonflable anti-avalanche…le spectateur en prend plein la vue. Certes, mais là où les gadgets étaient un petit plus du temps de Roger Moore, voilà qu’avec Brosnan ils deviennent un rôle à part entière.

 

 

 

Au plan charme Denise Richards a de sérieux atouts mais il est un peu gros de la voir être toujours sur les basques de Bond dans la dernière heure du film, comme si sans elle Bond n’arriverait à rien. Sophie Marceau est pleine d’atouts, et il est marrant de la voir en mégalomane archi revancharde envers « M » et le MI-6. Mais son côté français ne l’a pas aidé : ses répliques sont minimalistes et on sent quand même que quand elle discute avec Bond par exemple elle est à côté de ses pompes, ce qui fait déjouer le jeu d’acteur de Pierce Brosnan. Sophie Marceau ne comprendrait-elle pas l’anglais ?  Je suis dur puisque dans l’ensemble cette Sophie Marceau campe une « james bond girl » qui a de la gueule et du bouquet !!  Une ennemi digne de James Bond !

 

 

 

 

  

Note charme     ****

 

ð      personnellement Sophie Marceau ne m’a pas bluffé, même depuis dans « Anthony Zimmer ». C’est dire ! Elle a tout de même beaucoup de charme pour quelqu’un qui ne l’aurait pas archi déjà vu, du genre les anglo-saxons. La France connaît les charmes de Sophie car elle y a longtemps été surexposée. Elle ne peut en mettre plein la vue sur ce plan là. Mais sur le plan du charisme elle campe une très démoniaque « james bond girl ». Quant à Denise Richards…elle a ce côté pulpeux…qui ne laisse pas insensible.

 

 

Note action        ****

ð                la séquence pré-générique est très crédible au plan des cascades, ce qui permet au film de bien débuter. Ce qui est une très grande chose. Parmi les autres cascades du film celle de la course-poursuite à ski est risible tandis que celle de l’hélicoptère découpeur à la scie circulaire est pas mal. La course-poursuite en mini hors-bord lanceur de missiles à tête chercheuse est très bonne tandis que la séquence finale du sous-marin nucléaire est trop plate. D’où cette note moyenne !

 

 

 

 

Note James Bond       ****

ð                            explication de la note : l’ironie et la dérision de 007 annulent le côté grossier de certaines cascades. Le charisme et la noirceur de la « boss » Elektra King annulent le problème de rythme narratif. Le cadre pétrolier qui est dans l’ère du temps annule le côté déjà vu du sous-marin nucléaire armé d’une bombe nucléaire.

 

 

 

 

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OCTOPUSSY (John Glen -1983-)

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***FICHE TECHNIQUE JAMESBONDIENNE***

 

127 min

 

Réalisation : John Glen

 

Producteur : Albert R.Broccoli

 

Budget : 27,5 millions $

 

Scénario : Michael G.Wilson, Richard Maibum et George MacDonald Fraser, et d’après l’œuvre de Ian Fleming

 

Effets spéciaux : John Richardson

 

Cascades : Bob Simmons et Rémy Julienne

 

Musique générique : Rita Coolidge « All time high »

 

Musique : John Barry

 

Photographie : Alan Hume

 

Sortie mondiale : 5 octobre 1983

 

 

 

 

 

 

 

Avant-goût        pour de l’action c’est de l’action !  Ce Octopussy dispose d’une des plus remarquables séquences pré-générique de l’histoire de la saga, une des « james bond girl » les plus charismatiques, une des séquences d’action-suspense les plus longues et efficaces de l’histoire du cinéma… Un rythme de narration soutenu et des scènes d'actions épatantes par leur originalité sont au programme. Bien avant l’heure de Pierce Brosnan et du James Bond qui se sauve de situations tendues par ses gadgets, Roger Moore incarne là un James Bond plein de bon sens et d’une débrouillardise plus naturelle.

 

Pitch        chargé d'enquêter sur la mort très suspecte de l'agent 009, qui eut à peine le temps de délivrer à l’ambassadeur de Grande-Bretagne un précieux œuf de Fabergé serti d’or, James Bond assiste à la mise aux enchères de ce fameux oeuf. Voulant savoir ce qui se cache en sous-main derrière cet objet de collection, Bond fait grimper les enchères d’une manière invraisemblable. Mais un certain Kamal Khan semble vouloir son acquisition à tout prix, puisque Bond fait monter les enchères jusqu’à plus de 450 000 livres sterling…pour au final trouver plus fort que lui. Bond se rendra compte plus tard que ce richissime prince Indien exilé, Kamal Khan, semble nourrir de secrètes accointances avec le général renégat soviétique Orlov. Mais quel lien y a-t-il entre l'oeuf, les complots du tandem russo-indien et la désirable, bien que mystérieuse, Octopussy, qu’il est amené à rencontrer en Inde ? Toujours est-il que Bond devra déjouer un attentat à la bombe nucléaire, dont tous les indices font de prime abord penser à une machination orchestrée par les Américains et visant l’Union Soviétique…

 

 

 Steven Berkoff, alias "général Orlov"

 

 

 

Avis          beaucoup de choses m’ont plu dans ce « james bond ». On retrouve bien évidemment l’ambiance particulière des agents secrets, avec notamment un mouchard (micro) miniature placée dans l’œuf de Fabergé, et qui permettra à Bond de suivre à distance Kamal Khan et de remonter la piste de feu 009…..c’est à dire jusqu’en Inde. Les décors et l’ambiance de L’Inde et de ses palais somptueux dépaysent à max. Cet ancien joyau de l’empire colonial britannique, est le cadre paradisiaque du film tout en étant truffé de pièges. Ce cadre donne du bouquet au film.

 

Le boss du film est un mégalomane, Kamal Khan, et est entouré d’un général soviétique dissident éméché contre l’occident et d’un bras droit qui ne passerait pas inaperçu dans une salle d’attente tant son faciès est sévère et sa corpulence digne d’un videur de boîte en plus svelte (Gobinda). Ce triptyque d’ennemis est coriace et poussera Bond dans ses ultimes retranchements.

 

 Louis Jourdan, alias "Kamal Khan"

 

 

Il y a cet humour « bondien » digne de l’ère Roger Moore (humour décalé), comme quand James sort l’épée du gosier d’un prestigitateur pour trouver de quoi se défendre contre ceux qui le poursuivent. Une fois le combat fini Bond lance à ce prestigitateur : « tu peux la raccrocher au mur » (sous-entendu : elle ne coupe pas, c’est une épée de pacotille). L’humour gag aussi de la séquence où Bond est dans le laboratoire de gadgets de Q et où les essais scientifiques de Q ne paraissent pas concluant et où certaines trouvailles semblent trop originales pour ne pas faire rigoler (par exemple la corde qui s’étire en l’air, faisant levier, et qui rendu à mi-hauteur se rompt).

 

La bande-son est charmante, d’abord avec ce générique mélodieux de Rita Coolidge, « All time high » et ces gimicks à suspense ou « fleur bleue » retravaillant le légendaire « James Bond Theme » du Monthy Norman Orchestra.

Le rythme d’Octopussy est très bon : on commence par en prendre plein la vue avec la séquence pré-générique : à bord d’un mini-jet qu’il fait prendre ses ailes depuis un van puis décoller, Bond se voit poursuivre dans les airs par un missile à tête chercheuse. Il fonce alors vers le hangar militaire qui est sa cible, il traverse à pleine vitesse le hangar, les soldats tentaient de le bloquer en fermant la porte mais il parvient à sortir dans un trou de souris, à pleine vitesse. Le missile lui…percuta la porte et tout le hangar explosa. Séquence décapante ! L’action aura d’autres instants de gloire avec la « chasse au James Bond » en pleine forêt équatoriale indienne où Kamal Khan et son bras droit Gobinda sont tous deux à dos d’éléphant, comme du temps de l’antique et grandiose Carthage. Roger Moore est la proie d’eux mais aussi d’un tigre, d’un serpent, d’araignées, d’un crocodile et même des sangsues. Un peu gros mais tellement dépaysant !!  Il y a aussi et surtout cette formidable séquence  de poursuite du train par une mercedes déjantée (sans jeu de mot, au sens propre du terme) conduite par Bond sur des rails, puis d’infiltration dans le train, de combat sur le toit de ce train contre le bras droit Gobinda et contre les jumeaux, des tueurs aux couteau. Tous aux ordres de Kamal Khan et du général Orlov. Cette séquence d’action-suspense est peut être la plus longue et la mieux entretenue au plan de la tension de tous les films que j’ai vu. Elle dure 20 minutes si vous voulez savoir et elle oblige Bond à sortir le grand jeu. Et il y a de quoi puisque ce train transporte une bombe nucléaire !!  La séquence finale est encore plus extravagante mais tellement crédible. Je ne sais pas comment a été réalisée cette scène mais dites-vous que Bond se bat avec le bras droit Gobinda sur les ailes d’un avion en plein vol, avec je vous le garantis une crédibilité époustouflante : on sent que ce ne sont pas des images de fond qui viendraient montrer une vue du ciel et un vide immense, Roger Moore grimace, accroché qu’il est à l’aile puis au toit de l’avion, les cheveux sont balancés dans tous les sens par l’infiltration du vent……………..non vraiment John Glen a fait du bon boulot parce qu’il s’est arrangé pour offrir une séquence de cascades vraiment crédible !!

La touche « charme » est réussie elle aussi même si Kristina Wayborn est un peu monolithique dans sa gestuelle « visagale » (comme dirait Elie Semoun). Mais c’est sans compter sur une Maud Adams très charismatique et énigmatique en « Octopussy » (une contrebandière de bijoux et objets de collection rares ayant à sa botte une armée de « gardiennes du corps »). Et il y a cette armée de femmes soldats qui viennent apporter un jour nouveau sur la saga Bond et étoffer le rôle jusque là maigre des femmes dans cet univers (le point noir de la saga).

 

 Maud Adams, alias "Octopussy"

 

 

 "Magda", l'autre james bond girl

 

 

 

 

 

 

 

Mais tout cela c’était avant le drame….bien entendu : Octopussy souffre d’une facilité de scénario qui décrédibilise un peu Bond. Il arrive à se fourrer dans un costume de gorille dans un wagon où un des jumeaux manieur de couteau et où Gobinda étaient. Logiquement ils auraient du le repérer facilement et en tout cas plus tôt. A un moment ils disent que la bombe (cachée dans ce wagon) sautera dans 6 minutes et Bond regarde aussitôt sa montre en levant haut son bras, logiquement, si Gobinda n’avait pas répéré ses yeux dans le costume du gorille il aurait pu au moins voir son mouvement de bras, surtout que le wagon fait 14mètres carrés tout au plus et qu’il était tourné dans l’axe du costume de gorille… Pareil je ne vois pas comment on peut se fourrer dans un tel costume sans embarras ni bruit… J

 

    Jeu d’acteurs    

Roger Moore (Bond) : ****

Louis Jourdan (Kamal Khan) : ****

 

Maud Adams (Octopussy) : ****

Steven Berkoff (général Orlov) : ****

Kabir Bedi (Gobinda, le bras droit de Kamal Khan) : ****

Vijay Amritraj (Vijay, un allié de Bond, son entremetteur en Inde) : ****

 

Note charme        ****

charisme de Maud Adams

Note action      ****

la séquence du train est magnifique, la séquence pré-générique époustouflante et la séquence finale sur l'avion bien osée même si elle me semble trop courte.

Note James Bond    ****

cocktail de charme, suspense, action, infiltration...un menu copieux et digne de la saga...

 

 

 

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CASINO ROYALE ( Martin Campbell -nov06-)

Publié le

FICHE TECHNIQUE JAMESBONDIENNE :

 

Etats-Unis/Royaume-Uni, 2006

 

De Martin Campbell

 

Budget : 72 000 000 $

 

Affiche teaser américaine. Columbia PicturesProducteurs : les fidèles Barbara Broccoli et Michael G.Wilson
Scénario : Neal Purvis, Robert Wade, Paul Haggis, d’après le roman de Ian Fleming, et collaboration de Jean Bourne (La Mémoire dans la peau et La Mort dans la peau)
Casting : Daniel Craig (007), Eva Green (Vesper Lynd), Mads Mikkelsen (Le Chiffre), Judi Dench (M), Giancarlo Giannini (Rene Mathis), Caterina Murino (Solange Dimitrios), Simon Abkarian (Alex Dimitrios), Jesper Christensen (Mr.White)
Cadreur : Roger Pearce

 

Photo : Phil Meheux
Musique : David Arnold

 

Musique générique : « You know his name » de Chris Cornell
Durée : 2h24
Sortie : 22 Novembre 2006

 

 

Avant-goût   Martin Campbell est le plus grand réalisateur et metteur en scène de « james bond » de ces vingt dernières années ! Après avoir sauvé la saga du naufrage en 1995, avec un Goldeneye enfin efficace après une période de disette qui courait depuis 1987 et le Tuer n’est pas joué de Timothy Dalton, Martin Campbell réédite selon moi le sauvetage de la saga avec ce Casino Royale. Il est le plus grand réalisateur de « james bond » de ces 20 dernières années à plusieurs tires : il permet un passage d’armes discret et crédible entre Pierce Brosnan et Daniel Craig, il fait renouer 007 avec celui de Ian Fleming, sa caméra épurée va à l’essentiel et enfin, il y a une crédibilité au plan des scènes d’action et de cascades. Casino Royale est aussi l’adaptation du tout premier roman de Ian Fleming…et Martin Campbell s’est montré très fidèle dans la narration. Il met en scène un 007 débutant et vulnérable qui place ce Casino Royale comme l’adaptation cinéma la plus fidèle de Ian Fleming, à l’instar de ceux de l’ère Sean Connery. Explications…

 

Pitch    James Bond reçoit le matricule 00 suite à deux missions réussies. Ce matricule lui confère le droit de tuer. Il se trouve que la deuxième de ces missions lui donne envie de creuser davantage et de remonter plus haut dans cette affaire. Contre l’avis de sa supérieure, M, il se rend aux Bahamas, où il croit possible l’implication du « Chiffre », un homme connu de son agence, le MI6, pour être le banquier mondial des terroristes et autres seigneurs de guerre africains. Il blanchirai de l’argent sale en masse et serait acteur de grands mouvements de fonds bancaires. 007 se lance dans cette enquête qui lui imposera d’être surveillé par le Trésor britannique, représenté par l’irrésistible Vesper (Eva Green) qui doit vérifier à ce que 007 prenne soin des 10 millions de dollars que le gouvernement a levé afin qu’il participe à un tournoi hors normes de poker. 007 doit ruiner « Le Chiffre » pour subtiliser à ce joueur les fonds de son réseau bancaire. Mais rien ne se passe comme prévu…..car « Le Chiffre », reconnu comme un habile joueur, un matheux et un observateur hors pair de la gestuelle des joueurs rivaux, n’est que l’arbre qui cache la forêt du SPECTRE, le plus grand réseau criminel qui soit.

 

Sa première mission :

Daniel Craig. Gaumont Columbia Tristar Films

 

 

 

 

 

 

 

Avis      pour introduire la personnalité de James Bond la scène initiale est filmée dans une pénombre obscurantiste, sans action autre qu’un suspense de circonstance entretenu par James et la cible humaine de sa mission, tous deux accoudés sur des rocking chair en vis-à-vis. Le légendaire générique arrive une fois qu’il a flingué celui-ci et aussitôt on nous sert une séquence explosive de course-poursuite en haute altitude entre James et un yamakasi dur de la semelle. Il obtient aussitôt son permis de tuer et donc son matricule 00 grâce à ses deux missions réussies. Même si sa méthode trop tape à l’œil et expéditive fait hésiter sa supérieure M à lui conférer ce matricule 00. En 10 minutes Martin Campbell parvient à aller à l’essentiel et à introduire un nouvel agent 007 : un débutant au tout début de sa carrière. Je vous rassure, mon résumé du film s’arrête là !

 

 

Bien que la séquence de la poursuite du yamakasi soit explosive on sent une certaine retenue sur la mise en scène de la part de Martin Campbell. Et cette impression va se confirmer jusqu’à la fin, avec notamment un modeste mais efficace cadrage one shot de l’accident de voiture de 007. Martin Campbell nous offre un « james bond » plus terre à terre au plan des scènes d’action, et met en scène un agent 007 qui se teste, qui essaie, qui tente. Et ça fait vraiment plaisir à voir. James Bond redevient un humain, vulnérable et résistible. Mais la crédibilité du film se poursuit bien au-delà du personnage de 007. L’ennemi à abattre n’est plus ce bon vieux mégalomane sans scrupule mais un méchant qui a des failles, bien que son statut de banquier mondial des terroristes et son regard lui donnent un grand charisme.

 

Mads Mikkelsen. Gaumont Columbia Tristar Films  Madds Mikkelsen alias "Le Chiffre" !

 

Il y a aussi ces petits riens qui haussent le degré de suspense tout en restant vraisemblables, comme la partie de poker où 007 doit raquer cet ennemi, appelé « le Chiffre » et où le suspense immobile et entretenu longuement est digne de la saga tout en innovant. Ou encore l’erreur de débutant que commet 007 de boire un verre empoisonné en pleine partie, ce qui offre au spectateur l’inédite angoisse de se dire qu’il ne va pas s’en sortir.

 

Daniel Craig. Gaumont Columbia Tristar Films  VS Mads Mikkelsen. Gaumont Columbia Tristar Films

Daniel Craig et Mads Mikkelsen. Gaumont Columbia Tristar Films

 

Il y a aussi cette capacité purement « flemingienne » de montrer un 007 aimant. Eva Green est alors l’aimée, et fait jaillir de la saga un rôle de « james bond girl » enfin charismatique pour autres choses que ses seuls faits d’arme. Il y a cette pseudo love story qui bien que pas toujours crédible ne tombe pas non plus dans un côté « fleur bleue », grâce au côté femme forte de l’âme sœur de 007.

 

Eva Green et Daniel Craig. Gaumont Columbia Tristar Films

 

Et puis j’espère que ma critique ne vous laisse pas croire que ce Casino Royale manque d’extravagance en termes d’action-suspense. Parce que je pourrais citer la séquence extravagante (mais crédible je dois dire) de l’affrontement entre 007 et deux ennemis dans une maison vénitienne s’effondrant petit à petit dans les flots (ça fait palpiter les yeux !). Il y a aussi ces scènes « coups de poings » qui font à chaque fois pisser de sang 007, et qui lui rappellent combien sa profession est risquée…

 

 

 

 

 

     Jeu d'acteurs      

 

 

Daniel Craig  :):):):(

 

 

Eva Green   :):):):(

 

 

Mads Mikkelsen   :):):):(

 

 

 

 

Note action  :):):):) 

ð scènes d’action bien filmées et cascades crédibles sans être non plus trop banales 

 

Note charme  :):):):) 

ð Daniel Craig est trop froid mais Eva Green et Caterina Murino crèvent l’écran !

Caterina Murino et Daniel Craig. Gaumont Columbia Tristar FilmsCaterina Murino. Gaumont Columbia Tristar Films 

 

 

 

Note James Bond  :):):):)

ð cette note dépend de ma comparaison avec les autres films de la saga et dépend du facteur d’osmose avec l’univers originale créé par Ian Fleming

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sa seconde mission :

Sebastien Foucan. Gaumont Columbia Tristar FilmsDaniel Craig. Gaumont Columbia Tristar Films

le prolongement de sa seconde mission :

Mads Mikkelsen. Gaumont Columbia Tristar Films

 

 

 

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