Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine (Coluche -1977)

Publié le


Vous n'aurez pas l'alsace... (extrait)
envoyé par ericinho76. - Cliquez pour voir plus de vidéos marrantes.

Sacré culot de Coluche, que de tenter sa première réalisation en employant un lâchage total, de l’idiotie permanente et une ironie régicide ! Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine, c’est de l’humour burlesque, saupoudrée de sketches délirant, le tout baignant dans la sauce bien poivrée de la moquerie.



 

Pitch                                                                     

C’est l’histoire d’un mec, Gros Pif, roi paillard qui passe son temps à table en compagnie de ses ministres. Mais une conspiration typiquement moyenâgeuse, menée par la reine Madeleine, le bouffon et le cardinal, menace son trône… Grâce au secours du Chevalier blanc, Gros Pif met au point un terrible plan pour bannir ces conspirateurs zélés et diaboliques.

 

« Cette histoire qui vous est contée ne figure dans aucuns livres d’histoire », nous dicte le prologue du film. Pas étonnant quand on voit l’idiotie souvent adroite dans laquelle nous plonge ce Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine. Pour son premier film, Coluche envoie, comme on dit du pâté. Entre des gags visuels tel ce cheval s’enfonçant dans le pont sous le poids de son chevalier blanc sautant du haut d’une tour, des quiproquos autour du mot « imbécile », ou cette mousse au chocolat jetée par le roi à la tête de son bouffon, les situations mises en place par Coluche fonctionneront sans doute auprès d’un très large public dans sa première demi-heure. Puis viendra un ventre mou, duquel la sortie reste relativement honnête : l’ironie totale et la dérision tissées autour des sujets du roi, soumis à la guerre pour qu’il retrouve son trône, en menant une guerre qu’ils ignorent factice avec le Roi de Flandres, au demeurant assez caustique.




Michel Blanc dira « J’ai dormi » à son roi le suspectant dans la nuit d’avoir intenté à sa vie. Ses yeux sont pourtant gris pâle sur leurs entours, ainsi que ceux de ses petits camarades Ministres du roi, qui diront pourtant tous la même chose. Un roi imbécile, voilà ce que surjoue Coluche, avec une bonhommie. Une grosse partie de la bande du Splendid, notamment Thierry Lhermitte en soldat, Martin Lamotte en bouffon, Dominique Lavanant en Reine, Gérard Jugnot en mousquetaire du roi, Anémone en cousine du roi, Christian Clavier en voix-off, Marie-Anne Chazel en reine de Flandres, peuple ce long-métrage. Leurs coups d’essai à tous ou quasi-tous ! Et puis participent certains acolytes du Café de la Gare comme Gérard Lanvin, en Chevalier blanc, sans oublier Coluche lui-même, évidemment, bien qu’il ait déjà quitté le Café de la Gare en 1977, année de sortie de ce film, pour créer une nouvelle troupe. A noter que les ex du Splendid, comme on dit aujourd’hui, avaient fait leurs premières armes…au Café de la Gare.




Cette comédie use sa corde toutefois, dans le domaine burlesque. Dans la première demi-heure l’effet de surprise est fort en gueule et en burlesque, à travers l’excellentissime Martin Lamotte et le charismatique Coluche. Roland Giraud ainsi que les autres acteurs campant les ministres du roi, jouent quant à eux leur partition et …le Chevalier blanc fait son apparition. Un peu à l’image de sa fameuse chanson qu’il entonne lorsqu’il doit se présenter, le Chevalier blanc surprend puis lasse. C’est le ventre mou, fait de séquences où il se fait mettre minable par un nain, et où les ministres ne sont pas censés pour faire rire mais où ils doivent plutôt faire virer aigre les habitudes de gouvernement de ces temps anciens, correspondant, au vu de la collerette portée par beaucoup de ces personnages, aux règnes des rois ayant précédé Louis XIII, ces mêmes rois ayant participé à la fin du Moyen-Âge.




Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine a été un échec commercial cuisant. Coluche ne réalisera plus jamais, après ce coup d’essai. Les membres du Splendid de l’époque, tenteront de pousser le bouchon plus loin, malgré l’échec de l’un de leur grand’parrain. Et l’obtiendront, avec Les bronzés, l’année suivante (1978), sans un Coluche désormais tonitruant sur les scènes des music-halls. Chacun son public. 




En même temps il ne faut pas oublier trop vite que le public venu apprécier en salles obscures Les Bronzés, puis les Bronzés font du ski (1978), puis Le Père noël est une ordure (1982), est exactement celui-là même que Coluche avait manqué de ferrer du bout de sa ligne, en 1977, avec son premier et dernier film à la réalisation. Mais la brèche était ouverte… Le renouveau comique du cinéma français ? Coluche y était aussi en tant que réalisateur. Son sujet n'était malheureusement pour ainsi dire pas assez actuel ou bien, il n'était pas suffisamment clair en terme d'ironie sur l'époque actuelle à laquelle il aurait tenté de raccrocher par l 'ironie et la critique, son film.



Voir les commentaires

Le Coût de la vie (Philippe Le Guay - 2002)

Publié le

 

Un film de société, bâti sur et autour de l’argent, qui souffre de son puzzle de personnes stéréotypées qui ne sortent pas de leurs habitudes vis-à-vis de l’argent. Le parti pris est judicieux par contre : mettre ces personnes au devant de leurs problèmes. Quand les mauvaises habitudes deviennent mignonnes... Le Coût de la Vie élabore dans la simplicité, une vraie réussite.

 

Pitch

Une héritière qui n'arrive pas à hériter, un radin qui ne peut rien dépenser, un petit garçon qui trouve un billet dans la rue, un restaurateur prodigue qui ne fait que donner... Tels sont, entre autres, les personnages de ce film "choral". Pourquoi certains dépensent-ils de manière convulsive là où d'autres retiennent l'argent comme la partie la plus vitale de leur être ? On croit parler d'argent, mais c'est d'amour dont il s'agit.

 

Isild Le Besco et Lorant Deutsch. Pathé DistributionLe vrai plaisir de spectateur vient de cette présence d’acteurs connus, au pluriel. Fabrice Luchini en radin, Vincent Lindon qui « fait circuler l’argent », comme il dit, Lorant Deutsch dont l’amour est pris en otage par une jeune femme qu’il aide à devenir serveuse pour se rendre compte qu’elle n’aurait même pas besoin de travailler, Géraldine Pailhas incarnant une prostituée qui se prend à vouloir aider un homme à dépenser, Claude Rich en pdg qui se rend compte qu’il a toujours pu tout acheté hormis l’amour d’une femme, etc.


Vincent Lindon. Pathé DistributionLe Coût de la vie commence très bien, à travers ces portraits croisés d’anonymes, bien engoncés dans leurs habitudes envers l’argent. Le problème est qu’ils n’en bougeront pas, bien qu’on se prendrait à croire à certains bouleversements dans leur vie. C’est une naissance heureuse qui obligera l’un à changer son fusil d’épaule, c’est une femme magnifique prête à aider qui obligera un autre à apprendre à dépenser, c’est un jeune cuisto qui apprendra à une jeune femme à devoir jouer le vrai sur sa propre identité, etc.


Fabrice Luchini et Géraldine Pailhas. Pathé DistributionLe rôle même d’huissier de justice, obtient dans Le Coût de la vie un statut de « gentil », tant l’ensemble des autres rôles y sont les créatures de l’argent. Des scléroses en série, depuis le dépensier qui a un côté bon vivant et signifie son amitié, son amour par tout ce qui peut sortir de son portefeuille, jusqu’au pdg, plein aux as mais qui pour autant prend peur de tout perdre et préfère licencier en masse les salariés de ses usines.


Philippe Le Guay a réussi admirablement l’entrée en scène de cette brochette de créatures de l’argent, via un enchaînement de personnage à personnage dès le départ. Certains se rencontreront, avec un final qui fait sourire et des moments piquants parfois, la plupart apprennent à ne plus ignorer leurs faiblesses générées par leurs habitudes envers l’argent. Le Coût de la vie parvient à faire circuler non plus l’argent mais les émotions et le ressenti, entre les personnages qu’il fait se rencontrer. L’argent ne restant plus un simple thème de film, mais l’unité de mesure, en quelque sorte, des torts qu’il a créé en chacun.



Voir les commentaires

Retour à Cold Mountain (Anthony Minghella -2003)

Publié le

 

TFM DistributionS’il fallait ne pas se laisser aveugler par la grande romance du film, il sortirait deux inconvénients, mineurs, de Retour à Cold Mountain : une longueur rebutante, une impression de plans et séquences superposés les uns derrière les autres avec priorité donnée aux détails, costumes, maquillages, regards échangés. D’un mal provient ce bien effectivement : la beauté rare de l’artistique de ce film signé par le très doué Anthony Minghella, hélas disparu.

 

Pitch                     

Dans une Amérique déchirée par la guerre de Sécession, un homme et une femme vont accomplir l'un vers l'autre le plus extraordinaire des voyages. Fille de pasteur, Ada a consacré toute sa jeunesse à la musique, aux arts et au bien-être d'un père veuf, qu'elle aime plus que tout au monde. Simple ouvrier, Inman est un homme farouche, avare de paroles, étranger à la société policée, pétrie de culture et traditions sudistes, dont s'entoure Ada. Un simple regard, quelques mots maladroits, un baiser volé à la veille de partir au front, suffiront pourtant à leur inspirer un amour absolu, où Ada et Inman puiseront la force et le courage d'affronter la séparation, la solitude, la misère, et les plus cruelles épreuves de la guerre...

Nicole Kidman et Jude Law. TFM DistributionLe directeur de la photographie, John Seale, a contribué énormément au souffle épique, romanesque et amoureux du film. Ô combien long, Retour à Cold Mountain n’aurait point été sans John Seale, auparavant oscarisé pour Le Patient anglais. Son travail se situe au niveau des grands maîtres, utilisant les apports naturels de lumière pour ambiancer ce film d’époque, se déroulant en pleine Guerre de Sécession. Entre le choix de la Roumanie pour se réapproprier le cadre qui devait être celui de Cold Mountain à l’époque, et sa force du casting et de direction des acteurs, Anthony Minghella, autre génie, a fait le reste du travail. Retrouver en effet Nicole Kidman dans un rôle qu’elle vit de l’intérieur à ce point, faisant presque oublier ses défauts d’actrices, c’est la preuve d’un film qui convainc son monde.

Renée Zellweger et Nicole Kidman. TFM DistributionQue ce soit au plan historique, ou au plan de la romance, rien n’est à redire. En revanche, Jude Law paraît un peu léger pour le rôle, ou tout bonnement fait-il figure de trop « jeune », trop « tendre » pour camper cet appelé sous les drapeaux qui déserte pour retrouver son amour au péril de sa vie. Il faut rappeler que c’est Tom Cruise qui était démarché à la base par Minghella pour jouer ce rôle, Cruise avait refusé pour des raisons financières (cachet). Autant dire que Cruise aurait été trop tendre pour ce rôle dur.

Jude Law, Nicole Kidman et Donald Sutherland. TFM DistributionDans Retour à Cold Mountain, Jude Law, l’acteur fétiche d’Anthony Minghella, fait ce qu’il peut et le fait bien. Plutôt que d’incendier son rôle de départ, il joue la carte de la sobriété. Et les hommes ne lui en voudront point, au contraire, surtout lorsque ce rôle était totalement bonifiant pour tout homme qui se respecte : passer par l’épreuve des drapeaux et armes, risquer tout pour retrouver une femme qu’il aime, c’est plein de bons sentiments certes mais aussi plein de courage. Quant à Nicole Kidman, elle est sublimée par une maîtresse du maquillage qui, elle aussi tout comme John Seale, apporte au film quelque chose d’authentique. Ne pas oublier la costumière, qui fit porter des tenues à corsets dont il faut trente minutes pour s’en défaire. Elle s’appelle Ann Roth et était la costumière de Macadam Cowboy, plus récemment The Reader (époque Allemagne du IIIe Reich), de Wolf (une merveille de costumes, dans une Angleterre victorienne) ou Le Patient Anglais.

Retour à Cold Mountain c’est un fonds monobloc cousu de fils blancs.  L’appel aux armes, une séquence d’étreinte amoureuse, des abattages en série d’homme, de la haine, du misérabilisme ou encore du road-movie en plein arrière-front de la Guerre de Sécession se succèdent et s’enchaînent. La façon de faire de Minghella qui, outre le sérieux démontré et la méticulosité du réalisateur perfectionniste, est cousue de fils blancs ! Ce qui en dit long sur ses méthodes de réalisation et la difficulté du tournage.

Jude Law et Nicole Kidman. TFM DistributionCertes tourné en une vingtaine de semaines, Retour à Cold Mountain a dû essouffler les acteurs : entre la superposition de séquences et certainement, les maintes reprises pour un seul cheveu qui masque le front, on sent que Minghella a demandé beaucoup, surtout lorsque les regards devaient en dire long ou pour des raisons techniques. Quand on sait qu’il a fallu trois semaines pour tourner la séquence de bataille dans le gouffre, on se demande si proportionnellement, la seule scène singulière où Madame Kidman porte un plateau tout en flashant sur Jude Law, n’a pas demandé plus longtemps en tournage. Anthony Minghella est décédé des suites d’une opération, il laisse un parcours, court mais des plus brillants. Il adaptait là un roman de Charles Frazier, devenu best-seller à l’aube de l’an 2000 pour deux raisons : c’est une plongée prenante dans la Guerre de Sécession, première bourrasque martiale nationale traversée par le jeune pays des Etats-Unis d’Amérique ;  l’adaptation cinématographique a donné un écho assez fort aux ventes du livre.


Renée Zellweger. TFM Distribution
Petite anecdote:  si Renée Zellweger avait été française, elle cesserait de n'obtenir que des rôles qui ridiculise sa féminité. Les producteurs US en décident autrement avec elle, entre cette femme de ferme dure comme un roc ou cette Bridget Jones esquintée plus récemment. Renée Zellweger est une grande force de Retour à Cold Mountain, c'est elle qui livre la meilleure interprétation d'ensemble, tant son rôle est compliqué à jouer sur la durée d'un scénario. Il faut d'ailleurs rappeler que Zellweger est une VRAIE actrice, une gueule comme on dit. A souhaiter qu'elle obtienne les rôles qui lui iraient : les grands !



Voir les commentaires

JFK (Oliver Stone -1991)

Publié le


Bande annonce du film américain 'JFK' réalisé par Oliver
envoyé par Nouvelobs. - L'info video en direct.


Joe Pesci, Tommy Lee Jones, Gary Oldman, Donald Sutherland, Kevin Bacon et Kevin Costner ! Quand Oliver Stone revisite l’assassinat de John Fitzgerald Kenney, rien n’est fait à moitié, à commencer par l’hypnotisme des images d’archives quand il ne s’agit pas de stupéfiantes reconstitutions au grain de pellicule près !



 

Pitch                                       

Evocation de l'assassinat du président John F. Kennedy. Evocation qui remet en cause le rapport Warren et penche pour la thèse du complot, défendue par le procureur, Jim Garrison (Kevin Costner).

 

À la suite de l'assassinat à Dallas le 22 novembre 1963, du président John F. Kennedy, le procureur de La Nouvelle-Orléans, Jim Garrison, remet en cause les conclusions du rapport de la Commission Warren et oriente plutôt son enquête vers la possibilité d'un complot. Ce film d’Oliver Stone se base d'une part sur le livre de Jim Garrison où il raconte son enquête, d'autre part sur les investigations de Jim Marrs, journaliste américain indépendant mais aussi et surtout sur le parti pris de Stone pour l’orientation de ces débats houleux. Si comme il est dit par Costner « méfiance ! ce qui est noir est blanc, ce qui est blanc est noir », affiche considérablement la couleur de ce monumental de longueur JFK, il ressort de bout en bout un manichéisme. Et ce dès le postulat de départ. Cela veut tout dire sur les intentions de Stone.



 

Kevin Costner achèvera le spectateur dans une larmoyante plaidoirie. Plaidoirie inutile au demeurant : le procès intenté contre Chow (incarné par Tommy Lee Jones) démontre pendant 30 minutes de long-métrage combien c’était voué à l’échec. Et ce depuis le départ. JFK est l’occasion pour Oliver Stone de proposer son 3e tome sur les années JFK. Après Platoon (1987) et Né un 4 juillet (1990), Oliver Stone s’attaque aux arcanes elles-mêmes de l’assassinat du tenancier d’une politique non-violente qui ne plut guère tout autour de son pouvoir. Inutile de revenir sur les ‘‘circonstances’’ qui ont créé les ‘‘circonstances’’ de la chute de ce dernier, à Dallas le 22 novembre 1963, Oliver Stone les montrant et démontrant trois heures durant.



 

La question est plutôt de critiquer Stone sur son artistique, et son choix d’auteur-réalisateur-producteur. Le choix d’un tel projet, dont le fonds repose sur trois fonds de vérité plus ou moins établis, à travers les visions combinées d’un journaliste, du procureur Garrison et de Stone himself, est particulièrement insensé vis-à-vis des visées commerciales. JFK, malgré toute la vérité qu’il entend défendre, est un film terriblement politique,… et lent, qu’aucuns producteurs ne se plierait à financer. D’autre part sa longueur, à pareille époque est rebutante. Voué donc, à un échec commercial ? Oui.



 

Les producteurs sont donc qui ? Oliver Stone lui-même ainsi qu’un ami. Pas facile donc de considérer une vision si personnelle du fonds de ce débat avec légèreté dans la mesure où le financer et artiste en chef est le même homme, et qu’il prend d’entrée de jeu le parti de faire des justiciers des héros, et des justiciables des démons. Entre les diverses théories de complot et comploteurs suggérées lentement par le fonds du film, se dressent en épine de houx au-dessus des têtes de chacun, la réalité d’un fonds iconographique et vidéo saisissant ! 




Entre la reconstitution historique vidéo, au maquillage et au grain de pellicule près, et l’insertion des séquences de l’époque, il y a de quoi noyer le poisson dans l’eau tout en répercutant sur l’ensemble des dires et faits et gestes des acteurs, de la vraie tragédie, celle qui nous touche, celle à laquelle on parvient aisément à s’identifier en tant que spectateur, à laquelle on croit dur comme fer. JFK est un échafaud qui mène à la mort ou politique, ou physique ou morale de l’ensemble de ses protagonistes, au sein d’un univers malsain et trivial !! Un grand moment de cinéma cependant.



 

Cette combinaison de deux enquêtes, l’une journalistique, l’autre dans le cadre d’une procédure judiciaire ayant échoué totalement, se mêle comme d’un seul à une trame pour le moins orientée. Le débat de fonds est clairement posé, avec manichéisme. Seules les pistes, les ‘‘hommes’’ sont mouvants, au cœur d’un très long film où est figée ad vitam aeternam une vision résolument personnelle des circonstances de l’assassinat de Kennedy. Et seules ces circonstances baignent le film sans jamais pouvoir proposer davantage.



 

Il faudra attendre 2029 et l’ouverture au public des archives US sur ce point. D’ici là, JFK reste trois heures de spectacle prenantes, un film terriblement lent et indigeste, qui aboutit à l’échec que tout le monde connaît s’il se penche un poil sur la question. A noter que Jim Garrison obtient en 1979 une très grande promotion, suite à cette procédure intentée trois ans après la tuerie de Dallas. Donc les bases du long-métrage de Stone ne sont pas du chiqué  au contraire. Là n’est pas le débat mais plutôt est-il à l’endroit de ce que l’on peut faire passer à un moment pour du spectacle, et à d’autres moments pour du message. Une œuvre remarquable dans son étude du fonds, moins dans sa forme et l’orientation d’un débat si sérieux et tragique.





Voir les commentaires

Coco (Gad Elmaleh - 2008)

Publié le

 

StudioCanalGad Elmaleh a confondu one man show et comédie sur grand écran. Evidemment ce n’est pas marqué dans les livres, mais il faut éviter d’en confondre la démarche.

 

Pitch       

Coco, 40 ans, self made man, est l'exemple parfait de la réussite sociale. Parti de rien, immigré, il a réalisé en 15 ans une des plus fulgurantes success story des temps modernes grâce à son invention de l'eau frétillante. Mais pour Coco, la plus grande consécration est à venir : la bar-mitsva de son fils Samuel qui aura lieu dans six mois. Il invite tout le monde à "l'évènement national de l'année" et promet du jamais vu, de l'époustouflant, du Coco ! Trop obsédé par la perspective d'en mettre plein la vue au monde entier pour "sa" fête, Coco agit avec démesure et frôle la folie sans voir que sa femme, son fils, sa mère et tous ses proches se désolidarisent peu à peu. Cet évènement va devenir pour lui un instant de vérité sur son rôle de père.

 

Gérard Depardieu et Gad Elmaleh. David KoskasLe parti pris d’en rire ?! Et bien allons-y. Rien. Plutôt du bourrage de sourires qui se forcent…à force de jouer le jeu. Un personnage tout droit issu du one man show La Vie Normale, de Gad Elmaleh, qui est ici propulsé comme le cœur et moteur d’un long-métrage. Une idée saugrenue. Mais que pouvait-on refuser à Gad Elmaleh à l’époque ? Rien ne lui résistait.

 

Pascale Arbillot et Gad Elmaleh. David KoskasCoco est un film essoufflant au demeurant, dans lequel l’idée de rire parvient, malheureusement, à générer un sentiment de malaise. Se prêter au jeu va bien 20 minutes, continuer c’est se forcer. Trop c’est trop, ce personnage en fait trop, risible à souhait, voire affable, ce qui est un comble pour un personnage résolument comique. De comique non ! Du tragique oui. A commencer par la troupe d’acteurs étouffés par Gad Elmaleh, qui n’en tire que de la présence et des textes tout de suite moins drôles.

 

Manu Payet. David KoskasUn Coco excentrique jusqu’au bout des cheveux. Quelques slogans publicitaires bien trouvés et peu bam ! Un soufflet qui se dégonfle. L’ensemble d’un moteur qui cale après s’être retourné contre lui-même, s’autodétruisant. Coco, non, c’est pas drôle. Sur une échelle providentiel de Richter du cinéma, Coco n’atteindrait pas le premier échelon en secousses : tout simplement parce qu’à une réalisation pourrie, correspond un montage de série et un univers ridicule.

 



Voir les commentaires