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LE SOUFFLE (Damien Odoul -2001-)

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Avant-goût :  à la réalisation, aux dialogues comme à la mise en scène, Damien Odoul signe là un film d’auteur original qui captive par ses originalités.

Pitch :  un adolescent de 15 ans passe quelques jours chez ses oncles, fermiers perdus en pleine campagne limousine. Il sombrera dans l’alcool et la violence.

Avis :  le jeune acteur    (Pierre-Louis Bonnetblanc) a un rôle indescriptible, si ce n’est qu’il fustige la jeunesse insouciante qui apprend vite de ses erreurs. Mais en parlant d’erreur, c’en est une, et il n’est pas sûr qu’il s’en remettra lui qui est si jeune. Mise en scène originale associée à un format noir et blanc qui au contraire de ses principes purifie toute idée de nuance et de contraste dans le message véhiculé par Damien Odoul, à travers le périple de ce jeune. Isolé dans une ferme, incompris de ses oncles, invité à prendre sa première cuite par des oncles peu scrupuleux et il faut le dire grivois par-dessus le marché, il commence à dériver sévèrement. Il est alors facile pour un adolescent en mal de vivre de commettre l’irréparable. Un mal de vivre accentué par l’impression qu’il donne de vivre en marge de ses marginaux d’oncles. Peut-il trouver compagnie auprès de la nature qui l’entoure ?  Une bande-son faite de musique classique vient connoter ce film trop court à mon goût, mais hors-normes. Un film rare de nos jours. Ce qui est rare est précieux ! Prix  de la Critique internationale à la Mostra de Venise 2001. Un cinéaste qui promet et signera un bon huit-clos en 2004 avec En Attendant le déluge.

 

Une critique qui me botte bien :

« (...) mis en scène avec élégance, Le souffle oscille entre le conte hypnotique, le rite du passage à l'âge adulte, le documentaire, le journal intime et le fait divers cru. Une révélation. »

Studio Magazine, de Michel Rebichon

 

FC

 



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RIZE (David La Chapelle -2005-)

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La Fabrique de FilmsAvis     ce documentaire de David LaChapelle est fascinant. La bande-son est très très rythmée et de surcroît apporte beaucoup d’enthousiasme à nous spectateurs. C’est un docu-fiction puisque on est immergé dans les banlieues de Los Angeles et on apprend doucement ce qu’est le krump. On suit plusieurs krumpers, à travers leurs passions, leurs prestations jusqu’à une « battle zone » où deux « écoles » de krump s’affrontent en duel devant un public chaud bouillant. Normal qu’il est chaud bouillant vu le genre de danse que c’est. C’est pas facile à expliquer mais la danse du krump est inspirée des danses tribales africaines mais en beaucoup plus rythmée. Chaque krumper se déhanche à une vitesse frénétique, il enchaîne des gestes de bras et de jambes dans plusieurs directions en moins de 2 secondes. C’est fascinant parce qu’on sent qu’ils se déchirent complètement.

David LaChapelleDavid LaChapelle

David LaChapelleUne danse qui impressionne le public autant qu’elle permet au danseur de vider ses pulsions, sa haine, ses complexes. Parce que le krump c’est surtout ça : une pratique sociale qui plaît aux banlieusards et minorités noires de Los Angeles pour le bien-être et le sentiment d’exister socialement qu’elle procure. Docu-fiction de qualité avec qualité du montage, qualité de la photographie et bande-son fascinante. Des jeunes un peu moins intéressants hormis lorsqu’ils bougent et se déhanchent de la sorte, hormis aussi quelques uns d’entre eux qui trouvent les mots justes pour mieux expliquer leurs passions du krump et le pourquoi de cette pratique sociale qui fait des légions d’adeptes à Los Angeles. Vous voulez une définition du Krump ?  un mélange de danse tribale et figures hip-hop. Mais je laisse chacun de vous laisser en commentaire sa définition du krump (petit débat en perspective ?)



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ENTRE SES MAINS ( Anne Fontaine -2005-)

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Pathé Distribution

Avant-goût    Entre ses mains offre à Benoît Poelvoorde son plus grand rôle, son interprétation la plus brillante !

Pitch et Avis    la mise en scène est sans fioritureBenoît Poelvoorde et Isabelle Carré. Pathé Distribution et laisse les deux acteurs Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde se livrer corps et âmes devant une caméra fixe qui s’attache aux réactions, aux émotions, aux sentiments, aux ressentiments. Le spectateur est alpagué, impliqué par cette débauche de sincérité et d’humanité. L’histoire d’un amour impossible entre une jeune femme, assureur, et un vétérinaire esseulé mentalement et solitaire. Un amour rendu préalablement impossible par la condition maritale de la jeune femme, mais elle se prendra au jeu séducteur de ce célibataire. Le même chemin est bien plus périlleux pour son potentiel amant, bien qu’il ressente le besoin d’être avec elle, de la voir, de la revoir. Un amour rendu impossible par la névrose psychotique d’un Benoît Poelvoorde qui ne peut aimer bien qu’il se débatte pour être aimé. Sa vie est en jeu, celle de son amante aussi. Il a besoin d’elle pour ressentir l’amour puis l’accepter. Elle est charmée par ses authentiques défauts humains. Il doit l’aimer pour ne plus sombrer. Il doit l’aimer pour ne pas la tuer. Un « thriller intime » poignant mêlant le marteau d’un tueur en série à l’enclume de la séduction et des sentiments !!

 Jeu d’acteurs 

Benoît Poelvoorde :):):):)(+:))

Isabelle Carré :):):):)(+:))

 



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MAX ET LES FERRAILLEURS (Claude Sautet -1971-)

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Avant-goût : le grand Claude Sautet s’essaie au polar (intrigue) avec ce Max et les ferrailleurs. Même s’il avait déjà essayé la chose à ses tous débuts, Claude Sautet a buté sur quelques points. Mais l’ensemble est de bonne facture. Il n’est point de temps perdu que de regarder ce film.

Pitch : Max, inspecteur de police, vit son métier comme animé et consumé par l’ardente obsession de prendre en flagrant délit des malfrats. Il fait germer chez une bande de ferrailleurs, au demeurant voyous à la petite semelle, le projet du casse d’une banque précise. Il se sert d’une prostituée (Romy Schneider) amie de cette bande pour que sa machination soit menée au bout. Mais cette prostituée le travaillera de l’intérieur, au risque qu’il outrepasse sa condition de policier.

Avis : ce long métrage policier est d’inspiration melvillienne, avec notamment une réalisation et des propos sans fioriture aucune et une intrigue policière mettant en scène un flic aux habitudes excentriques. Romy Schneider est éblouissante de charisme, quant à Michel Piccoli (Max), il campe un flic machiavélique au possible, avec une froideur toute légitime (teint pâle, regard noir, un faux-air de cachotier et de calculateur). Ces deux acteurs desservent admirablement le film, ils sont le film. Après, je regrette le côté sensiblement trop prévisible de l’intrigue (hormis l’extrême fin) qui, pour un polar, aurait du mieux puiser dans l’effet d’annonce (double personnalité de Max/Félix ; machination à des fins personnelles du hold up d’une banque ;  préparation du casse par les malfaiteurs, etc) pour rendre le spectateur encore plus attentif. Même si ceci est un défaut, il porte en lui un bien indéniable : le cours de l’histoire est facile à suivre et ne triture pas le cerveau. De bons acteurs (Bernard Fresson, Michel Piccoli, Romy Schneider, Philippe Léotard, Michel Creton, François Périer, Bobby Lapointe), une intrigue originale, de bons plans séquences (les scènes de fausse complicité entre Piccoli et Schneider)……..mais une incohérence dans la scène finale. Un dénouement qui trahit en effet le caractère que s’était donné Michel Piccoli depuis plus d’une heure et demi. Film agréable à suivre, et qui reste selon moi le plus grand polar français de son temps.

Jeu d’acteurs :

Michel Piccoli : ****

Romy Schneider : ****

François Périer : ****

Bernard Fresson : ****

Georges Wilson : ****

Philippe Léotard : ****

 

FC



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L'Eveil (Penny Marshall -1991-)

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Pitch      le Docteur Sayer (Robin Williams) essaie une substance nouvelle sur un patient post-encéphalitique, Leonard Lowe (Robert De Niro). Jusqu’ici totalement inerte, celui-ci reprend vie, retrouve la parole. Le docteur doit mener cet essai à bien avant de faire imaginer le corps médical américain que l’on peut faire guérir de l’encéphalite. Mais le premier problème qui se pose à lui est l’isolement mental dans lequel sont baignés ses patients, qui sont ainsi réveillés dans une autre époque, qui n’est plus la leur.

Un film qui m’a beaucoup touché. La prestation et le rôle de Robin Williams, un docteur qui expérimente, et qui se livre corps et âme pour son travail. Il ne récolte pas vraiment ce qu’il sème, malgré tous ses efforts. Il aimerait tant que ses patients reviennent dans son monde, eux qui sont encéphalitiques, c'est-à-dire qu’ils sont mentalement incapables du moindre mouvement. Sa débauche d’énergie est touchante. L’autre bon plan, en matière d’émotions, est la remarquable et non moins difficile interprétation de Robert de Niro. Il campe Leonard Lowe, un encéphalitique sur qui les tout premiers tests médicaux sont entrepris. Il est le tout premier patient de l’hôpital new-yorkais que l’on voit se lever tout seul, parler, sourire, se réjouir d’avoir été ramené à la vie. Ce qui amène le docteur Sayer à convaincre ses supérieurs que l’on doit tester le médicament destiné à la base aux parkinsoniens sur l’ensemble des patients encéphalitiques.


Mais déjà des premières complications arrivent au patient Leonard Lowe : le sentiment d’amour pour une femme bouleverse sa psyché, lui qui depuis l’âge de 11 ans vivait reclus chez lui loin de l’école, loin de ses amis, avant que sa mère ne le confie à un hôpital psychiatrique dès lors qu’il était devenu totalement inerte. Lui qui vient de se réveiller en 1969, avec le sentiment d’être quelqu’un d’autre lorsqu’il se regarde dans la glace, avec l’affreuse vérité de se dire que bien du temps est passé et qu’il faudrait profiter de la vie avant que sa vraie fin approche (autre problème mental à surmonter). Ces bouleversements de la psyché entraînent chez lui des problèmes comportementaux chroniques. Le docteur Sayer lui promettra un rétablissement prochain, bientôt une vie normale, il se donnera corps et âme pour le maintenir loin de l’inertie, pour le maintenir en vie. L'Eveil est très touchant, à travers ce combat contre eux-mêmes de deux hommes. Bien que dramatique, il redonne irrémédiablement une grande force, une grande envie de croquer la vie !

   Jeu d'acteurs    

Robert de Niro : ****(+*)

Robin Williams : ****

 



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EASY RIDER (Dennis Hopper -1969-)

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Pitch  deux motards traversent l’Amérique sans souci du temps qui passe. Peter Fonda fait le plein de sa bécane puis jète sa montre. Ces deux anti-héros se frotteront à l’Amérique profonde dans un film culte qui reste une photographie authentique de l’Amérique du tournant des années 60-70.

Avis  ce n’est pas le montage ni le jeu de caméras qui ont fait de Easy Rider un film culte de la génération "sexe, drogue et rock’n roll". Parce que derrière la caméra, le réalisateur acteur Dennis Hopper n’a pas fait de miracle. A croire qu’il consommait pour de vrai la marie-jeanne qu’on le voit fumer à l’écran. Le système de flash qui sert de transition entre les séquences est très moche, et fait mal aux yeux. Le seul point positif en matière de réalisation est les paysages (canyon, coucher de soleil, etc) mais selon moi ce genre de prise de vue relève plus du documentaire que d’un film. C’est beau, mais ça n’apporte rien au scénario, strictement rien du tout. Ceci dit la photographie du film est de qualité, on sent un univers à conquérir et qui s’ouvre à ces deux bikers. Sans un bon montage ni une bonne réalisation que reste-t-il de culte à Easy Rider ? Eh bien il ne reste pas non plus le jeu d’acteurs, qui est minimaliste. Peter Fonda et Dennis Hopper consomment semble-t-il pour de vrai de la marie-jeanne, parce que pour jouer des mecs shootés, ça, ils y arrivent : des répliques toutes petites, des discussions très bas de plafond, en résumé deux gars qui passent pour inintéressants aux yeux des communautés qu’ils rencontrent : les hippies, le pompiste, les clients d’un bar perdu de l’Amérique profonde, deux prostituées, etc.

Où est donc le côté culte du film ?

Alors ce film n’est pas culte pour ces raisons (réalisation, jeu d’acteurs) mais bien pour autre chose. Dennis Hopper a eu le bon goût (rare dans le cinéma de cette époque) de mettre en scène des anti-héros : deux bikers roulant en harley davidson qui ne se prennent pas au sérieux, et qui ne parviennent jamais à nouer des liens avec les gens qu’ils rencontreront sur leur passage. Une affaire de délit de sales gueules si l’on se penche sur le physique de Dennis Hopper (moustache de 20 cm de large, tignasse sauvageonne et longue de surcroît, habillement excentrique). Un personnage utilisé jusqu’à en user la corde à dessein d’adresser un pamphlet à l’Amérique profonde des années 70, à l’Amérique qui ne bouge pas, qui refuse le changement des années et des mentalités. Des anti-héros ces gars là car ils n’arrivent pas vraiment à s’intégrer à la communauté hippie qu’il rencontre (1ère partie de film), des hippies qui pourtant n’étaient pas les plus intégrés en soi des Américains. La première partie de film passée, le spectateur sait qu’il ne s’attachera jamais à ces deux bikers au débit de parole lapidaire, et à la fâcheuse tendance à se shooter. On sent petit à petit qu’ils sont paumés en plein milieu d’une Amérique elle-même paumée. Dennis Hopper met alors en scène une extrême : des plus paumés que paumés. C’est à un non-jeu d’acteurs que l’on assiste, pour mieux décrire certains pans de l’Amérique des Sixties…….jusqu’à l’entrée en scène du déjà grand Jack Nicholson. Jack Nicholson, au demeurant avocat californien, dira lui aussi bien des inutilités mais sortira une idée qui peut se porter en hymne du film : « Les gens d’ici croient avoir la liberté, mais la liberté c’est vous qui l’avez les gars. Ils s’en rendent compte en vous voyant à moto, attifés comme vous êtes…et ça, ça leur fait peur. Et quand quelqu’un a peur, et même, quand il se rend compte qu’il n’a pas la liberté au même titre que vous, là ça devient dangereux pour vous, pour votre peau ». Le seul Américain qui leur donnera une vérité neutre et sans parties pris crèvera. Et il ne sera pas le seul à être sacrifié sur l’autel de la liberté. La scène finale est vite expédiée mais à mon sens c’est compatible avec le regard porté par le film su ces deux héros, qui n’en sont pas. Ces deux anti-héros sont liquidés par le film comme pour mieux faire renaître l’esprit de liberté dans lequel le film tentait de nager. A deux anti-héros deux morts indignes, sans dramatisation aucune, histoire de rappeler que ce sont deux personnages de docu-fiction qui n’ont servi à nul autre chose qu’être les témoins d’une certaine Amérique réactionnaire. Choc des cultures, racisme, christianisme puritain, retour aux sources, à la nature, de la communauté qu’on appelle hippie….bien des aspects du film sont témoins de l’authenticité du tournant sixties-seventies du film. Et ça c’est un très bon point ! Un film au seuil des Seventies libertaires et au crépuscule des Sixties conservatrices. Authentique je vous dis !

Jeu d'acteurs

Dennis Hopper  :):):):(

Jack Nicholson  :):):):)

Peter Fonda :):):(:(

 




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BREAKING NEWS (Johnnie To -2005-)

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Pathé Distribution

Pitch : des policiers prennent d’assaut un bâtiment locatif dans lequel se sont réfugiés des gangsters. Ces policiers sont filmés jour et nuit durant cet assaut.

Une scène : les gangsters se sont incrustés dans un des appartements. Ils font la cuisine, parlent et rient entre eux comme si de rien n’était. Pourtant ils savent que des policiers les cherchent et sont dans l’immeuble. Un peu débile !

Avis : ce film n’a aucune clé en main pour susciter le moindre intérêt !  L’assaut dure des plombes. Ce qui serait énorme si seulement le rythme narratif n’était pas pourri. La scène de fusillade du début de film est très bien rythmée tandis que l’assaut qui suit est longuet à se ronger les ongles. Les policiers sont nombreux dans l’immeuble mais ne trouvent rien. Ils sont mal organisés. Ce qui est un comble quand on sait qu’ils ont fait venir la presse pour couvrir leur opération. Un rythme mal maîtrisé donc. Un jeu d’acteurs minimaliste. Les émotions et réactions ne sont pas mises en exergue par les acteurs, ni mises en valeur par les cadrages de la caméra.   Quelques problèmes d’interprétation aussi : à un moment, après une attaque, un des policiers ne bouge plus, par terre, un collègue lui demande si ça va et hop le voilà qui se relève comme d’un seul homme. Une bande-son minable et les téléphones portables et autres ordinateurs deviennent le « 5ème homme » du casting !!  Pathétique !  Les gangsters tentent quelques moyens de sortir de l’immeuble mais le coup du drap posé sur trois hommes est complètement tiré par les cheveux. La scène finale est minable : le policier et le gangster se tirent dessus à moyenne distance, ça dure longtemps, comme s’ils ne savaient pas viser. Mais le scénariste a préféré garder cette scène pour les faire parler entre eux et apporter un peu de dialogue constructif au film. Mais bon c’est trop tard, la coupe est pleine !!  Et re-pleine !!  Ah oui j’oubliais !! L’énorme problème du film est le rôle joué par la presse. Quand on sait combien c’est rarissime que la presse soit conviée à une opération policière, c’est facheusement embêtant de voir qu’elle ne sert à rien dans le film. Des journalistes disent devant la caméra qu’il y a des gangsters dans l’immeuble, etc…..que la police a mobilisé beaucoup d’hommes  ,  etc ….  Mais au final on reste dans l’inutilité. Ça aurait été mieux de faire jouer à la presse le rôle de capoteur de la mission ou au contraire de bonificateur. Mais non, rien de cela : elle ne sert à rien (des potiches). Aucune profondeur ce film !!

 

Note policier = 0

ð      aucune enquête policière, aucune procédure d’enquête, des policiers en opération qui sont un peu nigots

Note thriller =  0

ð      suspense mal rendu dans certaines scènes et mal maîtrisé sur la longueur



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Une Aventure (Xavier Giannoli -2005-)

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 Mars DistributionJulien croise une nuit Gabrielle. Elle est pied nu, seule dans la rue. Il la suit et cherchera à la revoir. Il s’avère qu’elle ne se rappelle pas de lui, et pour cause, elle était en pleine crise de somnambulisme. Mais il persistera à la voir, bien qu’elle ait un homme dans sa vie, bien que lui-même ait une femme dans sa vie. Il semble envoûté par son charme. Un charme qui ne lui cachera pas plus longtemps sa maladie psychologique...

Un sujet grave qui est traité avec trop de légèreté et trop de superficialité. Le réalisateur Xavier Giannoli n’a pas su offrir une heure et demi de film marchant en autonomie. La faute à une actrice principale, Ludivine Sagnier, qui n’a pas la carrure pour un tel rôle de femme dénudée d’un capital social et affectif, et qui sombre dans des crises aigues de somnambulisme. Elle est peu expressive d’entrée de film, tout comme Nicolas Duvauchelle. Et elle jouera ce petit jeu jusqu’au générique de fin. Inconsistante ! Mais c’est plus au scénariste et au réalisateur qu’il faut s’en prendre. Car en effet le traitement des personnages est distancié.


Ludivine Sagnier. Mars DistributionCe qui est bien joué pour un film qui se veut être un psycho-drame, mais ce traitement perdure tellement que le film tombe dans les facilités d’une dramatisation poussée à l’extrême (musique, actions et répliques des acteurs). Les personnages se montrent discrets, tellement discrets qu’ils tombent dans l’inconsistance au fil des minutes. On ne s’identifie à aucun d’eux. Le plus gros problème du film est le rôle de Ludivine Sagnier : elle est certes malade, et ça se voit, mais il n’y a pas d’immersion dans la tête de son personnage. On ne comprend pas pourquoi elle est si malade psychologiquement. Il n’y aucun traitement en profondeur de son cas, de son rôle. Le film s’oriente donc vers du thriller, tel une vulgaire série B,  faute de mieux. Mais à ce moment là, même si on le considérait comme un thriller, c’est franchement raté. Tout est prévisible dans ce film, de la relation Julien-Gabrielle aux délires nocturnes de Gabrielle.

Jeu d’acteur :

Nicolas Duvauchelle : ****

Nicolas Duvauchelle. Mars Distribution

Ludivine Sagnier : ****

Ludivine Sagnier. Mars Distribution

Bruno Todeschini : ****



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Le Cercle - THE RING 2 (Hideo Nakata -2005-)

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Pitch : la malédiction de la k7 vidéo hantée poursuit ?? et son fils. Elle est pourtant parti jusque dans l’Oregon pour la fuir.

Avis  deux-trois scènes brillantes en matière de suspense-épouvante, dont celle de l’attaque des cerfs. Mais un « méchant » pas assez terrifiant, pas assez présent à l’écran. Quelques passages longuets. Bref, de bons effets spéciaux, une bonne Naomi Watts mais des problèmes propres à bien des films d’épouvante actuels : un méchant qui n’est omniprésent qu’en toute fin de film, un fin de film valant le détour (et non tout le film). Film d’épouvante oui, film d’horreur non.

 

Note 2nd visionnage = 0

 

FC



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BROKEN FLOWERS (Jim Jarmusch -2005-)

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Bac Films

Pitch : Don Johnston (Bill Murray) reçoit une lettre rose non signée, lui affirmant qu’il a un fils de 19 ans. Poussé par un ami, il va revoir ses ex, histoire de savoir si l’une d’elle a bien écrit cette lettre. En filigrane, c’est plutôt l’histoire d’un mec qui cherche à faire l’auto-procès de sa vie sentimentale, en faisant le point avec ses ex, chez qui il se rend toujours armé d’un bouquet de fleurs

Avis : Jarmusch a filmé le vide, et ça peut plaire comme déplaire. Un Bill Murray peu loquace, ses ex qui sont abasourdies devant son retour inopiné, tardif et incongru. Toutes ont refait leurs vies, d’une manière qui peut révulser bien des hommes. Quand on voit l’état de ses ex, c’est à se demander si ce personnage de Don Johnston était vraiment quelqu’un de valable : une comportementaliste animale dont les animaux font de l’ombre et dénaturent sa vie sentimentale (Jessica Lange) ; une « babacool » qui couche pour un oui, pour un non et qui a élevé sa fille dans la légèreté de la bienséance (Sharon Stone) ; une cinquantenaire qui a épousé un agent immobilier superficiel et soupe au lait (Frances Conroy) et enfin, une débauchée qui roule en harley et qui vit entourée de deux gorilles de bikers (Tilda Swinton). Vous l’aurez compris, tous ces personnages, Don Johnston le premier sont antipathiques. Et selon moi c’est un film très décalé et à prendre comme tel si l’on veut se faire plaisir. Car pris au premier degré, c’est un non-film (peu de caractère dans les personnages, absence d’un dénouement final, un acteur principal auquel on ne s’identifie pas, etc). Alors même si je fais l’effort de prendre le film sous l’angle décalé je ne peux donner plus que la moitié : Bill Murray comble les longueurs du film, le ton comique décalé comble le manque de profondeur des personnages. Rien de positif, rien de négatif. Ça vaut la moyenne. Pour un film décalé c’est honnête, et c’est un rôle qui n’aurait pu être joué que par l’unique Bill Murray, dont les expressions du visage en disent parfois plus qu’un simple mot. Ah j’oubliais, ne cherchez pas quoi que ce soit sur les hypothèses de la couleur rose dans le film, ne vous trifouillez pas le cerveau avec cette affaire de ruban rose, de peignoir rose, de moto rose et autres. C’est totalement abstrait

Jeu d'acteurs

Bill Murray :):):(:(

Jessica Lange :):):(:(

Sharon Stone :):(:(:(

Note 2nd visionnage = 0



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