Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

road-movie

Wild (Jean-Marc Vallée, 14 janvier 2015)

Publié le par keruit

Pitch :

Après plusieurs années d’errance, d’addiction et l’échec de son couple, Cheryl Strayed prend une décision radicale : elle tourne le dos à son passé et, sans aucune expérience, se lance dans un périple en solitaire de 1700 kilomètres, à pied, avec pour seule compagnie le souvenir de sa mère disparue…

Voir les commentaires

FREE ZONE (Amos Gitaï -2005-)

Publié le

Pitch           une Américaine de 23 ans (Natalie Portman) accompagne une israélienne (Hanna Laslo) depuis Israël jusqu’en Jordanie, où cette dernière prévoit de récupérer une grosse somme d’argent.Bac Films Toutes deux doivent passer obligatoirement par une batterie de contrôles imposés par les nombreux rideaux de gardes frontières. Puis il y a une Jordanienne, avec laquelle elles échangeront autour de leur quotidien délicat, subi au beau milieu du Proche-Orient. Au bout du chemin il y a la « free zone » : havre de paix !

Avis général         ce qui m’a captivé d’entrée de jeu c’est le cadre du scénario : Israël et Jordanie. Car ce sont à la fois des zones de guerre et guérillas, mais aussi des terres concomitantes de l’ère de la naissance de l’urbanité (naissance des premières villes –Jéricho-), après avoir été d’abord au centre des origines de l’Homme (le « Croissant fertile »).  Par son cadre à la fois historique (origines de l’Homme) et récent (terres déchirées par la violence et la haine intercommunautaires) ce scénario a toutes les capacités pour captiver.  Autre bon point : cet aspect road-movie. Natalie Portman est la passagère de Hanna Laslo et est le témoin de la situation actuelle en « ex-Palestine » (nomination propre à cette région, avant 1948, année de la création d’Israël). Natalie Portman et Hanna Laslo. Bac FilmsMême s’il faut bien avouer qu’il y a des longueurs inutiles parfois dans les propos et les images. Mais dans l’ensemble la caméra de Amos Gitaï se sublime et parvient à gommer ce cœur de scénario sommes toutes peu intéressant (faire 8 heures de route pour récupérer une somme d’argent). Et puis Natalie Portman est complètement sidérante : elle parle peu et est plutôt là en témoin mais elle est sublime, sans doute sublimée qu'elle est par l'indéniable savoir-faire de Amos Gitaï. Dans mes souvenirs…..je n’ai jamais vu Natalie Portman crever autant l’écran, notamment en sortant des larmes pendant près de 5 minutes en tout début de film, et ce, dans un angle de caméra très intimiste. Pour moi, c’est de la performance d’actrice. Elle ne crève pas seulement l’écran par son talent….mais aussi par sa beauté énigmatique !  La dernière demi-heure m’a semblé longuette et pour tout vous dire légèrement superficielle, au regard des attentes que la caméra de road-movie de Amos Gitaï avait créé chez moi.

Avis spécial             Amos Gitaï signe là une œuvre aux propos métaphysiques certes, mais terriblement ancrés dans les XXème et XXIème siècles. L’œil et le regard porté sur l’ « ex-Palestine » est celui de deux femmes, puis trois : une Américaine, une Israélienne, une Jordanienne. Elles sont au cœur de l’intrigue, en tant que témoins et actrices. L’Américaine ouvre les yeux sur bien des choses actuelles qui subjuguent son occidentalité ; l’Israélienne et la Jordanienne tentent de s’entendre malgré leurs différences et appréhensions, non sans faire un effort de compréhension vis-à-vis de l’Américaine. Natalie Portman est alors le témoin d’une situation difficile engendrée par un conflit permanent et des peurs, et devient le réceptacle puis le catalyseur des postures échangées l’une vers l’autre entre la Jordanienne et l’Israélienne. Amos Gitaï, Natalie Portman et Hanna Laslo. Bac FilmsAmos Gitaï offre alors un regard très féminin sur la situation de l’  « ex-Palestine », avec son humanité et plein d’efforts vers l’autre, et où l’homme israélien en général est fustigé comme le grand coupable de la situation difficile de la région. Cristallisé qu’il est par la pellicule, en garde-frontière hargneux et peu respectueux de la dignité humaine. Et quand la Jordanienne pose à Natalie Portman la question du pourquoi connaît-elle l’hébreu alors que les Israéliens ne font pas l’effort d’apprendre sa langue (l’arabe), c’est la cerise sur le gâteau, concourant à fustiger davantage Israël comme le principal acteur de cette zone de conflit. Au bout de ce constat amer mais partiellement édulcoré, Amos Gitaï propose un cheminement possible vers la paix : via une meilleure écoute des femmes d’abord, dans leurs efforts mutuels de communication et de compréhension, et le retour à un idéal polyethnique qui disparut en 1948, c'est-à-dire le modèle de brassage ethnique, culturel et religieux qu’offrait la « Palestine » du temps où Israël n’était pas encore née (avant 1948). L’idéal de la « free zone » est finalement davantage artificiel par rapport au fond du film, même si cette zone de paix, à cheval entre l’Irak, la Jordanie, la Syrie et l’Arabie Saoudite, passe pour havre de paix et pour la destinée du road-movie. En extrapolant un peu Amos Gitaï et le choix de ce titre, free zone, on peut penser à une métaphore filée faite de ses mains : la « free zone » est la destinée des trois femmes mais aussi la preuve que les états arabes jouissent entre eux et entre leurs frontières d’une zone libre, sans conflit, sans douanes ni taxes. Un univers très loin de la zone frontalière séparant Israël et la Jordanie par exemple. Quoi de plus beau que de constater l’authenticité la plus parfaite de Natalie Portman pour son rôle, puisqu’elle est née à Jérusalem d’une mère israélienne et d’un père américain. Quant à Hanna Laslo, sans totalement mériter son prix d’interprétation féminine au festival de Cannes 2005, il faut toutefois la créditer du bel effort entrepris pour camper ce rôle difficile. Elle aussi est authentique.

légende photo ci-dessus : le réalisateur Amos Gitaï à gauche, Natalie Portman (milieu) et Hanna Laslo les actrices principales...tous en plein éclat de rires !

 Jeu d’acteur (ice) 

Natalie Portman (centre photo)   :):):):)

Hanna Laslo (droite photo / prix d'interpétation féminine Cannes 2005)  :):):):)

Hiam Abbass (rôle de la Jordnanienne /gauche photo)   :):):):(

Hiam Abbass, Natalie Portman et Hanna Laslo. Bac Films



Voir les commentaires

DON' T COME KNOCKING (-Wim Wenders -2005-)

Publié le

Pitch    Howard Spence quitte sur un coup de tête le plateau de tournage de son nouveau film. Ancienne star du western, il vivait de toutes façons difficilement le crépuscule de sa carrière d’acteur, noyant son malaise dans l’alcool et la drogue. Il retrouve sa mère qui le fait songer à l’enfant qu’il a pu avoir au gré de ses liaisons. Sa vie sentimentale bien terne peut-elle reprendre vie ?  Il essaie d’y croire. Il pense à Doreen, une de ses ex. Il la retrouve. Il y trouvera son fils… Trouvera-t-il le père enfoui en lui à temps ?

Avis    le film a une belle esthétique, une belle photographie. On sent l’expérience de Wim Wenders. Mais il y a aussi un ton comique décalé qui ferait plus de bien s’il ne venait pas tout le temps faire de l’ombre aux vrais drames du film. A la lumière de la fin du film, Don’t come knocking est somme toute léger et distancié. Je vais m’expliquer par le long exposé qui suit, un exposé tortueux à cause du brouillage de piste fait par Wim Wenders. Tentative de décryptage…

Océan FilmsLe personnage principal est peu fédérateur, par son statut d’acteur de western au crépuscule de sa carrière, et par ses délires de grand enfant qui tente de se muer en père de famille. On le sent par moment torturé mais pas au point de s’en vouloir à lui-même. Un personnage qui ne se comprend pas lui-même. Un homme qui a toujours fait l’acteur, la star, sans se rendre compte des faits propres à sa vraie vie d’homme, de père. Wim Wenders (et Sam Shepard au scénario) ont voulu résumer la vie de ce cow-boy de Sam Shepard en une heure afin d’apporter de la saveur à ses retrouvailles (de la 2ème heure) avec son ex-concubine puis avec l’enfant qu’ils ont eu en commun. Le gros problème est celui des longueurs et de la méthode employée : un plan fixe sur les bouteilles d’alcool vides envahissant son mobile-home d’acteur ; un plan prenant Sam Shepard au saut du lit entouré de trois fanes dénudées d’un soir ; un plan dans le pub où il essaie de faire le circonspect quand il apprend que le jeune homme qui chante…est son fils ; le plan rotatif 360° du canapé abandonné dans la rue sur lequel il attend le retour du jeune homme auprès de qui il voudrait bien se faire accepter comme père. Ces plans sont nickels, sont beaux….mais ils détruisent petit à petit le film voire le rôle principal. Le seul plan qui désamorce le mélange insipide comédie légère/drame vient à la toute fin de film, et est une phase de dialogue construit et constructif prononcé par une fan absolue de l’acteur qu’il est. Mais ça vient beaucoup trop tard et ça vire au mélodrame tardif voire attardé : ce n’est pas son fils qui l’aime mais seulement une fan !  Une fois la fin arrivée, il suffit de reprendre tout le film à l’endroit et de se dire que finalement…Don’t come knocking tient davantage de Wim Wenders que de Sam Shepard. Le scénariste Shepard s’est fait manger tout cru par le cinéaste. Dépersonnification du rôle principal (le côté comédie légère) et désossement progressif de sa personnalité (le côté drame). Universalité des propos (comédie légère) et dureté de ton père/fils (drame). Jessica Lange et Sam Shepard. Océan FilmsDon’t come knocking voit Wim Wenders et Sam Shepard naviguer entre deux chaises qui ne peuvent être associées à pareil scénario. Où le scénario de Shepard ne suit pas ?  Où Wenders l’a tourné à sa sauce ?  Et quelle sauce !!  Car à la lumière de la fin du film, Don’t come knocking c’est du Shepard cuisiné à la sauce Wenders, avec un dépouillement progressif par l’image de son personnage tandis que les personnages qui l’entourent campent sur leurs positions, comme inflexibles : l’euphorie légère mais communicative de son ex-concubine (Jessica Lange) ; la passion de Sarah Polley pour cet acteur ; la haine et la brutalité de Gabriel Mann envers son propre père. C’est malheureux car cela en fait davantage une comédie légère, distancière et approximative sur le thème du métier d’acteur qu’un drame profond et sincère sur la paternité et son apprentissage. Sam Shepard et Jessica Lange. Océan FilmsCar en effet, dans la dialectique acteur/père, c’est toujours l’acteur qui ressort à l’écran, qui pense, qui agit. Je ne peux donner une bonne note à un film qui est personnel par procuration (le cinéphile Wenders aurait très bien pu écrire lui-même ce scénario sur un père envahi par son statut d’acteur) ni pour un film ayant comme seuls atouts la qualité de la photographie (beauté des paysages) et un beau jeu de plan-montage. Je ne peux pas. L’enveloppe est belle mais ça sonne creux. Je dresse un constat amer de tout ça : avec Broken Flowers et ce Don’t come knocking, même les grands cinéastes américains actuels ne parviennent pas à traiter le problème de la paternité sous l’angle de l’émotion. C’est peut être une affaire de culture, mais c’est surtout le constat d’un échec là où des cinéastes européens ont réussi.

 Jeu d’acteurs 

Sam Shepard  :):):(:(

Jessica Lange  :):):):(

Gabriel Mann  :):(:(:(

Sarah Polley  :):):(:(

Tim Roth   :):(:(:(



Voir les commentaires

EASY RIDER (Dennis Hopper -1969-)

Publié le

Pitch  deux motards traversent l’Amérique sans souci du temps qui passe. Peter Fonda fait le plein de sa bécane puis jète sa montre. Ces deux anti-héros se frotteront à l’Amérique profonde dans un film culte qui reste une photographie authentique de l’Amérique du tournant des années 60-70.

Avis  ce n’est pas le montage ni le jeu de caméras qui ont fait de Easy Rider un film culte de la génération "sexe, drogue et rock’n roll". Parce que derrière la caméra, le réalisateur acteur Dennis Hopper n’a pas fait de miracle. A croire qu’il consommait pour de vrai la marie-jeanne qu’on le voit fumer à l’écran. Le système de flash qui sert de transition entre les séquences est très moche, et fait mal aux yeux. Le seul point positif en matière de réalisation est les paysages (canyon, coucher de soleil, etc) mais selon moi ce genre de prise de vue relève plus du documentaire que d’un film. C’est beau, mais ça n’apporte rien au scénario, strictement rien du tout. Ceci dit la photographie du film est de qualité, on sent un univers à conquérir et qui s’ouvre à ces deux bikers. Sans un bon montage ni une bonne réalisation que reste-t-il de culte à Easy Rider ? Eh bien il ne reste pas non plus le jeu d’acteurs, qui est minimaliste. Peter Fonda et Dennis Hopper consomment semble-t-il pour de vrai de la marie-jeanne, parce que pour jouer des mecs shootés, ça, ils y arrivent : des répliques toutes petites, des discussions très bas de plafond, en résumé deux gars qui passent pour inintéressants aux yeux des communautés qu’ils rencontrent : les hippies, le pompiste, les clients d’un bar perdu de l’Amérique profonde, deux prostituées, etc.

Où est donc le côté culte du film ?

Alors ce film n’est pas culte pour ces raisons (réalisation, jeu d’acteurs) mais bien pour autre chose. Dennis Hopper a eu le bon goût (rare dans le cinéma de cette époque) de mettre en scène des anti-héros : deux bikers roulant en harley davidson qui ne se prennent pas au sérieux, et qui ne parviennent jamais à nouer des liens avec les gens qu’ils rencontreront sur leur passage. Une affaire de délit de sales gueules si l’on se penche sur le physique de Dennis Hopper (moustache de 20 cm de large, tignasse sauvageonne et longue de surcroît, habillement excentrique). Un personnage utilisé jusqu’à en user la corde à dessein d’adresser un pamphlet à l’Amérique profonde des années 70, à l’Amérique qui ne bouge pas, qui refuse le changement des années et des mentalités. Des anti-héros ces gars là car ils n’arrivent pas vraiment à s’intégrer à la communauté hippie qu’il rencontre (1ère partie de film), des hippies qui pourtant n’étaient pas les plus intégrés en soi des Américains. La première partie de film passée, le spectateur sait qu’il ne s’attachera jamais à ces deux bikers au débit de parole lapidaire, et à la fâcheuse tendance à se shooter. On sent petit à petit qu’ils sont paumés en plein milieu d’une Amérique elle-même paumée. Dennis Hopper met alors en scène une extrême : des plus paumés que paumés. C’est à un non-jeu d’acteurs que l’on assiste, pour mieux décrire certains pans de l’Amérique des Sixties…….jusqu’à l’entrée en scène du déjà grand Jack Nicholson. Jack Nicholson, au demeurant avocat californien, dira lui aussi bien des inutilités mais sortira une idée qui peut se porter en hymne du film : « Les gens d’ici croient avoir la liberté, mais la liberté c’est vous qui l’avez les gars. Ils s’en rendent compte en vous voyant à moto, attifés comme vous êtes…et ça, ça leur fait peur. Et quand quelqu’un a peur, et même, quand il se rend compte qu’il n’a pas la liberté au même titre que vous, là ça devient dangereux pour vous, pour votre peau ». Le seul Américain qui leur donnera une vérité neutre et sans parties pris crèvera. Et il ne sera pas le seul à être sacrifié sur l’autel de la liberté. La scène finale est vite expédiée mais à mon sens c’est compatible avec le regard porté par le film su ces deux héros, qui n’en sont pas. Ces deux anti-héros sont liquidés par le film comme pour mieux faire renaître l’esprit de liberté dans lequel le film tentait de nager. A deux anti-héros deux morts indignes, sans dramatisation aucune, histoire de rappeler que ce sont deux personnages de docu-fiction qui n’ont servi à nul autre chose qu’être les témoins d’une certaine Amérique réactionnaire. Choc des cultures, racisme, christianisme puritain, retour aux sources, à la nature, de la communauté qu’on appelle hippie….bien des aspects du film sont témoins de l’authenticité du tournant sixties-seventies du film. Et ça c’est un très bon point ! Un film au seuil des Seventies libertaires et au crépuscule des Sixties conservatrices. Authentique je vous dis !

Jeu d'acteurs

Dennis Hopper  :):):):(

Jack Nicholson  :):):):)

Peter Fonda :):):(:(

 




Voir les commentaires