Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

indiana jones

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal (Spielberg -mai08)

Publié le

Plus d'infos sur ce film Paramount Pictures France
***FICHE TECHNIQUE***
Sortie : 21 mai 2008
Réalisation : Steven Spielberg
Durée : 2h30
Starring :
Harrison Ford (Docteur Henry 'Indiana' Jones Jr.)
Cate Blanchett (Irina Spalko)
Karen Allen (Marion Ravenwood)
Shia LaBeouf (Mutt Williams)
Ray Winstone ("Mac" George Michale)
John Hurt (Le Professeur Oxley)
Jim Broadbent (Le doyen Charles Stanforth)
Igor JiJikine (Dovchenko)
Budget : 185 millions $
Producteur : Frank Marshall
Producteur exécutif : George Lucas
Production : Paramount Picture et Lucasfilm Ltd.
Scénario : David Koepp, sur une idée de Jeff Nathanson
Photographie : Janusz Kaminski
Musique : John Williams
Monteur : Michael Kahn
Chef décorateur : Guy Dyas



Ce n’est pas ici que vous lirez une critique commerciale et consensuelle du dernier opus d’Indiana Jones 4. Ici c’est Fredhorizons, ce n’est pas un magazine lambda qui dirait du bien du film en mai, parce qu’il y a tout un numéro consacré dessus pour l’été. Etre consensuel c’est limité. A force on se mord la queue, et on ne fait plus son job de critique. Je vais donc apporter de l’eau au moulin des meuniers qui trouvent cet opus 4 décevant.

Pitch
La nouvelle aventure d'Indiana Jones débute dans un désert du sud-ouest des Etats-Unis. Nous sommes en 1957, en pleine Guerre Froide. Indy et son copain Mac viennent tout juste d'échapper à une bande d'agents soviétiques à la recherche d'une mystérieuse relique surgie du fond des temps. De retour au Marshall College, le Professeur Jones apprend une très mauvaise nouvelle : ses récentes activités l'ont rendu suspect aux yeux du gouvernement américain. Le doyen Stanforth, qui est aussi un proche ami, se voit contraint de le licencier. A la sortie de la ville, Indiana fait la connaissance d'un jeune motard rebelle, Mutt, qui lui fait une proposition inattendue. En échange de son aide, il le mettra sur la piste du Crâne de Cristal d'Akator, relique mystérieuse qui suscite depuis des siècles autant de fascination que de craintes. Ce serait à coup sûr la plus belle trouvaille de l'histoire de l'archéologie. Indy et Mutt font route vers le Pérou, terre de mystères et de superstitions, où tant d'explorateurs ont trouvé la mort ou sombré dans la folie, à la recherche d'hypothétiques et insaisissables trésors. Mais ils réalisent très vite qu'ils ne sont pas seuls dans leur quête : les agents soviétiques sont eux aussi à la recherche du Crâne de Cristal, car il est dit que celui qui possède le Crâne et en déchiffre les énigmes s'assure du même coup le contrôle absolu de l'univers. Le chef de cette bande est la cruelle et somptueuse Irina Spalko. Indy n'aura jamais d'ennemie plus implacable... Indy et Mutt réuissiront-ils à semer leurs poursuivants, à déjouer les pièges de leurs faux amis et surtout à éviter que le Crâne de Cristal ne tombe entre les mains avides d'Irina et ses sinistres sbires ?


Shia LaBeouf, Karen Allen (de dos) et Harrison Ford. Paramount PicturesSteven Spielberg renoue enfin avec son ersatz de James Bond -il a inventé Indy à défaut de pouvoir réaliser un james bond-, et avec brio si on suit cette ligne de conduite. Bonjour la guerre froide ! Bonjour la bombe atomique ! Bonjour les méchants soviétiques laveurs de cerveau à coup de crâne de cristal. Steven Spielberg s’est associé à George Lucas pour mettre l’épisode 4 sur les rails. Et ça se voit dans quelques séquences qui sentent bon le Star Wars. On pensera à cette course-poursuite dans la jungle à grande vitesse ou encore à ces petits macaques comme seconds rôles qui, mis à part leur éclatante souplesse, rappellent d’autres habitants des forêts utilisés par Lucas : les Iwoks. George Lucas est allé trop loin, semble-t-il, dans sa collaboration avec Spielberg. Le coup de la soucoupe volante, c’est mettre l’opus hors-jeu de la trilogie d’avant, basée sur le savoir des Ancêtres, et le respect que doivent en avoir les archéologues, professeurs d’anthropologie et autres historiens casses-cous.

Dans cette mauvaise blague de soucoupe volante venue d’ailleurs, on retrouve du pseudo ET, de la pseudo Histoire maya et inca. Paramount PicturesUn mauvais mélange que l’estomac peine à digérer autrement que comme un simple divertissement. Spielberg marchait sur un fil avec l’arche de l’Alliance dérobée par des nazis ou cet autre temple bâti dans un canyon à la gloire de Dieu. Mais au lieu de nous émerveiller dans une Atlantide qui convainc à l’avance tous les rêveurs « julesvernien » que nous sommes –c’est au pôle Sud, disent certains, l’Atlantide au pôle Sud, vous y croyez ?-, Spielberg nous plonge dans la mythologie des crânes de cristal. Ce n’est pas du même acabit. Un monde englouti par l’océan, on y croit. De grands crânes taillés dans du cristal, c’est plus difficile.

Au menu d’Indy 4 : du burlesque que Spielberg aime à piquer à ces fameuses années 40 servant de toile de fond de sa quadrilogie, de l’action qui met le bon américain Henry Jones Jr aux prises avec les staliniens soviétiques, de l’aventure qui met ces courageux en proie aux autochtones caricaturalement sauvages pour ne pas dire arriérés.

Harrison Ford. Paramount PicturesOn avait les nazis, voilà qu’on a les Russes, dans un film qui se sert de l’histoire pour offrir un divertissement qui si on creuse, est de mauvais goût. Les soviétiques contre les Américains, et au milieu de grands bonhommes de Roswell, comme ultime satire d’un temps où on explosait des bombes nucléaires en plein désert comme on menait des recherches spatiales qui inventèrent un ennemi susceptible de cautionner les budgets aérospatiales dans les deux blocs. Le petit bonhomme de Roswell, trouvé étrangement là où personne ne vit ni ne peut témoigner de sa vraie présence, accompagnait des photos montages, floues ou tout simplement ratées détournés de leur vérité pour démontrer une réelle existence cérébrale ailleurs que sur Terre. Le jeu en valait la chandelle. Il s’agissait de détourner le peuple des enjeux de la guerre froide, tout en leur subtilisant plus facilement leur compte en banque en vue de financer la recherche autour de l’atome, et des moyens de locomotions « intersidéraux ».

Steven Spielberg est vraiment resté perché sur la Lune lorsqu’il a accepté de réaliser ce scénario. Il s’est embourbé dans une histoire irréelle du début jusqu’à la fin, que les traits d’humour burlesque viennent sauver, ainsi que la qualité des effets spéciaux. Shia LaBeouf. Paramount PicturesAu rayon humour on se servira sans souci d’indigestion de ce jeune Shia Laboeuf coiffé comme dans un grand rôle de la série Happy Days, qui dérobe un verre à une serveuse tout en parlant, qui pense encore à sortir son peigne pour se coiffer au creux d'une cache qui le terrorise. L’humour flegmatique de cet Indy aussi, qui en pleine bibliothèque se voit demander à dos de moto quel est son avis sur une théorie historique ou
qui est obligé par ailleurs  de partager sa banquette le temps d’un voyage supersonique avec l’ennemi qui lui cherchait des crosses. Henry Jones Père est décédé, Marcus Brody aussi, avant que la statue dressée à son effigie se prenne le coup du lapin. Henry Jones Jr fait la moue. Beaucoup d’acteurs manquent. Spielberg a donc été obligé de rappeler cette superbe actrice Karen Allen, qui n’a jamais autant joué que dans les Indiana Jones, et qui joue avec le prestige d’un flanc la femme aimante insoumise. Le jeune Shia Laboeuf aura beaucoup de choses à prouver dans le futur. Car on n’a pas tous les jours l’opportunité de camper un rôle aussi enjolivé.

Shia LaBeouf, Harrison Ford et Karen Allen. Paramount Pictures
Indiana Jones 4 reste un sacré divertissement, qui comme tout divertissement se regarde au cinéma de préférence, puis une fois par an par la suite. Des quatre opus, c’est le dernier en date, mais c’est aussi celui qu’on oubliera le premier. Une fin en queue de poisson qui si je ne m’abuse va finir complètement en écailles si on lit bien la séquence finale où Shia Laboeuf ramasse le chapeau de son tendre…Indiana Jones. Bientôt des ersatzs d’Indiana Jones produits par de jeunes réalisateurs, à destination de spectateurs tout aussi jeunes ? Marvel le fait bien. Mais attention ! Ames cinéphiles s’abstiendront…

Jeu d'acteurs
Harrison Ford :):):):(
Karen Allen :):(:(:(
Shia Laboeuf :):):(:(


Voir les commentaires

Indiana Jones et le Temple maudit (Steven Spielberg -1984-)

Publié le

***FICHE TECHNIQUE***

Réalisation : Steven Spielberg

Année : 1984 

Scénario : Georges Lucas

Montage : Michael Kahn

Musique : John williams

Photographie : Douglas Slocombe

Casting : Harrison Ford (l’archéologue et éminent professeur Jones, alias « Indy ») ; Kate Capshaw (la chanteuse Willie Scott), Ke Huy Qu (Demi-Lune) ; Amrish Puri (Mola Ram) ; Roshan Seth (Chattar Lal) ; Philip Stone (le capitaine Blumburtt) ; Roy Chiao (Lao Che) ; Huy Quan (Short Round) ; Dan Aykroyd (Weber)

Producteur : Robert Watts

Production : LucasFilms

Distribution : Paramount Pictures

Budget : 28 millions $

Recettes : 211 millions $

Box office France : 5,6 millions entrées

Avant-goût         Steven Spielberg conçoit là l’épisode le plus sombre de la trilogie Indiana Jones. Le scénario signé Georges Lucas, est dans la même veine que l’opus 2 de sa saga Star Wars (L’Empire contre-attaque). La Motion Pictures américaine a du inventer pour la première fois depuis longtemps un nouveau degré d’interdiction : aux moins de 13 ans (qui deviendra la moins de 12 ans par la suite si je ne m’abuse). Episode le plus sombre de la saga, il est un paradoxe à lui tout seul car l’humour de gestuelle est bien là, grâce à Kate Capshaw et au jeune acteur chinois remarqué dans Les Goonies : Ke Huy Qu, alias « Demi-lune ». Mettant en scène un jeune acteur, Le Temple Maudit s’automutile malgré tout d’un accès plus grand public, notamment à cause de la mise en scène d’enfants tenus en servitude, mais aussi et surtout par la présence de 2-3 pics d’ultra-violence…

Pitch          ayant mené à bien une mission périlleuse dans le Shangaï des années 30, le professeur Jones, éminent archéologue s’écrase lui et deux compagnons de circonstance en pleine Inde. Alerté par le chef d’une tribu locale, « Indy » apprend que tous les enfants de la tribu ont disparu, ainsi qu’une pierre sacrée. Le sage hindou pense au palais de Pankot comme étant la source de tous leurs maux et se prend d’admiration divine devant « Indy » en le prenant comme un envoyé du ciel. Alors qu’il s’agissait d’un simple crash d’avion. « Indy » et ses deux compagnons, Demi-lune (photo) et la très irritable chanteuse Willie Scott, entament à dos d’éléphant un périple jusqu’au palais de Pankot…pour y découvrir l’envers du décor…

Avis               tout est prétexte à faire de l’action pour de l’action, de l’aventure pour de l’aventure. Surtout dans la première heure (ensuite Indy ne voyage plus et reste cantonné au palais de Pankott). Et Spielberg caricature ses personnages de manière à apporter de l’humour. Les Hindous du palais de Pankott mangent de la cervelle de macaque, des dos de scarabées, de la soupe à l’œil (cette caricature est gonflée je trouve). La tribu indienne qu’Indy est chargé de sauver, est perçue comme aveuglément rattachée à une simple pierre, hélas disparue. Et l’affaire de l’enlèvement en série d’enfants peut être considérée comme une satire légère sur la condition des mineurs travailleurs dans une Inde qui était considérée dans le contexte du film (années 30) comme faisant partie du Tiers-monde.

On ne retrouvera pas la force de Spielberg, démontrée dans l’opus 1 et l’opus 3 : le fond pseudo-historique. A défaut d’avoir une mythique quête du Graal ou une poursuite de la ô combien biblique Arche de Noé, cet opus 2 reste dans la caricature pure, orientée action et dérapant par intermittences dans du serial des plus noirs. L’esprit aventurier des spectateurs est je pense beaucoup moins rassasié que lors des opus 1 et 3. Le cadre historique est presque intemporel : le palais de Pankot n’existe pas et du coup la mission d’ « Indy » ne paraît pas aussi concrète aux yeux du spectateur. On se dit tout de suite qu’on est dans du divertissement. Dans les opus 1 et 3, les personnages nazis étaient une force intrinsèque capable d’apporter de la tension mais ils servaient surtout de marqueurs historiques et mentaux. Marqueur historique dans la mesure où ils sont le symbole d’une guerre qui a marqué l’humanité, marqueurs mentaux dans le sens où ils ont été les acteurs principaux d’un désastre mondial. Spielberg a joué sur ce pouvoir d’attraction et de fascination/répulsion pour se doter d’un opus 1 et 3 efficace quant à caricaturer les nazis comme des pilleurs de patrimoines, de ressources, de merveilles du monde, mais aussi comme des antithèses même de l’humain.  

Pour cet opus, l’ennemi est pratiquement intemporel, ce qui offre bien des libertés au scénariste Georges Lucas quant à plonger le héros « Indy » dans un monde obscur. L’ennemi est ici une secte hindouiste intégriste qui pille les tribus alentours de leurs enfants, pour les faire travailler de force dans les mines.

La secte est dirigée par un gourou fanatique, et fanatisant une ribambelle d’anciens enfants mineurs devenus adulescents aveuglés devant lui et fanatisés à l’extrême. Et les pierres tribales que la secte a volées à plusieurs tribus ont une force, une fois rassemblées. Ce qui permet des sacrifices humains commis devant les adeptes de la secte, dirigés de main de fer par un gourou qui use de la magie noire et de puissants psychotropes, quand il ne se sert pas simplement de sa main droite pour arracher à vif le cœur de sa victime processionnelle. « Indy » découvre alors une résurgence du culte de la déesse Kâli, culte qu’il savait pourtant disparu depuis près de deux siècles. Ce qui donne l’occasion à Spielberg et Lucas de traiter à leur manière du monde sectaire, mais aussi des croyances et superstitions d’Asie du sud. Tout en restant accessible des occidentaux, en caricaturant en simple magie noire l’ensemble de ces rites, ces processions et ces sacrifices humains. 

Cette séquence de la course-poursuite sur les rails de la mine, à bord de wagonnets, deviendra culte, quitte à se voir adaptée en attraction dans les parcs Disney. Avec entre autres les attractions « the temple of the forbidden eye », « the temple of the crystal skull », ou encore « the temple of doom ».

 Mélange d’action et de dérision, cet opus est un paradoxe. Il peut faire rire, avec notamment son hommage à l’humour grotesque qui fit l’âge d’or du cinéma américain (années 30), mais il peut choquer. Car si ça commence comme un film d’aventure survitaminé, aux légères teintes d’humour, il prend à la gorge sur 2 ou 3 scènes ultra-violentes. Et ce côté sombre du film ne tient pas qu’à 2 ou 3 scènes pseudo-gores comme l’arrachage à vif d’un cœur ou encore le concasseur de pierre qui broie l’hindoue. Spielberg a en effet respecté à la lettre le scénario de son ami Georges Lucas, et s’est rendu compte un peu tard que bien des éléments noirs s’enchaînaient, rendant délicat voire impossible les coupes franches et le montage. Ce qui au final condamna le film auprès de plusieurs critiques, quand d’autres personnes furent déboussolées par l’absence d’une véritable quête, qu’elle soit historico-mystique ou purement multiséculaire. Si dans l’opus 3 (le Saint-Graal) et l’opus 1 (l’Arche de Noé) la quête est puissante car disposant d’un marqueur temporel, cet opus 3 souffre d’une immobilité du héros dans sa dernière heure de film, et d’un cadre spatio-temporel trop vague voire trop léger. Ce qui m’amène à dire que si l’opus 1 et 3 peuvent ravir les adeptes d’action, d’aventure et d’histoire, l’opus 2 se résume selon moi à du divertissement, dans le fond comme dans la forme. Un divertissement de qualité, même s’il laissa un goût amer dans la bouche de Spielberg lui-même, qui avoue que « la plus grande réussite du film c’est ma rencontre avec Kate Capshaw ! » (qu’il épousera 7 ans plus tard, en 1991). Aveu modeste pour un cinéaste, me direz-vous !



Voir les commentaires

INDIANA JONES et le Temple Maudit : secrets de tournage !!

Publié le

Ke Huy Qu (photo ci-dessous) ne venait pas auditionner pour le rôle de « Demi Lune », à la base. Il accompagnait son grand frère, mais son aisance a été remarquée à travers les remarques drôles qu’il faisait à son frère pendant l’audition. Du coup on lui a demandé d’auditionner à son tour, et l’affaire était dans le sac, surtout après l’effet concluant de la simulation de la scène où il joue au poker avec Harrison Ford.

Devant se tourner aux Indes, le film s’est en fait réalisé au Sri Lanka, non loin du lieu de tournage du célèbre Pont de la rivière Kwaï. Plusieurs décors ont été reconstitués pour donner vie au fictif Palais de Pankot. Le refus indien a conditionné le choix du Sri Lanka. Les rudes négociations avec le ministère indien quant à tourner dans l’actuel Palais Ambre de Jaïpur, sont tombés à l’eau. Selon un des acteurs indiens du film, Amrish Puri, « les indiens sont très susceptibles devant les critiques que peuvent faire le monde entier sur leur pays ! ».

Les séquences de la course-poursuite dans la mine ainsi que celle de la descente en rafting devaient à l’origine figurer dans le premier Indiana Jones, Les Aventuriers de l’Arche Perdue. Mais Spielberg, en accord avec son producteur, George Lucas, et ami de surcroît, les avait mises au placard. « J’ai collé la séquence de la mine à la fin du Temple Maudit, car elle s’y prêtait bien », dixit Steven Spielberg.

Le scénariste George Lucas a avoué vouloir faire un opus plus angoissant que le premier Indiana Jones. « Cela a été plus noir que prévu, au final, du peut être à cette période dure où j’étais en instance de divorce », commente George Lucas.

Harrison Ford a entamé 4 mois avant le tournage des séances quotidiennes de musculation, car il aurait à jouer plusieurs séquences pendant lesquelles il serait torse nu. Il s’agissait d’être crédible…en héros aventurier.

Lucas et Spielberg ont du dénicher un éleveur d’insectes pour la séquence sueur froide du souterrain. L’éleveur a ramené de tout, du scolopendre au cafard, et en aurait ramené plus de 50 000…jusqu’à ce que Spielberg se plaignit qu’il n’y en avait pas assez…..exigeant 50 000 insectes de plus.  Cette séquence est très réussie, avec un Demi Lune croyant marcher, dans le noir obscur, sur des « gâteaux secs » ( lol ).

Harrison Ford s’est fait une hernie discale pendant le tournage. Cela a obligé à retarder la fin du tournage. Selon Spielberg, cette hernie s’était contractée « pendant la scène de combat où Harrison fait basculer en avant un ennemi », mais selon Harrison Ford lui-même « l’hernie a commencé avec le voyage à dos d’éléphants ».

La séquence d’action finale, sur le pont, a été tournée avec des mannequins mécanisés. Lorsque Ford coupe la corde du pont, et que les deux côtés du pont s’affaissent contre les parois du canyon, ce sont en fait des mannequins marchant sur pile que l’on voit tomber dans le vide. Avec une crédibilité visuelle puisque chaque mannequin disposait d’un interrupteur relié par une ficelle au pont…du coup lorsqu’il tombèrent dans le vide, ils tirèrent dans leur chute sur la ficelle qui elle-même déclencha une gesticulation mécanique des jambes et des bras.

Kate Capshaw, qui se mariera à Spielberg 7 ans après cet opus, a souffert longtemps des critiques qu’elle a subie concernant la mauvaise représentation de la femme donnée par ce film. Elle a été perçue par une partie du public comme l’antithèse du combat féministe, avec son rôle de femme superficielle, irritable, et se plaignant pour un simple ongle cassé.  D’autres infos en vrac sur elle : sa belle robe paillette, cousu sur mesure, a été dévorée par un des éléphants pendant les toutes premières semaines de tournage, créant un nouveau cas de litige pour les assurances ( lol ).

Cet opus est celui que Spielberg « aime le moins ». Et le 4 ?

Keruit



Voir les commentaires

INDIANA JONES et la Dernière Croisade (Steven Spielberg -1988-)

Publié le

 

***FICHE TECHNIQUE INDYENNE***

USA / 1988

AlloCinéRéalisation : Steven Spielberg

Scénario : George Lucas, Menno Meyies, Jeffrey Boam, Philip Kaufman

Casting : Harrison Ford (Docteur Henry "Indiana" Jones); Sean Connery (professeur Henry Jones Sr.); Denholm Elliott (Marcus Brody) ; John Rhys-Davies (Sallah) ; Julian Glover (Walter Donovan) ; Alison Doody (Docteur Elsa Schneider) ; River Phoenix (Le jeune Indiana Jones) ; Michael Byrne (Vogel) ; Kevork Malikyan (Kazim) ; Robert Eddison (Le Chevalier immortel) ;  Richard Young (Fedora) ; Alexei Sayle (Sultan) ; Michael Sheard (Adolf Hitler) ;  Pat Roach (Gestapo).

Budget : 48 millions $

Recettes : 500 millions $ hors produits dérivés

Box-Office France : 6,2 millions d’entrées (1988)

Producteur : Robert Watts (LucasFilms Ltd)

Producteur exécutif : George Lucas

Collection Christophe L.Musique : John Williams

Montage : Michael Kahn

Chef décorateur : Elljot Scott

Photographie : Douglas Slocombe

 

 

Avant-goût      si on peut suspecter Spielberg de jouer avec l’histoire, notamment par cette quête du Graal et cet autographe donné en plein autodafé par Adolf Hitler à Indy, tout cela reste du divertissement. Et dans ces cas-là ça devient du divertissement très haut de gamme, grâce à un savoureux cocktail d’épique, d’histoire, d’humour et d’action !

Pitch     Henri Jones Junior, alias Indiana Jones, est contacté par l’archéologue Walter Donovan. Celui-ci lui présente une tablette de grès datant du XIIème siècle de notre ère, qu’il vient de déterrer dans les montagnes du nord d’Ankara (actuelle Turquie). Ecrit en latin, le texte qu’elle comporte parle « d’atteindre le temple où la coupe qui contient le sang de Jésus Christ réside à jamais ». Cette coupe susnommée semble donc être la coupe utilisée par le Christ lors de son dernier repas, la Cène. Celle aussi qui recueillit selon la Bible son sang lors de sa crucifixion, c'est-à-dire le Saint Graal !  Selon Donovan cette tablette de grès aurait été rédigée par un moine franciscain, au XIIème siècle. Ce moine aurait recueilli le savoir du chevalier qui fut le seul à garder le Graal et à pouvoir sortir du désert pour parvenir jusqu’en France. Ce chevalier aurait mis 150 ans à sortir du désert…grâce aux propriétés du Saint Graal. Donovan convainc Indy de partir à la quête du Saint Graal, en affirmant notamment que son père Henri Jones Senior, qui enquêtait dessus, est retenu captif en Europe centrale…

Avis    tout friand d’histoire que je suis j’avoue sincèrement que cet opus est le plus élaboré des trois. Quoi de plus épique qu’une quête du Saint Graal !!  Cet opus est aussi plus épique, grâce à cette quête multiséculaire d’abord, grâce aux nombreuses difficultés rencontrées par Indy d’autre part. Steven Spielberg s’est fait plaisir et fait plaisir au spectateur à travers cinq séquences d’action vraiment haut de gamme. Haut de gamme car elles allient action pure et humour. Je parle des séquences de la poursuite à moto, celle du tank, le Messerschmitt qui se fracasse dans le tunnel, le Messerschmitt qui se prend un déluge de mouettes en plein cockpit, la bataille aérienne où Jones Senior (Sean Connery) manie drôlement mal la mitraillette.

Tout cela tourne en boucle, offrant près d’une heure d’adrénaline sans interruption. Avant tout cela on a droit à la traditionnelle méchante bête de circonstance : ici les rats, dans les catacombes d’une église vénitienne. Venise est aussi l’occasion de découvrir la jeune actrice irlandaise Alison Doody, qui crève l’écran avec son accent autrichien.

Et jusqu’au dénouement final très épique, voyant Indy réaliser les trois épreuves de Dieu menant jusqu’au Saint Graal, on a droit à un humour de gestuelle et rhétorique entre Harrison Ford et Sean Connery, qui au passage est très charismatique.

Au plan humour toujours, on a droit à la traditionnelle boutade spielbergienne contre les nazis, avec notamment un général qui se fait dégager à coup de poing dans la figure du haut d’un zeppelin sous le prétexte hilarant qu’il n’a « pas de papier ! » (Harrison Ford est alors déguisé en personnel de bord), on a un Messerschmitt armé jusqu’aux dents qui se fait dégommer…par la simple malice du père d’Indy (effraie des mouettes avec un parapluie, elles s’encastrent dans le pilote de l’avion), on a aussi un tank nazi qui se fait prendre d’assaut par un simple Indy cavalant à dos de cheval…On peut penser aussi à la séquence burlesque où Indy et don père son liés dos à dos sur une chaise se jouant des nazis en les narguant depuis leur cheminée pivotante.

 Je ne sais pas s’il faut que je revienne sur le dénouement final, vaut mieux ne pas trop en dire…surtout pour ceux qui ne l’ont jamais vu. Toujours est-il que l’équipe d’infographistes d’ILM a réalisé des prouesses concernant l’épreuve du saut.

  Jeu d’acteurs 

Harrison Ford :):):):)

Sean Connery :):):):)

ð      ces deux acteurs sont omniprésents, rejetant dans l’ombre les autres. En vrac je dirai une bonne prestation pour Julian Glover, Alison Doody et River Phoenix. Les autres ont eu beaucoup moins de temps pour se mettre réellement en valeur.

Keruit



Voir les commentaires

INDIANA JONES et la Dernière Croisade : secrets de tournage !!

Publié le

George Lucas, producteur et co-scénariste du film, voulait à la base faire tourner La Dernière Croisade autour d’une histoire de château hanté. En l’occurrence celui, allemand, que l’on verra pendant une bonne partie du film. Mais tout ne tournera plus autour d’un château hanté dès lors que Steven Spielberg introduit l’idée d’une quête du Saint Graal. Le principe final devenant pour Indy de libérer son père (Sean Connery) depuis ce château allemand (non hanté) pour partir ensemble à la quête du Graal. D’ailleurs l’idée d’une collaboration père/fils est de Spielberg. Il raconte que « la quête du Graal est au fond la quête du divin qui est en nous mais aussi du père ». Sean Connery était tout destiné pour ce rôle d’un père spécialiste de littérature médiévale et véritable rat de bibliothèque. A la différence de son fils, davantage homme de terrain. « Le père d’Indy ne peut être que James Bond lui-même », sourit Spielberg. Harrison Ford surenchérit là-dessus : « Sean trouvait cela illogique qu’il incarne mon père, ayant seulement 12 ans de plus que moi, mais dans tous les cas cette idée d’introduire « mon » père dans la trilogie, a permis de révéler de nouveaux côtés chez mon personnage ». Mais il faut aussi dire combien cet inédit duo offre de sacrés moments d’humour. A noter que Sean Connery, très apprécié par Spielberg, a réussi sans problème à imposer un nouveau personnage : plus drôle, et beaucoup plus élaboré. « Sean est un grand adepte d’histoire, il me l’a fait savoir pendant le tournage et devant la caméra, apportant même un humour subtil sur l’histoire en tant que sciences ».

 George Lucas a ajouté l’idée d’introduire Indy du mieux qu’il faut, en remontant à l’adolescence d’Indy. D’où l’introduction « jamesbondienne » où le jeune Henri Jones Junior dérobe une croix et se bat corps et âmes selon le principe : « sa place est dans un musée ! ». L’adolescent incarnant le jeune Indy est River Phoenix, qui avait habilement montré combien il pouvait reprendre à la lettre les mimiques d’Harrison Ford. Cette introduction a été très travaillée afin de permettre d’introduire plusieurs traits de caractère d’Indy. Remonterait donc à cette âge adolescent la phobie maladive pour les serpents, ce qu’on comprend quand on voit le jeune Indy tomber dans une caisse remplie de serpents, lors de sa fuite depuis le toit d’un train. Puis on introduit habilement la fameuse cicatrice d’Harrison Ford, cicatrice du menton, en montrant que le jeune Indy se l’est fait en maniant très mal le fouet. C’est donc aussi l’occasion d’introduire son arme de prédilection qui deviendra aussi son moyen de transport préféré pour déjouer les attaques de ses ennemis : le fouet !  « Cette cicatrice est due à un accident de la route, à 22 ans, lorsque je m’étais pris un poteau », commente Harrison Ford.

L’un des généraux de la force obscure, Julian Glover, suppôt de Dark Vador, fut présenté à Spielberg par…George Lucas, évidemment. Essentiellement pour son physique de « méchant ». Il campe ici l’archéologue Walter Donovan, britannique travaillant en secret pour le compte des nazis. Il manigance la disparition du père d’Indy pour inciter ce dernier à tout faire pour retrouver le Saint Graal. Sacré roublard !

Après les serpents de Arche Perdue, et les insectes du Temple Maudit, il fallait bien trouver une autre espèce animale tout aussi génératrice de phobies humaines maladives. Spielberg a alors mis en scène des milliers de rats, dans les catacombes d’une église vénitienne. La pauvre femme qui dut cette fois se coller à cette phobie fut Alison Doody, charmante au possible, et tellement vénérienne en suppôt nazi (photo ci-dessous)

Toujours aucun problème réel pour Harrison Ford, qui élevait des rats chez lui par le passé, passant d’un premier rat en cage, jusqu’à plus d’une dizaine par la suite. Il a d’ailleurs fait de l’humour avec les rats d’élevage apportés sur le plateau de tournage, fichant des sueurs froides, des sursauts à ses petits camarades techniques et acteurs. Sacré roublard !

L’ensemble des séquences d’action pure ont été tourné dans l’arrière-pays d’Almeria, en Espagne. C'est-à-dire la séquence des mouettes de la plage, qui perforent le Messerschmitt, celle de la course-poursuite endiablée en moto où Indy et son père déjouent une ribambelle de motards nazis, ainsi que la séquence aérienne de la bataille où le père d’Indy ne trouve rien de mieux à faire que de tirer dans l’ailette arrière de l’avion piloté par son fils. Mais aussi la superbe séquence de la poursuite du tank par Indy…à dos de cheval. Il s’agissait de délivrer son pauvre père des entrailles du monstre d’acier, qui était en fait une reconstitution d’un tank de 14-18. Le modèle de base a été un char Renault de 14-18, dopé quelques peu et agrandi pour peser près de 28 tonnes.

Anecdote drôle : la séquence dans le zeppelin a vu tourner Sean Connery et Harrison Ford en caleçon. Car il faisait très chaud !  On ne voit rien et Spielberg n’a pas bronché puisque la séquence se tournait les deux acteurs assis face à face, avec la nappe couvrant tout:).

Le temple où se passe le dénouement final est celui authentique et existant des gorges de Pétra, ville bien connue pour avoir été une éminente cité caravanière sous l’antiquité, et dont le culte religieux nabatéen encourageait la sculpture à même la pierre de monumentaux et splendides frontons, chapiteaux, corniches et piliers. Attention l'intérieur est une reconstitution faite selon les désirs de Lucas et Spielberg (photos)

à bientôt pour ma critique du film !

Dossier : Keruit

 



Voir les commentaires

INDIANA JONES : Spielberg a fait Indy à défaut de James Bond !!

Publié le

AlloCiné:          « Je voulais réaliser un Bond, c’est une des raisons pour lesquelles je me suis lancé dans les aventures d’Indiana Jones. George Lucas et moi passions des vacances à Hawaï avant le lancement de Star Wars, en 1977, quand il m’a demandé ce que je voulais faire ensuite. Je lui ai répondu un film de James Bond. Il m’a alors raconté l'’histoire d’Indiana Jones pour m’empêcher de réaliser un Bond, et il m’a ainsi fait entrer dans son univers ».

 

-            -  « J’ai essayé deux fois de convaincre Cubby Broccoli de m’engager pour réaliser un Bond. La première fois, je l’ai rencontré en personne après que j’ai eu tourné Duel. Je lui ai dit que rien ne me plairait plus au monde que de faire un Bond, et il m’a répondu : “Nous n’engageons que des réalisateurs britanniques expérimentés !”. Et je n’étais ni britannique ni expérimenté ».

 

-          « Cubby m’a appelé pour me demander s’il pouvait utiliser dans Moonraker les cinq notes composées par John Williams pour Rencontres du troisième type. AlloCinéJe lui ai immédiatement donné ma permission. Je lui ai alors demandé s’il avait changé d’avis et me laisserait réaliser un film de Bond un jour. Il m’a répondu qu’il allait y réfléchir, et je n’ai plus entendu parler de lui… »

 

-          « Quand j’ai travaillé sur Indiana Jones et la dernière croisade, j’ai voulu faire une histoire entre un père et son fils, et je n’ai pas trouvé de meilleur père pour Indiana Jones que James Bond. C’est ce qui nous a décidé à choisir Sean Connery pour le rôle ».

-          A noter que Indiana Jones et la Dernière Croisade compte à son générique une incarnation de James Bond (Sean Connery), un allié de James Bond (John Rhys-Davies), une James Bond girl (Alison Doody) et trois méchants de la saga 007 (Julian Glover, Stefan Kalipha et Pat Roach).

 

 

SOURCE : Laurent Boouzereau, James Bond, l’art d’une légende : du story-board au grand écran, Flammarion, Paris, 2006.


 

Voir les commentaires